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Ramgoolam renvoie les élections municipales
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Ramgoolam renvoie les élections municipales
?Pas d?argent?, disent les uns, ?la faute à Claudette?, rétorquent d?autres tandis que les plus exaspérés s?emportent : ?les travaillistes ont la trouille d?organiser les élections municipales?. Le fait demeure que celles-ci, prévues pour décembre 1979, selon une école de pensée teintée de mauve militant, ou pour avril 1980, selon une autre multicolore et même neutre, font l?objet d?un nouveau renvoi peu démocratique et peu glorieux mais qu?on recouvre officiellement d?un vernis d?explication cyclonique. Et comme il y a un dieu chargé de la défense des intérêts du PTr, le cyclone Kolia, après avoir menacé Rodrigues, vire à 90 % et semble vouloir passer au nord de Maurice. Kolia dans le sillage de Claudette et de Hyacinthe, comment voulez-vous que Seewoosagur Ramgoolam trouve des sous (Rs 3 millions ! La mer à boire, comme on peut le constater) pour organiser des municipales. Le secteur privé exprime son accord avec Ringadoo sur les tripartites et même sur le gel des salaires. Le contraire eût été étonnant. Les syndicats conservent un curieux silence à ce sujet.
Ringadoo en profite aussi pour mieux définir la politique salariale nationale. 1) Le gouvernement travailliste fera tout en son pouvoir pour résister aux demandes de compensation accrue visant à corriger les effets de la dévaluation. 2) En revanche, il y aura une compensation pour toute inflation ne relevant pas de la dévaluation de 30 %. 3) Cela signifie que toute augmentation salariale en valeur réelle devra attendre. Comprenne qui pourra. 4) Le FMI, le véritable gouvernement de Maurice, a décidé que pendant la période de redressement (à propos quand prend-elle fin ?) les salaires doivent augmenter plus lentement que le PIB en valeurs réelles.
Le patronat revient donc à de meilleures dispositions à l?égard du gouvernement travailliste. On est loin de la fronde patronale de juin 1979 et de sa journée de désobéissance civile. Ringadoo est même l?invité d?honneur au dîner annuel de la Chambre de Commerce et d?Industrie. Le PMSD retrouve son odeur de sainteté au sein du PTr. SSR s?en prend subitement aux ministres travaillistes qui dénigrent par trop leur partenaire de coalition. Où allons-nous si Ramgoolam emprunte à présent un vocabulaire boolelliste ? Et comme en politique la louange du Bleu n?est jamais très éloignée d?une sortie en règle contre le Mauve, SSR en profite pour rappeler, ultime critique maccarthyste, l?idéologie communiste du MMM. Le message se veut clair et net : on ne parle plus au sein du PTr de possibilité ou de désir de coalition avec le méchant MMM.
D?où le nouvel enterrement de la démocratie et la nécessité de faire son deuil des municipales. Et comme on n?est jamais à une entorse anti-démocratique près, SSR tue dans l??uf un projet de forums-débats à la télévision, encore dirigée à l?époque par Jean Delaître. Anerood Jugnauth plus amer que jamais, ne peut que constater : ?Le gouvernement travailliste pourrit chaque jour davantage?.
Le port le plus moderne d?Afrique et d?Asie ne rate aucune occasion pour se mettre en évidence. En est une l?allusion médiatique à Food Canners ne pouvant satisfaire la demande urgente en purée de tomate, car la pomme d?amour pourrie se vend ?là-haut? Rs 30 la livre et parce son conteneur de matières premières est toujours bloqué en tête de rade. Les explications de la Marine Authority valent leur pesant d?ineptie. Du 9 au 17 février, le port le plus moderne d?Afrique et d?Asie, parvient à débarquer, du Palm Trader, 274 tonnes de produits périssables et un total de 19 conteneurs (deux par jour de travail). Malheureusement le conteneur attendu par Food Canners ne se trouve pas parmi la vingtaine débarquée en une semaine et demie. Mais le débarquement des conteneurs reprendra en mars sur le Palm Trader, foi de Marine Authority. Tout vient à point à qui sait attendre. Même la tisane après la mort.
Il faut quand même admettre que Port Louis se modernise sans pour autant devenir le port le plus moderne d?Afrique et d?Asie. Ainsi on annonce le chargement du sucre en vrac opérationnel en juillet 1980. Quelque 1 950 dockers reçoivent par conséquent leur lettre de licenciement. Fin d?un chapitre héroïque du travail portuaire ?bord la mer?.
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