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Reconversion réussie pour les «ex-planteurs» de Riche-Terre

5 juin 2008, 00:00

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Reconversion réussie pour les «ex-planteurs» de Riche-Terre

Malgré sa casquette bien vissée sur sa tête, Aneerood Ramgoolam fronce les sourcils. En plein soleil, à midi, les mains sur les hanches, le planteur regarde autour de lui, satisfait. D?ici deux mois, il pourra récolter ses pommes d?amour. Une «bonne récolte» en perspective. A Bois-Marchand depuis un an maintenant, l?homme n?a aucun regret. Il est même plutôt heureux.

Certes, lorsque les promoteurs chinois de Tianli ont jeté leur dévolu sur Riche-Terre et que le gouvernement a annoncé aux planteurs qu?ils devront évacuer les terres, sa vie été quelque peu bouleversée. Il lui fallait abandonner sa plantation. Cette terre qu?il cultivait depuis 20 ans déjà. Et recommencer à zéro, ailleurs.

Il est vrai que le bail de ces terres qu?il occupait n?était pas arrivé à terme. Mais Aneerood Ramgoolam savait qu?un jour, on pourrait lui demander de «rendre ces terres». Après tout, elles ne lui appartenaient pas. «Dan bay la, zot ti dir nu ki si zot bizin later la, zot pu kapav repran li e zot ti pu donn nu ene lot later.» Ce que l?Etat a fait. Il a fallu discuter. Refuser des terrains bien trop éloignés à son goût. Proposer d?autres, plus proches. Arsenal et Bois-Marchand.

Certes, le planteur aurait préféré un arpent à Arsenal, mais il est conscient qu?il n?y a pas suffisamment de terres pour satisfaire tout le monde. Les planteurs sont quand même plus d?une centaine, de canne et de légumes confondus. Parmi, 14 ont obtenu un arpent à Bois-Marchand. Neuf lots sont encore disponibles. «Kapav pe gard sa pu bann ce kinn al la cour la sa», explique Aneerood Ramgoolam.

L?homme, président de la Bois Marchand Multipurpose Society, considère même avoir gagné au change. Si en termes de surface de terrain, Riche-Terre ou Bois-Marchand, c?est du pareil au même, Aneerood Ramgoolam se considère gagnant en ayant obtenu Bois-Marchand : il peut là exploiter la totalité de la surface qui lui est allouée. Tandis qu?à Riche-Terre, «pa ti pe kapav. Ene gran kantite terin ti pe res dan boi».

C?est la fourniture en eau qui fait la différence. A Bois-Marchand, elle est de loin supérieure à celle de Riche-Terre où les mauvais jours, il n?était alimenté en eau que pendant 30 à 45 minutes par jour. Alors qu?à Bois-Marchand, l?eau coule de 8 heures à 13 heures, sans interruption. Pour l?instant, tout au moins. «Peut-être que ça va changer plus tard. Quand tout le monde sera là?», craint déjà Suresh Hemraz, un autre de ces «ex-planteurs de Riche-Terre».

<I>« Le travail étant plus conséquent, certains planteurs sont même devenus des employeurs à temps plein. »</I>

S?il reconnaît certaines particularités avantageuses au terrain de Bois-Marchand, Suresh Hemraz freine un peu l?enthousiasme de son voisin. Habitant de Riche-Terre, le trajet de son domicile à Bois-Marchand, à bicyclette, lui est quelque peu ardu. Il ne compte plus les fois où une crevaison l?a contraint à rentrer chez lui à pied. «Ena pikan isi. Li bez larou la», explique-t-il.

A part ce «détail», lui aussi est plutôt satisfait. Car cette terre, comme le dit Aneerood Ramgoolam, «est plutôt pas mal». «Li pa gard delo. Si c?était de la terre noire, avec toute la pluie que nous avons eu, la terre aurait été infestée de vers», explique-t-il. Alors, puisque la terre est de bonne qualité et que l?eau est abondante, les planteurs n?ont pas hésité à investir la compensation versée par le gouvernement dans leur nouvelle plantation. Surtout dans le matériel d?irrigation.

Le travail étant plus conséquent, certains planteurs sont même devenus des employeurs à temps plein. «Là-bas, nous ne pouvions leur donner du travail que quelques jours par semaine. Ici, c?est tous les jours», soutient Aneerood Ramgoolam. Le fait d?exploiter désormais la totalité de leur terrain permet à ces planteurs d?assurer également une certaine sécurité aux alentours. Car là-bas, désespéré par le manque d?eau, les «voisins» avaient abandonné leurs terres. Des terrains en friche pas très «safe».

A Bois-Marchand, rien de tel. Tous les terrains sont sous culture et puis, aussi, «ena fensing kat kote». Alors, «kapav rentre sorti ler ki nu le». Si actuellement, les planteurs quittent leur «caro» peu après midi, le moment de la récolte venue, ils devront y rester jusqu?à fort tard. A Bois-Marchand, les «ex-planteurs de Riche-Terre», ont optimisé leurs cultures.

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