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Receveur : quand travailler devient risqué
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Receveur : quand travailler devient risqué
«Mo gagn freyer pou travay.» Rajesh Sewmotee parle en connaissance de cause. Ce receveur de 38 ans a été victime d?un vol alors qu?il était dans son autobus samedi. Face à cette énième plainte de ce genre, l?Union of Bus Industry Workers (UBIW) demande que des mesures soient prises. De son côté, la police du transport affirme qu?elle a des équipes sur le terrain et que le nombre d?agressions de receveurs d?autobus a considérablement baissé.
Samedi, à Bell-Village. Il n?est pas loin de midi lorsque les 15 passagers d?un autobus passant non loin du Rajiv Gandhi Cultural Centre se voient contraints d?en descendre à la suite d?une crevaison. Chauffeur et receveur font le nécessaire pour qu?ils continuent le trajet dans un autre bus. Une fois cela fait, le chauffeur va alerter la compagnie de la panne, laissant son collègue dans le véhicule.
Celui-ci ne reste cependant pas seul longtemps. En effet, au bout d?une vingtaine de minutes, il entend des bruits venant de la portière. Il n?a même pas le temps de voir de quoi il s?agit qu?un homme armé d?un gourdin fait irruption dans le véhicule, suivi d?un acolyte. Tout en le menaçant du gourdin, l?un des deux hommes dépouille Rajesh et lui prend la recette de la journée, qui s?élevait à Rs 2 877, et la sacoche personnelle du receveur. Sa licence de receveur, sa carte bancaire et sa carte d?identité sont ainsi emportées.
<B>«Un minimum de Rs 1 500»</B>
La victime a porté plainte aux Casernes centrales. Elle a aussi pu s?y procurer un document lui permettant de travailler temporairement sans sa licence de receveur. Ce père de deux enfants a pris cet emploi il y a 9 jours.
Mis au courant de cette affaire, le conseiller technique de l?UBIW, Wakhil Lalloo, déplore le fait que «le métier de receveur devient de plus en plus risqué». Il attribue ces agressions à la hausse du coût de la vie. «Ces malfrats à la recherche d?argent facile savent qu?il doit y avoir un minimum de Rs 1 500 avec les receveurs.» Il estime que faute d?éradiquer ce problème, il serait au moins possible de minimiser les risques si les autorités et toutes les parties concernées faisaient preuve de bonne volonté.
Wakhil Lalloo a ainsi fait plusieurs propositions aux autorités. Il suggère notamment que les receveurs soient équipés d?un pulvérisateur paralysant pour se défendre ou encore qu?il y ait une caisse à chaque gare afin que les recettes puissent y être versées après chaque trajet. «En sachant que les receveurs n?ont plus d?argent sur eux, les voleurs vont de moins en moins s?intéresser à eux.»
<B>«Pas d?argent liquide pour payer le ticket»</B>
Wakhil Lalloo estime que ce serait une bonne idée de poster deux receveurs dans chaque bus après 18 heures. Les ticket examiners, souligne-t-il, ont recours à cette méthode qui est, d?ailleurs, très efficace.
Sollicité à la suite de ce nouveau cas d?agression d?un receveur, un représentant de la police du transport nous a, lui, expliqué que cette unité a une équipe postée dans chaque district et que ces équipes travaillent en fonction des horaires des autobus. «Il y a trois facteurs impliqués dans une agression. Le premier est la victime, le second l?agresseur et le troisième l?opportunité. Nous ne pouvons éliminer ni la victime ni l?agresseur, mais en revanche nous devons tout faire, dans la mesure du possible, pour éliminer le facteur qui attire les voleurs, en l?occurrence l?argent. Cette stratégie est appliquée dans d?autres pays : les passagers n?utilisent pas d?argent liquide pour payer leur ticket.»
La police du transport constate de son côté que le nombre d?agressions de receveurs a diminué en raison de sa présence sur le terrain et du fait que des équipes escortent des bus dans les régions «chaudes». Tout en reconnaissant cela, Yousouf Chotoye, président du front commun des syndicats du transport, estime que «la loi n?est pas assez sévère pour punir ceux qui attaquent les receveurs.»
Il cite les récentes agressions qui se sont produites, entre autres à Eau-Coulée où un ticket examiner et un receveur ont été passés à tabac. A Baie-du-Tombeau, il y a eu deux cas d?agression sur des receveurs il y a un mois. «Dans des régions à risque, des receveurs préfèrent ne pas s?arrêter pour ramasser des passagers, craignant d?être agressés. Certains sont aussi réticents à être en travail posté à cinq heures du matin, après des soirées très arrosées. Il faut plus de présence policière sur nos routes», conclut-il.
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