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Ramgoolam va modifier le plan stratégique du sucre

21 octobre 2007, 20:00

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On attendait un discours fort du Premier ministre. Après des mois de mutisme ? et d?inflexibilité ? sur un sujet qui préoccupe l?industrie sucrière de même que son ministre des Finances, Navin Ramgoolam a mis les points sur les i. C?était hier, lors du 68e congrès du Parti travailliste à l?auditorium Octave Wiehé. L?annonce est forte : le gouvernement va modifier la Multi Annual Adaptation Strategy (MAAS), plan de réforme de l?industrie sucrière.

Navin Ramgoolam estime qu?il est important que les Mauriciens connaissent les raisons de cette décision. Il s?élève également contre ?l?exagération? de ceux qui ont exprimé des inquiétudes à propos du retard de la réforme. Il prédit qu?une campagne sera menée à la suite de son annonce, ?pour faire peur aux gens et leur faire croire qu?ils n?auront pas d?argent pour leur Voluntary Retirement Scheme (VRS)?.

Le chef du gouvernement explique la baisse du prix du sucre et la réforme de l?industrie de même que la MAAS, préparée par l?ancien gouvernement. Navin Ramgoolam affirme que cette stratégie a deux aspects : la centralisation et le VRS d?un côté et l?énergie de l?autre, parce qu?il faut convertir l?industrie sucrière en industrie de la canne. Ces deux parties sont liées. La majorité de l?argent que donnera l?Union européenne (UE) financera le VRS. Le secteur de la canne requerra de l?investissement privé. Pour que les gens investissent, il faut que l?industrie soit profitable.

?Or, quand Paul Bérenger était au pouvoir, il a accordé à l?industrie sucrière des prix garantis pour la vente de l?électricité. Cela explique pourquoi le prix de l?électricité est aussi élevé. Une centrale a investi Rs 521 millions et, en l?espace de trois ans, a fait un profit de Rs 680 millions. Donc en trois ans, elle a récupéré 131 % de son capital ! Dans quel pays au monde ces choses-là se passent-elles ?? se demande-t-il. Le Premier ministre affirme objecter à cet accord et ne pouvoir accepter que de telles pratiques continuent, ?que les gens continuent à s?enrichir sur le dos de la population. Je ne fais pas de la politique pour ça?.

Il annonce donc une modification de la MAAS et affirme avoir déjà fait part des difficultés qu?il rencontrait à l?UE. ?Elle comprend?, affirme le PM. Il ajoute : ?Maurice n?a pas eu son indépendance pour ensuite accepter toutes sortes de diktats de l?UE.?

?Des bons à rien?

La priorité de Navin Ramgoolam est donc d?ouvrir l?actionnariat de la nouvelle industrie de l?énergie à la population. Il n?explique pas comment il compte s?y prendre mais affirme que ?cela ne sera pas comme le Sugar Investment Trust (SIT). Vous n?avez rien eu avec le SIT. Avec cette nouvelle formule, vous bénéficierez directement?.

?Il y a tellement de palabres et d?exagération sur le sujet sucre qu?il est important que vous écoutiez attentivement ce que j?ai à vous dire à ce propos.? Le Premier ministre révèle que ces derniers jours, il a eu plusieurs rencontres avec des membres de l?industrie sucrière pour discuter de la réforme. Il fait une parenthèse et répond aux allégations de retard sur le dossier, imputé à lui. ?Selon l?express, il n?y a qu?une personne qui travaille dans ce gouvernement, que le reste, y compris moi, sont des bons à rien. Bien sûr que Rama Sithanen est une personne compétente et je suis content qu?il soit dans mon équipe.?

Navin Ramgoolam admet que l?industrie sucrière est ?l?industrie mama? pour des raisons émotionnelles, mais ne représente que ?3 % de l?économie? alors qu?il y a d?autres secteurs profitables. ?Il ne faut pas faire l?équivalence entre la santé de l?économie en général et l?industrie sucrière.?

Un des secteurs profitables est la Land Based Oceanic Industry. Le PM raconte qu?à Hawaï, qui produisait du sucre, on a découvert un courant d?eau très pure dans la mer. Les Hawaïens ont donc procédé à son dessalement, l?ont embouteillée et exportée. ?Zot pe fer plis kas ek delo ki ek disik.? Une étude faite par des Indiens a démontré que ce type de courant est aussi dans nos eaux. Maurice va bientôt commencer à exporter cette eau, dit le PM, qui ajoute : ?Mo pa pou less okenn indistriel vinn exploit sa. Si Paul Bérenger était PM, il aurait donné ce projet à quelques-uns de ses amis. C?est la raison pour laquelle il ne faudrait jamais qu?il reprenne le pouvoir?.

Le ton de ce discours était donné dès le départ, avec des images de la Mauritius Broadcasting Corporation dans un film qui retrace les décisions et les résultats du gouvernement. Il s?agit de montrer que la situation est difficile mais que le PM s?en charge, qu?il y a des retombées positives : baisse du chômage, hausse des arrivées touristiques, reprise de la zone franche, l?inflation qui devrait bientôt baisser.

Navin Ramgoolam fait aussi la leçon : ?Savez-vous pourquoi vous êtes membres du Parti travailliste ? Savez-vous ce que veut dire être socialiste ? ? Il affirme qu?il va organiser des sessions de travail pour les membres de son parti sur ce sujet.

Vision moderne

Navin Ramgoolam a un ton pédagogue. ?Avez-vous lu le manifeste électoral que nous avons distribué avant les élections ?? Pas de réponse. Il explique brièvement le contenu de ce programme. ?Nous voulons moderniser ce pays. Certains veulent appliquer les méthodes qu?ils ont utilisées quand ils étaient ministres il y a 20 ans. Cela ne marche pas.? Le Premier ministre explique que la modernisation du pays est la vision de son gouvernement. Il est très important que les gens sachent dans quel sens va l?action gouvernementale.?Parce que ce voyage est parfois pénible, mais notre vision devrait nous servir de boussole. Et il faut que nous changions de mentalité si nous voulons vivre dans un pays moderne.?

Navin Ramgoolam est très élogieux envers ses partenaires de l?Alliance sociale (Xavier Duval, Rama Valayden, Anil Bachoo, Madan Dulloo et Sylvio Michel). Il mentionne Rama Sithanen, absent du congrès, prend position assez clairement sur les subsides sur le gaz, dont il est fier.

Sur Dinesh Ramjuttun, son ex-conseiller spécial, pas un mot. Il évoque les contestations à l?intérieur de son gouvernement. ?Mais c?est moi qui prends les décisions. La troupe suit le leader, ce n?est pas le leader qui suit la troupe !?

Lors de ce congrès, Monique Bellepeau a été élue présidente du Parti travailliste. Elle succède à Etienne Sinatambou.

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