Publicité

Reynolds Michel : témoignage d?injustices subies

22 juillet 2007, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Mardi dernier, Reynolds Michel nous a présenté son autobiographie, intitulée Au c?ur des conflits : itinéraire d?un chrétien engagé. Nous sommes nombreux à Maurice à avoir fraternisé avec ce prêtre mauricien, ayant dû se mettre au service du diocèse de Saint-Denis de la Réunion.

Pour que cette lecture nous soit fructueuse, nous devons avoir le courage de nous laisser interpeller par lui, le courage requis quand, dans le miroir, il nous faut affronter notre regard après une vilenie dont nous ne pouvons être fiers. Ceux, qui ne se remettent jamais en cause, parce qu?ils se croient infaillibles, pourront lire ces lignes sans pouvoir pardonner à leur auteur d?avoir eu le courage de demeurer des êtres libres coûte que coûte.

L?itinéraire de chrétien engagé qu?est Reynolds Michel projette, pour commencer, un regard intérieur sur cette Réunion qu?il connaît d?abord comme département français sous-développé, condamné à l?émigration de son sang neuf, de l?avant développement à la Debré, avec tous ses avantages matériels et ses inconvénients humains et sociopolitiques.

L?île s?ur est devenue, depuis, la vitrine de la France de l?océan Indien. L?alternance de la gauche socialiste de François Mitterrand explique en grande partie cette évolution plus saine des conditions politiques qui y prévalent. On y respire désormais un air de liberté, sinon de respect des droits humains. Qui s?en plaindra ?

Il faut aussi avoir le courage de reconnaître que la lutte de Reynolds Michel et de ses compagnons y est aussi pour quelque chose.

La Réunion, que connaît Reynolds Michel, nous renvoie à la France gaulliste, plus que gaullienne, avec ses barons, ses barbouzes, ses CRS/SS. Là encore, l?alternance mitterrandienne a amélioré l?image démocratique de la France. Notre chrétien engagé est en butte avec une police d?avant mai 1981 qui entend continuer avec les exactions de la criminelle guerre d?Algérie quand deviennent ennemis publics à écraser tous ceux osant se dresser contre le pouvoir politique d?une droite toute-puissante, d?une France des notables, y compris religieux, écraser ceux voulant donner liberté et droits humains aux opprimés de la terre.

En France, comme à la Réunion, cette droite implacable, persécutant Reynolds Michel, s?incarne en la personne odieuse de Michel Debré.

Reynolds Michel interpelle les relations de l?Église avec la politique également changeante, selon les latitudes et les longitudes. Son point de perspective demeure l?Évangile du Christ. C?est de là qu?il cherche à atténuer le contre-témoignage de toute Église se rangeant du côté des notables et des puissants, pour mieux ignorer les humbles, les écrasés, de toute Église anti-Magnificat.

Refus et explications

L?allergie du diocèse de Port-Louis à l?égard de tout prêtre, frayant avec une politique de gauche, perçue par l?hôtel du gouvernement comme anti-Ramgoolam et anti-Duval, ne peut tout expliquer. On dit que, dans les années 1960, de bons prêtres soutenaient la politique anti-Indépen-dance de Gaëtan Duval, sans avoir reçu le moindre coup de crosse.

L?État d?urgence imposé par le tandem précité ne peut non plus tout expliquer. On nous doit des explications sur le refus de 1957 d?accepter le légionnaire de Marie Reynolds Michel comme séminariste du diocèse de Port-Louis. Reynolds Michel a ressenti ce premier refus comme une injustifiable injustice. D?elle, découlent les autres subies par ce chrétien engagé.

Il prend aujourd?hui ses distances avec une Église qui lui semble tourner le dos à Vatican II. Comment lui en vouloir ? Surtout quand un prélat américain affirme qu?elle redevient la seule Église du Christ sur terre. Il a peut-être raison. Surtout en matière de pédophilie.

Publicité