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Rapport PRB, derniers meetings et entretiens
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Rapport PRB, derniers meetings et entretiens
Entrée dans la dernière semaine de la campagne électorale, celle des législatives. La dernière ligne droite. Les derniers meetings nationaux et dominicaux sont une déroute pour le Parti Travailliste et un plébiscite pour le MMM/PSM. L’Express donne 6 000 et 4 000 participants pour les deux meetings travaillistes aux Quatre Bornes et à Centre de Flacq respectivement, 15 000 pour le seul Gaëtan Duval à Curepipe et 85 000 à la place du Quai pour le MMM-PSM. Ces deux partis annoncent le double, soit 150 000 personnes. Le PTr n’aura même pas la force de contester les chiffres de l’express, comme en 1976, comme en 2007.
James Burty David demande à la foule de Quatre Bornes de “décapiter – pourquoi pas guillotiner ? – le MMM en ne votant pas pour Bérenger” (son colistier à l’élection partielle de janvier 1995 au No 18 (Rose Hill-Stanley). A Port-Louis, Paul Bérenger met en garde contre la diffusion imminente de documents falsifiés et d’autres magouilles du même acabit. Anerood Jugnauth s’engage sur l’honneur à tenir de nouvelles élections législatives avant 1987. Et PAN ! pour le PTr et le PMSD qui ont privé les Mauriciens d’élections générales en 1972.
Le PTr fondait-il quelque espoir sur la publication du rapport du PRB à la veille des législatives du 11 juin 1982 ? Mauvais calcul en tout cas et stratégie électorale pitoyable. Les réactions sont d’abord mitigées à l’égard des propositions salariales pour fonctionnaires, pour devenir ensuite franchement hostiles. Pas question en tout cas de salaires à Rs 150 000 par mois généreusement attribués à des nominees politiques et autres protégés du régime travailliste. Le “Perm Sec” ne touchera que huit fois plus que le dernier des travailleurs manuels. Les hauts fonctionnaires devront choisir entre salaires de 1982 cum privilèges et salaires gonflés mais sans privilèges. Choix cornélien. La FSSC émet des réserves. Koomara Venkatasawmy, son président, trouve inacceptables certaines clauses. Il exige une rencontre avec le PRB (à ne pas confondre avec le secrétaire général du MMM). La frustration s’installe parmi les fonctionnaires. Ils manifestent à l’heure du déjeuner. Ils brûlent même le rapport devant l’Hôtel du gouvernement. Pour le coup, le torchon brûle pour le PTr. Le journal mauve parle de grève générale, oubliant que c’est un gouvernement MMM-PSM qui devra essuyer les plâtres de la colère croissante des fonctionnaires. Advance ose enfin parler du rapport du PRB pour dire que des élément extérieurs » manipulent les fonctionnaires. La FSSC finit par rejeter in toto le rapport du PRB. Fizette sur toute la ligne. La MTPA et Bérenger essayent d’accorder leurs violons au sujet de la taxe rurale. L’express persiste et signe. Il ne change pas d’un iota sa version initiale.
Demeurent les derniers entretiens et autres rubriques du style “24 heures dans la vie d’un candidat” ou “ en campagne avec X ou Y”, gages en tout cas de pleine page médiatique avec photos avantageuses comme celle d’un candidat essayant son costume trois pièces chez son tailleur préféré. Jules Koenig a dû se retourner dans sa tombe.
Seewoosagur Ramgoolam est catégorique, le 11 juin 1982. Il reste au pouvoir avec une petite majorité. Elle était de seulement deux voix en 1976. On peut difficilement faire pire. Il ne sera pas le président d’une république MMM-PSM mas le Premier ministre d’un énième gouvernement travailliste. Jugnauth n’a pas l’étoffe d’un PM. SSR nie avoir déjà dit qu’il lui succédera comme PM. Il ne croit pas dans l’évolution de Bérenger car “un marxiste reste toujours un marxiste”. Et pan ! pour ceux qui pensent le contraire. Ceux, qui accusent Bérenger de copinage capitaliste avec ses cousins/cousines, traitent donc SSR de fieffé menteur ! A la veille de la diffusion des faux documents libyens, ce dernier assure ne pas préparer aucun coup tordu à l’égard d’aucun adversaire. Qui croire ? Qui ne pas croire ? Le PTr a toujours fait appel à des conseillers étrangers pour ses campagnes électorales. Au sein du PTr, Boodhoo pouvait contester. Avec le MMM, il apprendra à se taire.
Pierrot Benoît accompagne Anerood Jugnauth pendant une journée avec des meetings à la Source, au Square Pétricher et à Cité Vallijee. Mathieu Laclé le réclame. On apprend que Jugnauth conduit lui-même sa Toyota Corolla AW 965 et qu’il aime la natation. Shalini est agronome au MSIRI, Sarojini inspectrice d’école et Pravind, 20 ans, étudiant en droit en Angleterre.
Yousuf Mohamed remet sur le tapis le programme du CAM avec représentation proportionnelle et listes électorales séparées pour les différentes communautés. Il en sait gré à Trustman-Eve qui a accepté de séparer la communauté musulmane de la majorité hindoue, les deux pourtant originaires de l’Inde. Il en sait gré à Barnwell qui accorde aux Mauriciens les huit députés correctifs. Il est d’avis que les musulmans n’ont rien reçu du PTr. Razack Mahomed n’a pas quitté la coalition PTr-PMSD-CAM de 1969-73 parce qu’il voulait contrecarrer un projet de parti unique cher au PTr et au PMSD. Quand le PTr propose à Razack Mohamed le parti unique, Yousuf s’y oppose. Ringadoo demande à Razack de ne pas écouter son fils. C’est pourtant ce qu’il fera. Razack conseille à Yousuf : “Don’t trust Seewoosagur Ramgoolam, unless he puts things down in writing”. Quoi dire de plus?
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