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Ramparsad en pétard contre le vendeur de mèche

30 août 2003, 20:00

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Les honorables membres de l?Assemblée nationale font de nouveau parler d?eux. L?ancien Junior Minister attaché au ministère du Développement rural et urbain, Rajman Ramparsad, a été provisoirement inculpé devant le tribunal de Flacq cette semaine pour organisation illégale de paris sur les courses de chevaux. Il a été interpellé, mercredi, par les enquêteurs de la Brigade des jeux à la suite de l?arrestation, quatre jours plus tôt, d?un jeune qui prenait des paris à Laventure.

Il n?a pas fallu longtemps à Moonoo Ramjeedass, 28 ans, pour dénoncer l?ancien ministre délégué élu sous la bannière mauve-rouge à Piton-Rivière-du-Rempart en décembre 1995. Le laboureur a expliqué aux enquêteurs qu?il a été recruté par l?ex-ministre délégué il y a deux mois et a indiqué par la même occasion comment il opérait. Rajman Ramparsad nie ces accusations et soutient qu?il est victime d?un « complot politique ». II l?a déclaré dans sa déposition consignée en présence de son avocat, Me Satish Faugoo, après son arrestation.

Tout commence le samedi 23 août. Il est midi moins le quart. Moonoo prend des paris près du salon de coiffure à côté de la boutique Janta lorsque des hommes des inspecteurs Daniel Monvoisin et Clency Meeterjoye se jettent sur lui. Un enseignant est également appréhendé lors de la rafle. Moonoo est le premier étonné. « Mo pas ti conne zot do? » Ici, dans ce petit coin paisible de Flacq, tout le monde connaît tout le monde. Les paris sont un passe-temps pour ces gens de la campagne. Au lieu de se taper des kilomètres pour se rendre au Champ-de-Mars, il est plus facile de parier à domicile.

« Je le connais bien »

Moonoo est emmené au poste avec les pièces à conviction : une somme de Rs 6 700 et un cahier où sont inscrits les noms des parieurs. « Je fais ce travail contre Rs 500. Avant moi, il y avait deux cousins de Ramparsad qui prenaient ces paris », raconte Moonoo entre deux bouchées de son repas de midi, jeudi.

« Dans une journée, j?amasse Rs 7 000 à Rs 8 000 que je remets ensuite à Ramparsad. De même que le cahier. Avant que je ne travaille pour lui, moi-même j?ai pris des paris avec ses anciens employés. Lui, je le connais bien, nous habitons le même quartier? » Presque naif, Moonoo s?est laissé tenté par l?appât du gain, étant laboureur au petit bonheur. Il va là où il y a du travail, parfois pour des clopinettes.

Quelques mètres plus loin s?élève la maison de Rajman Ramparsad, 61 ans. Enfoncé dans son sofa, il raconte son calvaire, la tête calée dans la paume de sa main. Il paraît embêté par cette histoire et raconte comment il a été victime de ce « complot politique » presque avec hésitation. Il revient anecdotiquement sur des incidents survenus lors des élections de septembre 2000. « Politique éne faille zafer », dit-il presque avec peine. « Garçon là ti vine zette pétard devant mwa kan zot ti gagne élection? Après ti éna football ine gagne éne mois et demi Rivière-du-Rempart, line jette éné paké pétard lor van mo cousin kine lerla bate piti la. »

Invité pour parlementer

Moonoo Ramjeedass se serait donc vengé à cause d?une histoire de pétard ? « Piti la MSM saa? » lance Rajman Ramparsad. « Mo pas dans politique mwa », rétorque le dénonciateur. Alors que l?ancien ministre délégué dit ne pas connaître personnellement le jeune homme, la mère de ce dernier, Kamla, raconte comment, à plusieurs reprises, l?ancien politique est venu devant chez elle pour appeler son fils. « Li vini dehors dans loto, li appele li. Mem li pé manzé li kite tout pou suive li », se lamente cette femme laboureur qui dit la peine qu?elle a pour réunir les Rs 25 000 qui éviteront à son aîné de passer ses nuits à Alcatraz.

Alors qu?il persiste à dire qu?il ne connaît pas le jeune homme, Rajman Ramparsad affirme qu?à cause de sa couleur politique, Moonoo allait être embauché par le ministère de la Santé. Il soutient ne pas savoir où ce dernier réside alors que Moonoo raconte que mercredi soir l?ancien élu rouge est passé devant chez lui et l?a invité à son domicile pour parlementer. « Mo ti lor simé kan line passé. Line dire mwa vine kot li. Mais mo pane allé. Mone fini avec sa kalité travaye la aster. Mone passe quatre nuits Alcatraz, ti mari dans pince sa. » C?est désormais à la cour de trancher?

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