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Revoilà la participation !
C?est un vieux débat qui refait surface de temps à autre. Cette fois-ci, c?est le gouvernement qui relance les discussions sur les formules permettant la participation des employés au sein de leur entreprise. Le gouvernement cherche désormais à élaborer une bible de la participation, un « Code of practice on employees participation ». L?objectif est de sensibiliser aussi bien les patrons que les travailleurs à la mise en ?uvre de la participation dans les entreprises employant au moins 50 personnes.
Le code sera élaboré dans le dialogue, avec la collaboration des employeurs et des employés. Chaque entreprise établira un conseil consultatif qui se penchera sur les modalités d?une participation des employés à la gestion et au capital de l?entreprise. Les syndicats se montrent déjà favorables à cette décision. « Nous disons oui à la participation mais cela ne devrait pas être une entrave à la lutte syndicale. Cela va dans le sens de la démocratisation de l?économie », déclare Nundlall Maroam de la Federation of Progressive Unions.
Tulsiraj Benydin, de la Fédération des syndicats du service civil, se réjouit également de cette décision, tout en souhaitant que ces conseils consultatifs ne finissent pas par rogner la liberté d?action des syndicats.
Les syndicalistes sont donc nombreux à demander la plus grande transparence possible. À l?instar de Radhakrishna Sadien, président du Mauritius Trade Union Congress : « La participation doit se faire dans le cadre légal et démocratique ainsi que dans la transparence. Évidemment sans vouloir diminuer le rôle des syndicats. »
La méfiance des syndicalistes est palpable. Ils voient en cette proposition un éventuel risque de participation aux pertes des entreprises aussi. Car ils n?oublient pas que le pays fait face à une situation économique difficile. Il s?agit pour eux de ne pas leurrer les employés car « souvent quand l?entreprise est florissante, les employeurs ne pensent pas aux employés », estime Radhakhrisna Sadien.
À la Mauritius Employers? Federation, l?initiative du gouvernement laisse dubitatif. Le président, Gérard Garrioch, trouve que le gouvernement enfonce une porte ouverte : « Nous avons dans le Code of Conduct de 1982 élaboré sur le profit sharing et le consultative management. Nous saluons toutefois la décision du Conseil des ministres. Soulignons que le gouvernement parle d?acte volontaire des employeurs et des employés sur une formule participative à initier au sein des entreprises. » Mais, s?empresse d?ajouter Gérard Garrioch, l?employé devrait participer aussi bien aux profits qu?aux pertes de l?entreprise.
Mais rien n?est finalisé. Reste à savoir si l?idée se développera. Les modalités d?application de cette politique restent à discuter. Par exemple, de quelle manière l?actionnariat sera-t-il réparti ?
Pour sa part, Raj Makoond, directeur du Joint Economic Council, se félicite déjà qu?on soit arrivé à ce stade. « Cela fait des mois que nous en parlons aux autorités gouvernementales. Je précise toutefois que le gouvernement insiste sur le caractère volontaire de la démarche », ajoute ce dernier. Serait-ce une manière de dire qu?il ne faudra pas s?attendre à ce que cette proposition se transforme en pratique répandue ?
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