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Terrains en bord de mer

Après sa descente à Pointe d’Esny, Mohamed interpellé sur son terrain à Bain Bœuf

17 août 2026, 08:00

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Après sa descente à Pointe d’Esny, Mohamed interpellé sur son terrain à Bain Bœuf

Shakeel Mohamed lors de la descente des lieux à Pointe d’Esny, dans le Sud, jeudi dernier.

Une publication de la page Facebook Pima Info met en cause l’acquisition, par Shakeel Mohamed et son épouse, d’un appartement à Bain Bœuf proche du littoral. Le ministre répond point par point et invoque le droit.

Une polémique autour du patrimoine immobilier de Shakeel Mohamed, ministre du Logement et des terres, prend de l’ampleur après une publication de la page Facebook Pima Info. Cette dernière affirme que le ministre et son épouse auraient acquis, en décembre 2024, un appartement en duplex avec piscine privée à Bain Bœuf pour la somme de Rs 35 millions. La publication intervient quelques jours après la visite effectuée par Shakeel Mohamed à Pointe d’Esny, où le ministre s’était montré particulièrement ferme concernant des structures installées sur les Pas Géométriques. Il avait notamment donné un délai de 14 jours pour libérer certaines portions du littoral concernées.

Selon les informations publiées par la page Facebook, le bien acquis par Shakeel Mohamed et son épouse se trouve dans le complexe Le Jardin Boutique Hotel, à Bain Bœuf. La page Facebook affirme que le complexe est situé sur une portion de terrain domanial faisant partie des Pas Géométriques et faisant l’objet d’un bail de l’État courant jusqu’en 2069. Elle s’intéresse particulièrement à la proximité du bien avec le littoral. Elle affirme, en se référant à des documents et à des mesures, que la piscine et certaines infrastructures se trouveraient à environ 10,48 mètres de la mer.

La page Facebook fait également référence à une distance de retrait de 30 mètres qui serait prévue dans les directives relatives à certains développements côtiers, à partir de la ligne de marée haute.

À partir de ces éléments, elle s’interroge sur un éventuel «deux poids, deux mesures». La question posée est de savoir si un ministre chargé de la gestion des terres de l’État et de la protection du domaine public maritime peut mener une politique stricte contre certaines occupations des Pas Géométriques alors qu’un bien qui lui est associé fait lui-même l’objet de questions concernant sa proximité avec le littoral.

Le ministre riposte

Face à ces accusations, Shakeel Mohamed rejette toute insinuation d’irrégularité et affirme que la question doit être examinée sous l’angle du droit. Le ministre rappelle notamment que les plages appartiennent au domaine public et cite plusieurs références juridiques, dont l’Arrêté du général Decaen de 1807, l’article 538 du Code civil, la Pas Géométriques Act ainsi qu’une décision de la Cour suprême dans l’affaire Grand Bay Cruise de 2008. Pour Shakeel Mohamed, le débat juridique est volontairement remplacé par une attaque contre sa personne.

Il affirme également n’avoir aucun rôle dans la construction du complexe ou dans l’octroi du bail concerné. Selon lui, le bail date de 2009, soit 15 ans avant son acquisition du logement. Il souligne qu’il n’était alors pas ministre. Le ministre affirme aussi que l’immeuble a été construit sous un Building and Land Use Permit (BLUP) et que ce permis n’a été délivré ni par lui ni par son ministère.

Concernant son acquisition, Shakeel Mohamed indique que l’accord d’achat et l’approbation du prêt sont intervenus en 2024, avant les élections de novembre. La transaction aurait été officialisée devant notaire en décembre. Il assure également avoir déclaré l’intégralité de la transaction à la Financial Crimes Commission, comme l’exige la loi.

Le ministre évoque également une contestation de la valeur du bien par le Valuation Department, qui relève de son propre ministère. Il affirme ne pas être intervenu dans cette procédure. Après avoir contesté la première évaluation devant l’Assessment Review Committee, la valeur de la transaction aurait finalement été reconnue comme juste.

Shakeel Mohamed présente cet épisode comme la preuve que son administration a pu agir de manière indépendante, même dans une affaire concernant directement son propre ministère.

La question des 30 mètres

Sur la question de la distance entre le bâtiment et la mer, le ministre estime que la règle des 30 mètres ne peut pas être appliquée automatiquement à une construction ancienne. Selon lui, la notion de building line a évolué au fil du temps. La question déterminante serait donc de savoir quelle distance était légalement applicable au moment où le bâtiment a été construit. Il renvoie ainsi au permis de construire délivré à l’époque pour déterminer les règles qui étaient alors applicables. Shakeel Mohamed rejette par ailleurs l’idée d’une obstruction de l’accès à la plage. Il affirme que le public peut toujours circuler librement, se baigner et accéder au littoral. Il précise également que le mur de pierre évoqué dans la publication de Pima Info serait antérieur aux constructions.

Le ministre défend enfin sa capacité financière à acquérir un bien d’une valeur de Rs 35 millions. Il rappelle exercer comme avocat depuis 35 ans et affirme que son patrimoine est le fruit de son travail.


Commentaires racistes

Le ministre du Logement et des terres lance un appel au respect après la publication de commentaires à caractère raciste visant des propriétaires de structures présentes à Pointe d’Esny.Jeudi dernier, lors d’une visite sur place, le ministre avait déploré la présence de structures illégales sur la plage et accordé un délai de 14 jours aux propriétaires concernés pour les enlever. Contacté hier, Shakeel Mohamed a rappelé que ce délai tient toujours. Il a toutefois tenu à condamner les commentaires racistes publiés sur les réseaux sociaux en réaction à cette affaire. Le ministre appelle les internautes à faire preuve de retenue et de respect envers les personnes concernées, quelles que soient leurs origines, tout en laissant les autorités poursuivre les démarches engagées.

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