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Reading, un parcours royal

28 mars 2006, 00:00

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À l’échelle du football, 135 ans, c’est une éternité. C’est pourtant le temps durant lequel Reading a dû patienter avant de se voir enfin convier à la table des grands.

Le petit club de la banlieue londonienne, qui écrase la concurrence en League Championship, est assuré depuis ce week-end de rejoindre la Premier League après avoir ramené de Leicester, où il a fait match nul 1-1, son 92e point de la saison.

À six journées du terme de la saison, Reading ne peut plus être rejoint par le troisième, Watford, qui suit désormais à vingt points après avoir été surpris sur son terrain par Millwall, 2-0. Les deux premiers au classement sont automatiquement promus.

L’histoire de Reading est peu commune. Fondé en 1871, à une époque où le football n’avait pas encore vraiment pris ses quartiers en Angleterre, le club a longtemps récité ses gammes dans l’anonymat des ligues amateurs avant de se hisser en troisième division en 1920, après la Première Guerre mondiale.

Selon l’historien du club, David Down, Reading a longtemps donné l’impression de se contenter de peu, le club n’ayant à l’époque pas les moyens sportifs et financiers pour viser plus haut que la troisième division.

À cela, il faudrait ajouter que le club n’a pas été gâté par la géographie. Son positionnement, à 30 kilomètres de Londres, le mettant en concurrence directe avec d’autres clubs mieux structurés et plus populaires de la capitale anglaise, comme Arsenal, Chelsea, Tottenham, West Ham, Fulham ou encore Charlton, pour ne citer que les principaux.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Reading a longtemps été considéré comme le club le moins populaire de Londres. En 1982, lors d’un match de championnat contre Preston, ils n’étaient que 1 713 spectateurs à prendre place dans le vétuste Elm Park, ancien fief des Royals, un record.

Longtemps menacé de disparition, en raison d’une situation financière des plus précaires, Reading était à deux doigts de fusionner avec Oxford United en 1983, histoire de se donner les moyens de poursuivre l’aventure dans le monde professionnel.

<B>Redorer le blason des Royals</B>

Le grand patron d’Oxford, le regretté Robert Maxwell, fut le premier à lever le voile sur cette alliance stratégique, allant même jusqu’à annoncer la naissance d’un nouveau club, le Thames Valley Royals, destiné à devenir “le plus grand club d’Angleterre du 21e siècle”. Le projet capota, les supporters des deux clubs opposant une fin de non recevoir à son idée.

C’est finalement l’arrivée de l’homme d’affaires John Madejeski à Elm Park, au début des années 90, qui sauva Reading d’une mort annoncée.

Madesjeski, un passionné de la première heure, s’engagea à redorer le blason des Royals. Huit ans plus tard, il leur offrit un nouveau stade, le Madejeski Stadium, d’une capacité de 25 000 places, et un nouveau centre de formation, aujourd’hui un des plus performants d’Angleterre.

Sous sa tutelle, Reading s’installa durablement en deuxième division, frôlant même, dès 1995, la montée en Premier League. Opposés à Bolton Wanderers en finale de play-offs, les Royals étaient à quatre minutes du bonheur absolu, menant 2-1. Mais les Trotters réussirent l’incroyable tour de force de renverser la tendance, s’imposant 4-3 au terme d’une prolongation dont le grand Wembley s’en souviendra toujours. Un échec qui laissa des traces, puisque, l’année suivante, Reading fut relégué en troisième division. Ce n’est que six ans plus tard, en 2002, que les bleu et blanc retrouvèrent une League Championship qu’ils n’auraient jamais dû quitter à bien voir.

L’arrivée de l’ancien Mancunien Steve Coppell à la tête de l’équipe première il y a trois ans, en lieu et place d’Alan Pardew, parti à West Ham, donna des ailes à Reading qui, depuis, n’a de cesse de frapper à la porte de la Premier League.

La promotion, inévitable, est venue ce week-end récompenser une jeune équipe étonnamment talentueuse et ambitieuse, qui est restée 33 matches invaincue cette saison avant qu’un regrettable accident de parcours le mois dernier à Luton ne ne vienne interrompre la série.

Qu’importe la série, l’essentiel est que Reading tienne enfin son billet pour l’élite. Reste maintenant à savoir si le club s’y installera durablement.

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