Publicité

Retrait du Commonwealth : Londres réagit

7 juillet 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Les menaces de Maurice de quitter le Commonwealth commencent déjà à faire jaser au sein du club des anciennes colonies britanniques. Le quotidien britannique, The Guardian, rapportait dans sa livraison d?hier les propos d?un porte-parole de l?organisation, Joel Kibazo, quant à un éventuel retrait de Maurice de l?organisation. ?Nous espérons que le problème pourra être réglé, car Maurice est un membre important de notre organisation. Aucun pays membre ne souhaite son départ?, affirmait ce haut responsable du secrétariat du Com monwealth.

Le Foreign Office britannique exprime aussi ses regrets devant la tournure des choses, selon l?article de The Guardian. ?Nous ne voulons pas qu?ils (Maurice) partent. Nous serons très déçus s?ils s?en vont, mais c?est à eux (Maurice) de décider?, a déclaré au quotidien anglais un porte-parole du Foreign Office.

Cette manifestation d?intérêt au sujet de la démarche mauricienne intervient à la veille de la mission du Premier ministre Paul Bérenger à Londres. Celui-ci rencontre demain le Secrétaire général du Commonwealth, Don McKinnon, pour discuter de la question.

Le gouvernement mauricien veut porter le litige sur la souveraineté des Chagos qui l?oppose à la Grande Bretagne devant la Cour internationale de justice. Il envisage pour cela un retrait du Commonwealth car les règles de l?organisation interdisent à un Etat membre d?entreprendre une action légale à l?encontre de la Grande-Bretagne.

Les autorités mauriciennes prennent très au sérieux l?option de quitter le Commonwealth, même si elles affirment étudier d?autres possibilités. Le Premier ministre avait lui-même qualifié cette éventualité de dernier recours lors de sa conférence de presse. Il avait néanmoins bien fait comprendre que la souveraineté du pays sur l?ensemble de son territoire n?avait pas de prix.

Les avis sont partagés, même à Maurice, sur l?option consistant à se retirer du Commonwealth. L?opposition travailliste y objecte, même si elle ne l?a fait que timidement jusqu?ici. Cela équivaudrait à envoyer un mauvais signal, disent-ils, à un moment où le pays doit compter sur ses alliés traditionnels pour préserver les acquis de nos exportations sucrières en Europe.

Préserver les acquis

La communauté des juristes s?interroge, elle, sur le maintien de notre système d?appel judiciaire au Conseil privé de la Reine en cas de rupture avec le club des anciennes colonies britanniques.

Par ailleurs, la Chambre des communes a débattu hier une motion privée du député travailliste Jeremy Corbyn sur les Chagos. Le parlementaire voulait, par le biais des Private member?s debates, avoir des éclaircissements sur la politique du gouvernement britannique sur les British Indian Ocean Territories (BIOT). Le 15 juin dernier, la Chambre des communes fut informée de deux Orders in Council qui ont été formulés pour restituer le contrôle complet de l?immigration vers l?archipel aux autorités britanniques. En d?autres termes, ces décrets enlèvent la possibilité aux Chagossiens de s?y rendre.

Les débats sur la motion de Corbyn ont eu lieu au Westminister Hall, soit dans une autre section de la Chambre des communes. Les sessions au Westminister Hall sont principalement destinées aux backbenchers dont les sujets n?auront pas été débattus aux Communes faute de temps.

L?auteur de la motion, Jeremy Corbyn, est connu pour être un député rebelle parmi les travaillistes. Ses prises de positions l?opposent très souvent à la ligne du parti.

Un groupe de Chagossiens établis à Londres a manifesté hier devant le Parlement britannique en signe de protestation contre la décision du Royaume-Uni d?interdire l?accès à l?archipel.

D?autre part, la Haute cour d?Angleterre réserve son jugement sur un appel interjeté par les Chagossiens concernant une demande de compensation. Le tribunal a décidé mardi dernier de renvoyer l?affaire à une date ultérieure. Une demande de compensation fut initialement rejetée en octobre 2003 par la Haute cour. Les plaignants font maintenant appel de cette décision devant la même instance judiciaire.

Publicité