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Rapport du PRB : un pas pour retenir les fonctionnaires
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Rapport du PRB : un pas pour retenir les fonctionnaires
Vishwamitra Ramjee, ancien Senior Valuation Officer au ministère des Finances, a quitté la fonction publique l?année dernière pour se joindre au privé. Il avait 50 ans et comptait 29 ans de service. Le regrette-t-il, au vu des récentes recommandations du rapport du Pay Research Bureau (PRB) ? Non, répond-il. Mais d?ajouter que pour une jeune recrue, il en va autrement.
«Même avec les recommandations du rapport du PRB je ne serais pas resté. Je ne serais jamais arrivé au top salary proposé. D?ailleurs je suis parti avant. Mais les nouveaux salaires sont tout de même alléchants pour un jeune professionnel», estime-t-il. Preuve que les possibilités du rapport PRB à retenir les professionnels dans la fonction publique, sont diversement accueillies.
En raison de la pénurie de professionnels dans les secteurs de Quantity Surveying, de Marine Engineering, d?architecture, ainsi que dans le secteur judiciaire et la médecine spécialisée, le PRB a proposé des stratégies de récompense et des emplois sous contrats, par exemple, de manière à les retenir. Mais, estime Awadh Balluck, président de la Mauritius Senior Civil Servants Association (MSCSA), «on ne pourra pas empêcher la mobilité. Nous ne pouvons pas dire que c?est un mauvais rapport, mais nous ne pouvons pas dire que c?est bon aussi pour les professionnels. Le PRB a donné aux professionnels leur dû, mais dans les limitations du secteur public. Il y a un manque de certaines catégories de professionnels, surtout avec le boom dans le secteur de la construction». Ce dernier estime que le privé «fixe ses salaires par rapport au public».
«Il y a moins de mécontentement»</B>
Toolsiraj Benydin, président de la Fédération des syndicats du service civil (FSSC), considère que le rapport est «un pas dans la bonne direction» pour retenir les professionnels. Car avec la réforme économique, il faut valoriser les jobs et inciter les jeunes qui viennent de finir leurs études universitaires à se joindre à la fonction publique. «Mais il y a encore des efforts à faire pour les encourager à rester.»
Même sentiment du côté de Radakrishna Sadien, dirigeant de la State Employees Federation (SEF) et de la Government Servants Association (GSA) qui pense que ce rapport devrait «motiver davantage les professionnels à rester dans la fonction publique et éviter l?exode vers le privé».
A Toolsiraj Benydin d?ajouter toutefois: «Il y a des fusions de postes qui ont créé la grogne chez certaines catégories de professionnels, dont des ingénieurs. Mais de façon générale, il y a moins de mécontentement que pour les précédents rapports».
Au sein de la fonction publique il devient de plus en plus difficile d?attirer des jeunes ingénieurs, pilotes, capitaines. «Il faut former les jeunes, leur donner des bourses d?études et des incentives», dit le capitaine Premananda Ponambalum, Port Master à la Mauritius Ports Authority (MPA). Or, actuellement, les sociétés maritimes ont recours à des étrangers comme officiers à bord des navires, dont des Malgaches et des Philippins, les salaires n?étant pas intéressants.
«En Inde, selon un officier de la marine, des capitaines touchent au moins Rs 100 000 par mois et ils ont des facilités que des cadres de la MPA n?ont pas.» D?ailleurs la MPA, en raison de la pénurie de capitaines, s?est vue dans l?obligation de recourir à nouveau à l?embauche sous contrat du capitaine Bo Ronn, qui avait pris sa retraite de la marine depuis longtemps déjà.
Environ 700 infirmiers et infirmières ont pour leur part quitté le service pour aller travailler en Angleterre entre 2002 et 2005. Mais ce nombre a baissé considérablement par la suite, même s?il y a d?autres pays, comme la Nouvelle-Zélande, qui sont susceptibles d?attirer des candidats.
«Les salaires et conditions de service, notamment les nouvelles allocations prévues, vont certainement aider à les retenir à Maurice», estime Francis Supparayen, membre de l?exécutif de la Nursing Association.
Idem dans le secteur judiciaire. Un juge qui s?exprime sous le couvert de l?anonymat, explique que le rapport PRB s?inscrit dans le droit fil des réformes déjà engagées. D?autant qu?au cours des derniers six mois beaucoup a été fait pour rendre les jugements dans les meilleurs délais.
<B>«Une synergie de tous côtés»</B>
«Le rapport a été bien reçu par le judiciaire considéré jusqu?ici comme le parent pauvre du PRB. La réforme du judiciaire va de pair avec d?autres réformes. Il y a eu une synergie de tous côtés pour cette réforme judiciaire.» Selon ce juge, le rapport du PRB est venu reconnaître que la réforme du judiciaire est aussi nécessaire que les autres réformes. «Retenir les cadres était notre préoccupa- tion. Avec ce rapport les conditions sont réunies pour encourager les meilleurs cadres à rester dans le judiciaire.»
<B>Denrées alimentaires : Pas de hausse automatique</B>
■ Les changements apportés par le PRB 2008 vont-ils faire que le prix des produits alimentaires continuent à monter ? Gérard Kan Wah, directeur de «London Way Supermarket», ne le pense pas. Selon lui, seule la variation des prix de revient des produits amène les supermarchés à ajuster leurs prix. Celui des denrées alimentaires dépendra, dit-il, de la valeur de la roupie. «Notre marge s?est suffisamment amenuisée avec l?inflation et nous ne tenons pas compte du pouvoir d?achat pour ajuster nos prix. Alors je ne pense pas que l?augmentation salariale entraînera une hausse des prix.»
<B>Quelle incidence sur le foncier?</B>
■ Quels seraient les effets de l?augmentation salariale sur le foncier ? A cela Gérard Maujean, directeur d?une société spécialisée dans l?immobilier, dit «ne pas avoir le sentiment que les précédents rapports du PRB ont eu un impact sur le foncier. L?endettement est élevé. Je ne sais si ces augmentations auront davantage d?effet sur le foncier. Ce qu?on va toucher dans le PRB risque d?être absorbé par le coût de la vie. Le rapport pourra probablement avoir un effet sur le prix de vente des maisons et de terrains mais tout ça dépend du pouvoir d?achat. La mise à prix pourrait augmenter mais risque de baisser aussi», dit Gérard Maujean.
<B>Nouveaux salaires, nouvelles voitures?</B>
■ Le rapport aura-t-il une conséquence sur la vente de voitures ? James Ngan, concessionnaire automobile, estime qu?étant donné que le taux d?augmentation est plus élevé cette fois, les employés préféreront une voiture neuve à une voiture remise à neuf et que les ventes grimperont. «Le nouveau PRB représente plus qu?un rattrapage inflationniste. C?est une revalorisation des professions, qui va dégager un plus de pouvoir d?achat. Ca va faire tourner l?économie.»
Point de vue qui n?est partagé ni par Rashid Imrith, président de la «Government General Services Union» (GGSU) ni par Radakrishna Sadien. Ces deux syndicalistes ne pensent pas que les fonctionnaires vont investir dans l?achat d?une nouvelle voiture. Raison : d?autres options sont disponibles pour les fonctionnaires éligibles à l?achat 100 % «duty free». Par exemple, ils peuvent opter pour une allocation mensuelle à la place des exonérations. «Même ceux qui sont qualifiés pour une exonération de 70 % une fois chaque sept ans auront d?autres avantages accrus en termes d?exonérations», dit Rashid Imrith.
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