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Rentrée 2009 : les instituteurs manquent à l?appel

29 octobre 2008, 01:00

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Un instituteur pour chaque classe. Tel est l?objectif du ministère de l?Education qui se prépare à prendre une série de mesures pour pallier le manque de profs dans les écoles primaires à la rentrée 2009. Mais les syndicats, eux, font entendre un autre son de cloche, estimant que ces mesures ne sont pas appropriées.

En premier lieu, le ministère compte avoir recours à environ 150 stagiaires enseignants. Même si ceux-ci n?ont pas encore terminé leur formation, les autorités éducatives comptent leur conférer la responsabilité d?une classe.

Ensuite, elles feront appel à une cinquantaine de supply teachers, principalement des professeurs à la retraite.

Environ 45 enseignants de langues orientales seront également appelés à la rescousse. Le ministère leur demandera de se mettre dans la peau d?enseignants généralistes et cela probablement pendant une année.

Les syndicalistes se montrent extrêmement critiques vis-à-vis de ces mesures de secours. «Cela résulte d?une mauvaise planification. Il n?y a pas eu de prévision. Je mets cela sur le compte de certaines personnes au ministère qui n?ont aucune notion de ressources humaines», reproche Vinod Seegum, président de la Government Teachers? Union (GTU). Selon lui, un tel manque n?a pas eu lieu depuis des années.

<B>«Enseignants qualifiés et motivés»</B>

Il précise également que le recrutement d?enseignants de langues orientales n?a rien à voir avec une éventuelle fusion avec les «general purpose teachers». «Il est hors de question qu?ils prennent la place des enseignants généralistes», dit encore Vinod Seegum, pour qui ce genre de mesures de rechange ne sont pas dans l?intérêt des enfants.

Les syndicats mettent également en garde contre le placement de ces personnes dans les écoles des zones d?éducation prioritaires (ZEP), qui «ont besoin d?enseignants pleinement qualifiés et motivés».

Pour Ashik Junglee, président de l?Association of Professional Mentors, le ministère n?a pas fait ses devoirs comme il l?aurait dû. Ce manque d?enseignants découlerait en effet d?une planification hasardeuse. «Le nombre d?enseignants qui vont à la retraite chaque année est parfaitement prévisible. Donc, je ne comprends pas comment l?on se retrouve avec un tel manque», dit-il.

Et les stagiaires ne sont «pas encore prêts pour prendre en charge seuls une classe de 40 élèves». Cela aura un impact sur les élèves. «Ces stagiaires vont enseigner par trial & error. Cela pour la bonne et simple raison qu?il y a un monde de différence entre ce qu?ils apprennent au Mauritius Institute of Education (MIE) et ce qu?ils font dans la classe. Du coup, au lieu de développer des nouvelles aptitudes par rapport aux pédagogies nouvelles, ils se retrouveront à faire comme les autres», explique Ashik Junglee. «Alors qu?ils auraient dû être encadrés, on les lâche seuls dans l?arène. Et malheureusement, souvent ils sont postés dans des écoles où il n?y a pas de mentor pour les assister», ajoute-t-il.

«Récession»</B>

Suttyhudeo Tengur, président de la Government Hindi Teachers? Union (GHTU) voit dans ce manque de profs avant tout un manque de planification. «Il y a des lacunes de gestion, de planification et d?argent dans le secteur. L?éducation est en récession», commente le syndicaliste.

Il dit en revanche ne pas être contre l?utilisation de 45 enseignants de langues orientales pour prendre la responsabilité d?une classe. «Non seulement ces enseignants-là sont détenteurs d?un Higher School Certificate, mais en plus ils sont diplômés de l?université de Maurice. Ils sont plus qualifiés que les autres profs. Et de toute façon, les enfants ne peuvent rester sans enseignants.»

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