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Relancer les pourparlers sur la Corée du Nord

19 mars 2005, 00:00

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En tournée en Asie, la secrétaire d?Etat américaine Condoleezza Rice a entamé hier au Japon une campagne destinée à relancer les pourparlers à six sur les armes nucléaires nord-coréennes. Son voyage intervient alors que Washington montre des signes d?impatience quant à l?évolution du dossier, au point mort depuis le refus de Pyongyang en juin dernier de reprendre les discussions avec la Chine, le Japon, les Etats-Unis, la Russie et la Corée du Sud.

Rice est attendue au Japon dans la journée de vendredi. Elle doit ensuite se rendre en Corée du Sud et en Chine, où elle exposera la stratégie américaine à ces partenaires divisés sur l?approche à adopter face à Pyongyang. La Corée du Nord, qui a lancé un pavé dans la mare le mois dernier en déclarant avoir conçu une arme nucléaire, a invoqué différentes raisons pour ne pas reprendre les pourparlers, exigeant notamment des excuses de Rice qui l?a traitée d? «avant-poste de la tyrannie». Priée de dire si elle comptait présenter des excuses, Rice a répondu: «Je ne vais pas m?embarquer dans une querelle sémantique avec les Nord-Coréens.»

«L?enjeu est important pour les Nord-Coréens et ils devraient vraiment revenir à la table des négociations et arrêter de vouloir faire diversion», a-t-elle déclaré jeudi soir sur ABC News à Islamabad, à mi-parcours de sa première tournée en Asie en tant que chef de la diplomatie américaine. Les Etats-Unis ont rejeté les appels de leurs partenaires asiatiques à davantage de flexibilité pour convaincre Pyongyang de reprendre langue avec eux.

Ils veulent plutôt que ces pays, et notamment la Chine, où se sont déroulées les précédentes séances de pourparlers à six, utilisent leur influence pour convaincre la Corée du Nord de reprendre le dialogue. Pyongyang s?est vu proposer une aide économique et des garanties en matière de sécurité s?il consentait à renoncer à son programme nucléaire. Après trois mois de stagnation diplomatique, Christopher Hill, que Rice a chargé d?être son représentant sur ce dossier, a déclaré cette semaine: «Il faut qu?il y ait des progrès. Si ce n?est pas le cas, nous allons devoir trouver d?autres moyens de régler ça.»

Avant son voyage, Rice à déclaré à Reuters qu?après avoir abordé la question des pourparlers avec les autres gouvernements concernés, elle «verrait où on en est, et quelles mesures doivent être prises». L?aile dure de l?administration Bush veut mettre un terme aux pourparlers et isoler la Corée du Nord en la signalant à l?Onu en vue d?éventuelles sanctions.

Au Japon, Rice compte également faire pression sur les autorités pour qu?elles lèvent leur embargo sur les importations de boeuf américain, qui pèsent plus d?un milliard de dollars par an. Cet embargo a été décrété en 2003 après la découverte sur le sol américain d?un premier cas de maladie de la vache folle.

LA CHINE LIBÈRE LA DÉTENUE POLITIQUE REBIYA KADEER

La Chine a libéré jeudi une de ses plus célèbres détenues politiques, Rebiya Kadeer, et l'a autorisée à partir pour les Etats-Unis, à quelques jours de l'arrivée de la secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice à Pékin. La Fondation Dui Hua, organisation de défense des droits de l'homme dont le siège est à San Francisco, a déclaré dans un communiqué que Kadeer, une Ouïghoure, avait embarqué sur un vol d'United Airlines à destination des Etats-Unis pour y recevoir des soins médicaux. Kadeer avait été arrêtée en 1998 et condamnée à huit ans de prison en 2000 pour avoir «illégalement fourni des renseignements à l'étranger.» Les autorités lui reprochaient d'avoir envoyé des coupures de journaux à son mari vivant aux Etats-Unis. Le cas de Kadeer était l'objet de négociations entre Washington et Pékin. La Chine a par le passé plusieurs fois fait coïncider des libérations de prisonniers politiques avec des visites de dignitaires étrangers.

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