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Ras Natty Baby libéré
Après 42 mois de détention, le chanteur Ras Natty Baby retrouve la liberté. De son vrai nom Joseph Nicolas Emilien, l?homme peine à marcher correctement. Les yeux cachés derrière des lunettes de soleil, il dit avoir subi trois opérations et que sa vue s?est dégradée. ?La justice a été égale à elle-même?, dit-il, amer.
Ras Natty Baby était accusé d?avoir essayé de prendre possession de 652,1 grammes d?héroïne d?une valeur marchande de Rs 6,5 millions et destinée à la distribution. Mais hier, il a été disculpé à la demande du Directeur des poursuites publiques (DPP). Un co-accusé dans la même affaire, Jean Denis Jimmy Veerapin, a aussi été disculpé. Ce dernier était accusé d?avoir donné des instructions à un dénommé Jean François Jerry Rava pour prendre livraison des 652,1 grammes d?héroïne.
La décision du DPP résulte de celle du principal témoin à charge, Jean François Jerry Rava qui est revenu sur ses déclarations faites à la police en 2003. Il avait alors impliqué le chanteur et son propre cousin Jean Denis Jimmy Veerapin.
Mais au cours de l?audience de mardi, il a déclaré avoir oublié les événements, qu?il n?a jamais fait de déclaration en ce sens à la police et qu?il a seulement signé ces dépositions à la demande des enquêteurs qui, dit-il, lui ont promis une peine moins sévère. Sur ces déclarations, la juge Ah Foo Chui Yew Cheong lui a donné un avertissement pour parjure. Ce même Rava avait, lors de son procès en mars dans le cadre de cette même affaire, plaidé coupable et avait été condamné à sept ans de prison.
?Je ne resterai pas les bras croisés?
Dans ses dépositions à la police, Rava avait allégué que son cousin Veerapin lui avait annoncé l?arrivée d?une amie de l?étranger avec un colis de drogue à récupérer. Le 1er avril 2003, à sa demande, Ras Natty Baby a accepté de le conduire à Grand-Baie pour récupérer la drogue. Mais celui-ci lui aurait déclaré : ?Se enn zafer serye? et que si jamais ils étaient pris par la police, de ?pran tou sarz?.
Rava ignorait alors que la police avait déjà intercepté la petite amie de son cousin, l?Ougandaise Ann Willis Kayiwa, avec les 652,1 grammes d?héroïne en sa possession. Une livraison contrôlée (controlled delivery) était alors organisée par la police pour débusquer les contacts mauriciens. L?Ougandaise était conduite dans une chambre de l?hôtel Grand Bay Resorts et les policiers ont réussi à intercepté Rava alors qu?il s?apprêtait à prendre possession de la drogue. Ras Natty Baby, et un certain Didier Mars, étaient, eux, arrêtés sur le parking de l?hôtel. Le chanteur était au volant de la voiture.
Ras Natty Baby était défendu par Me Jean Claude Bibi et Jimmy Veerapin était représenté par Me Brian Glover. L?accusation était assurée par Me Johanne Moutou-Leckning, Principal State Counsel et Me Shah Nawaz Namdarkhan.
Après la décision de la cour de rayer les charges contre lui, Ras Natty Baby a déclaré : ?Je ne vais pas rester les bras croisés. Je vais voir dans le contexte légal tous les dommages que j?ai subis. Ma maison a été cambriolée. Ma carrière a pris un sale coup.?
DEMANDE DU PARQUET
Une enquête sur Jerry Rava pour faux témoignage
■ La cour suprême a été saisie d?une demande du parquet pour initier une enquête sur les circonstances dans lesquelles le témoin Jean-François Jerry Rava s?est rétracté. Cette demande a été faite en vertu de l?article 42 du ?Dangerous Drugs Act? (DDA) de 2000 qui prévoit des sanctions pour quiconque ferait un faux témoignages en cour, de même que pour ceux qui influencent une personne à faire de faux témoignage. Jerry Rava, qui purge une peine de sept ans de prison, a, lors de son témoignage en cour mardi, déclaré n?avoir jamais été interrogé par son avocat, Me Nanda Kistnen, au cours de son procès en mars 2006 relatif à cette même affaire. Or, la transcription des procès-verbaux établis lors de son procès attestent qu?il a bien été interrogé et que sa déposition a été lue et produite en cour, alors qu?il était sous serment. De plus, les procès-verbaux ne font aucune mention d?une contestation de sa part, avec les points qu?il avance maintenant quant à cette déposition. En effet, Rava allègue maintenant ?qu?il a uniquement signé sa déposition sans en avoir dit le contenu. Ceci sur l?insistance des policiers?.
Le témoin Rava risque de se retrouver dans une fâcheuse position. Les dispositions de l?article 42 du DDA prévoit que ?any person who, in relation to a drug offence, gives false or misleading evidence in court, shall commit an offence?. Un délit passible d?une peine de prison maximale de 10 ans et d?une amende allant jusqu?a Rs 100 000.
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