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Retrait du Commonwealth : l?option se précise
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Retrait du Commonwealth : l?option se précise
Même si la question de la souveraineté de l?archipel des Chagos divise Mauriciens et Britanniques depuis des décennies, c?est la première fois qu?un gouvernement mauricien envisage sérieusement un retrait du Commonwealth sur un tel différend. Ce qui ne serait pas sans conséquences. Car cette action pourrait entraîner des répercussions non négligeables sur nos relations avec la Grande-Bretagne, duquel nous avons coupé le lien ombilical depuis 1968.
D?abord sur le plan juridique. « Il ne faut pas oublier que le Privy Council reste la plus haute instance d?appel dans notre système judiciaire », observe le conseiller légal du Comité social des Chagossiens, Me Hervé Lassémillante. Ce retrait aura donc de sérieuses répercussions sur notre système judiciaire. Maurice est-elle disposée, en conséquence, à aller jusqu?à instituer sa propre cour d?appel en dernière instance, en l?absence du Conseil privé ? « Si bizin amand Constitution, nou ava fer li », rétorque le Premier ministre, Paul Bérenger.
Conséquences importantes
La diplomatie est un autre domaine que cette décision risque de chambouler. Joseph Tsang Man Kin, qui a été pendant des années au Commonwealth Secretariat, dit ne pas comprendre la logique de ce retrait. « On ne dirige pas les affaires de l?Etat suivant son humeur ou ses crises.»
Un éventuel retrait pourrait, en outre, avoir des conséquences importantes sur nos relations économiques, sociales et culturelles avec d?autres pays membres du Commonwealth, estime pour sa part, le Chief Whip de l?opposition, le Dr Arvin Boolell. « Nous bénéficions d?un soutien non-négligeable de ces pays en terme de bourses d?études, des stages de formation en matière sportive et culturelle, par exemple. »
Qu?à cela ne tienne ! Maurice est désormais disposée à défendre bec et ongle son intégrité territoriale. « La souveraineté na pena pri. Si bizin kit Commonwealth nou pou kit li. » Le Premier ministre, Paul Bérenger, ne pouvait être plus clair sur la détermination du gouvernement de porter la question de la souveraineté de Maurice sur l?archipel des Chagos sur la scène internationale. C?était vendredi lors d?un tour d?horizon de l?actualité.
Pour solliciter de la Cour internationale de justice (CIJ) de La Haye un « avis consultatif » sur la question, Maurice envisage de se retirer du Commonwealth. Celui-ci regroupe 53 pays indépendants et souverains, issus de l?ancien Empire britannique. La Convention qui unit ces Etats énonce que tout différend entre eux ne peut se régler qu?au sein de l?organisation. Ce qui exclut du coup le recours à la CIJ. « C?est pour une raison purement légale que nous envisageons de nous retirer. Le Commonwealth n?est pas la propriété de la Grande Bretagne », s?exclame le PM, voulant placer cette éventuelle décision dans sa juste perspective.
Outre l?arbitrage des différends entre Etats, la CIJ émet aussi des « avis consultatifs » sur des questions spécifiques. Même si ces avis n?ont pas force de loi, ils permettent de mettre un contentieux sous les feux de l?opinion mondiale internationale.
Toutefois une demande pour « un avis consultatif » ne peut être soumise à la CIJ qu?à travers un organe de l?Organisation des nations unies, notamment l?Assemblée générale ou le Conseil de sécurité. Si Maurice va de l?avant, son représentant à l?Onu devra enclencher les procédures. « Les préparatifs ont déjà démarré », déclare Paul Bérenger. « Toutfwa, nou pa pou rush. » Ainsi, avant d?agir, le gouvernement attendra l?avis de Me Brownlie, expert britannique qui a été consulté sur la question.
Le communiqué du Conseil des ministres de vendredi rappelle que la décision de principe d?avoir recours au CIJ a déjà été prise, « à moins qu?entre-temps il y ait des développements positifs du côté des Britanniques. »
Quoi qu?il en soit, ce retrait n?est qu?une des options du gouvernement mauricien pour mater la récente décision du gouvernement britannique de rétablir l?immigration dans ses territoires d?outre mer. « Il paraît qu?il existe une possibilité d?avoir recours à la CIJ, sans avoir à nous retirer du Commonwealth », laisse entendre Paul Bérenger. Maurice garde ses options ouvertes.
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