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Revers en série pour George W. Bush
L?administration Bush a subi une série de revers sur le front irakien, des critiques émises par Kofi Annan aux conclusions d?un responsable de la CIA annonçant qu?aucune arme de destruction massive n?avait été trouvée en Irak depuis la chute de Saddam Hussein.
Au même moment, sur le terrain, le chef des forces américaines Ricardo Sanchez déclarait que les attaques contre les forces d?occupation et les étrangers étaient devenues plus meurtrières et que les pertes allaient augmenter. Le département d?Etat, traduisant cette aggravation de la situation, a averti que tout voyage en Irak était «extrêmement dangereux» et que circuler sur les routes de ce pays était désormais périlleux à toute heure de la journée. Trois soldats américains ont péri jeudi en Irak, ce qui porte à 84 le nombre de militaires de l?US Army tués depuis le 1er mai.
L?opinion publique américaine se ressent de ce climat difficile. Selon un sondage, 53% des Américains estiment que l?Irak, au bout du compte, ne valait pas une guerre. La cote de George Bush en souffre : 56% des personnes interrogées ne lui font pas confiance pour la politique économique.
A cela s?ajoutent les pressions croissantes des Démocrates dans l?affaire des fuites : la Maison blanche a beau les accuser d?opportunisme, ceux-ci, soutenus par une majorité de l?opinion publique, réclament jour après jour une enquête indépendante alors que l?administration Bush ne veut pas aller plus loin que l?enquête ouverte par le département de la Justice. La «fuite» concerne Valerie Plame, épouse d?un ancien ambassadeur des Etats-Unis, Joseph Wilson. Ce dernier affirme qu?en révélant que sa femme était un agent de la CIA, certains ont voulu l?atteindre personnellement, parce qu?il avait accusé Bush d?avoir cherché à exagérer la réalité des arsenaux de l?Irak, en particulier dans le domaine du nucléaire. Et Wilson de pointer du doigt Karl Rove, éminence grise de Bush qui aurait, selon lui, au minimum fermé les yeux sur les «fuites».
SIX A NEUF MOIS
Les conclusions exposées par David Kay, responsable de la CIA, sur l?absence de découverte d?armes de destruction massive en Irak sont embarrassantes pour une administration qui avait fait de cette question la raison numéro un du déclenchement de la guerre contre l?Irak de Saddam Hussein.
Kay précise que les experts n?ont pas non plus décelé d?éléments de preuve confirmant des informations d?avant-guerre selon lesquelles l?armée irakienne était prête à faire usage d?armes chimiques contre les forces américaines et alliées, notamment à leur approche de Bagdad.
«Je ne suis pas heureux de ce que j?ai entendu aujourd?hui, mais il nous faut attendre et voir», a déclaré le républicain Pat Roberts, président de la commission sénatoriale des renseignements. Tout le monde, a-t-il ajouté, «aurait espéré qu?au jour d?aujourd?hui, il y aurait eu des avancées».
Selon Kay, les Américains auront une meilleure vision des choses dans six à neuf mois, ce dont doutent certains Démocrates comme John Rockefeller, qui siège à la commission des renseignements. «Et donc nous avons 1.400 personnes qui ratissent le terrain, cela à un coût énorme, ils n?ont rien trouvé et l?on nous demande d?attendre encore six à neuf mois avec au bout, à mon avis, la probabilité de ne pas avoir grand-chose de plus», a-t-il dit après le compte-rendu de Kay.
BLIX ?PAS SURPRIS?
L?ancien chef des inspecteurs de l?Onu chargés de désarmer l?Irak, le Suédois Hans Blix, a déclaré hier ne pas être surpris que les experts américains dépêchés sur place après la chute du régime de Saddam Hussein n?aient pas trouvé trace d?armes de destruction massive (ADM).
Blix réagissait sur les ondes du service mondial de la BBC au rapport remis la veille à la commission du Renseignement du Sénat américain par le conseiller de la CIA David Kay, chef des 1.400 experts qui ont ratissé apparemment en vain le territoire irakien ces derniers mois à la recherche d?ADM.
«Ce qui est le plus important, c?est qu?ils confirm ne pas avoir trouvé de stocks d?armes de destruction massive d?aucune nature», a souligné Blix ? dont la mission a été avortée par la décision de Londres et Washington de partir en guerre - en ajoutant : «Ce n?est pas une surprise.»
Dans le passé, Blix avait dénoncé «le battage et le baratin» que recouvraient les affirmations des Etats-Unis et de la Grande-Bretagne sur la présence en Irak d?armes de destruction massive justifiant une action préventive alliée contre le régime de Saddam Hussein.
Blix a réaffirmé à la BBC qu?à ses yeux il n?y avait pas le danger manifeste ou imminent invoqué par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne pour passer à l?action sans aucun mandat des Nations unies.
Il a en outre réfuté un argument de Kay voulant que, sans cette intervention, l?Irak se serait réarmé à terme, soulignant que la reprise missions d?inspection et de surveillance l?en aurait empêché.
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