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Retour de l?espoir et des pèlerins à Bethléem

25 décembre 2005, 20:00

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Les appels à la paix ont résonné samedi à minuit à Bethléem où une trêve des violences a favorisé un retour en nombre des pèlerins pour célèbrer Noël dans la ville natale du Christ. Tant le président palestinien Mahmoud Abbas que le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, ont adressé un message de Noël affirmant leur attachement à faire progresser le processus de paix en 2006.

Lors de la traditionnelle messe de minuit en la basilique de la Nativité, le patriarche latin de Jérusalem, Mgr Michel Sabbah, a déclaré qu?il existait une véritable occasion à saisir compte-tenu des élections prévues en Israël et en Cisjordanie au début de l?année. ?Un nouveau paysage politique israélien et palestinien prend forme?, a souligné le prélat.

?L?abandon de toute violence, de toute vengeance, la libération des détenus politiques et la projection vers l'avenir pourraient créer une nouvelle terre où nous pourrions garantir la sécurité pour les Israéliens (...) et donner aux Palestiniens la liberté et la fin de l?occupation?, a-t-il plaidé.

Profitant de la trêve que les activistes palestiniens ont promis de respecter jusqu?à la fin de l?année, des milliers de pèlerins ont fait le voyage de Bethléem. Sous une pluie glaciale, ils se sont pressés vers le complexe de l?église de la Nativité.

Le maire de la ville, qui vit du tourisme, a déclaré s'attendre à la venue de 30 000 visiteurs ce week-end, bien plus que depuis le début de l?intifada palestinienne en l'an 2000 qui a transformé Bethléem en une zone de guerre. ?Nous espérons que les Palestiniens et les Israéliens feront la paix, ce qu'attend le monde entier?, a commenté Yves Chaleon, un Parisien âgé de 62 ans.

L?armée israélienne avait assoupli les restrictions pour permettre aux étrangers ainsi qu'à tous les chrétiens d?Israël et de la Cisjordanie et de la bande de Gaza de se rendre à Bethléem. Mais pour la première fois, les visiteurs ont dû franchir le ?mur de sécurité? qui isole désormais la ville de sa grande voisine, Jérusalem.

?Tous les hôtels sont archi-combles?

Si le soulèvement palestinien, entamé en septembre 2000, a largement occulté les festivités des dernières années, le cessez-le-feu observé tant bien que mal depuis dix mois s'est traduit par une très nette recrudescence de l'affluence.

?Les choses se présentent un peu mieux que les années précédentes. Tous les hôtels sont archi-combles avec les pèlerins venus célébrer Noël?, se félicite Mariam Azizeh, responsable de l?Office du tourisme. Les autorités israéliennes estiment que 200 000 visiteurs se rendront à Bethléem au cours de la période de Noël, qui inclut aussi le Noël arménien du 6 janvier et Noël orthodoxe du 8 janvier. Soit le double de l'année dernière.

Reste que les pèlerins qui prendront la route que Marie et Joseph sont censés avoir empruntée il y a plus de 2000 ans pour se rendre de Jérusalem à Bethléem ne pourront ignorer une nouveauté de taille : cette route est aujourd?hui barrée par un ouvrage de béton de huit mètres de haut dont la construction a valu à l?Etat d?Israël une condamnation unanime de la diplomatie et la justice internationales. ?Beaucoup peuvent s?nterroger légitimement comment nous pouvons célébrer Noël dans la joie alors que ce mur nous emprisonne?, a observé Mgr Sabbah.

Dans son message, le président palestinien, qui a assisté à la messe de minuit bien qu'il soit musulman, condamne aussi ce mur. ?Dans cette réalité amère et douloureuse, nous profitons de cette fête spirituelle et religieuse pour envoyer un message de paix à nos voisins israéliens?, dit-il. A des dignitaires chrétiens, Ariel Sharon a répondu en déclarant : ?Il nous faut à tous la paix, et j?ai l?intention de faire tout mon possible pour y parvenir.?

Mohamed ASSADI

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