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Ramgoolam : peines plus sévères pour les délits contre les femmes

9 mars 2007, 00:00

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“Parce qu’on ne peut pas faire comme si la violence contre les femmes était normale”, lance le Premier ministre aux quelque centaines de femmes venues célébrer, avec le gouvernement, la Journée internationale de la Femme, hier, à Phoenix. Il confirme ainsi que des peines plus sévères sont prévues dans le Sexual Offences Bill pour les crimes contre les femmes “dont les viols…pour que les gens sachent que ces agissements ne peuvent se faire dans l’impunité”.

Le projet de loi sera l’une des premières législations à être introduit à la rentrée parlementaire à la fin du mois, ajoute-t-il. Une première ébauche du texte de loi a été discutée au cabinet la semaine dernière. Le Premier ministre précise qu’il y aura cependant d’autres changements dans l’ébauche du texte de loi car “nous attendons les commentaires”.

C’était en juin dernier que la première ébauche avait été présentée avec une sentence de 60 ans comme peine maximale pour les violeurs. Navin Ramgoolam n’était cependant pas satisfait de ce travail préliminaire. Il ajoute que la mentalité doit changer. Le signal qu’il faut donner est qu’il “n’y a pas d’impunité. Tout n’est pas permis”.

Le Premier ministre est aussi d’avis que le combat pour l’égalité des chances ne doit pas se limiter au 8 mars. Il y a eu, selon lui, beaucoup de progrès qui ont été faits dans cette lutte. “Vous ne vivez plus comme vivait votre grand-mère”, lance-t-il.

Education gratuite</B>

Ces droits égaux sont garantis dans notre Constitution bien avant que les Nations unies aient décidé de célébrer la Journée de la Femme en 1975, ajoute Navin Ramgoolam. Ce dernier explique que “l’éducation gratuite a surtout bénéficié aux femmes”. Et de citer le cas d’une femme qui n’a pas été à l’école parce qu’il fallait payer la scolarité de ses deux frères. Mais elle a finalement eu accès à l’éducation quand celle-ci est devenue gratuite “et aujourd’hui, elle est comptable au Canada”.

Navin Ramgoolam demande aux femmes de prendre avantage des programmes que le gouvernement met à leur disposition pour qu’elles puissent prendre part aux activités économiques du pays. Faisant référence à un groupe de 63 femmes licenciées d’une usine de textile, il explique que “quand on tombe, l’important c’est de savoir se relever. Aujourd’hui, le rôle de ma femme ne se limite pas à la famille et au kwi-bwi”.

Le ministre de la Femme, Indira Seebun, évoque la perception que dans les centres des femmes “nek fer zis zasar ek panie”. Elle affirme que le gouvernement veut donner les moyens financiers aux femmes et que, pour cela, elles doivent avoir accès à l’information, au crédit et à des opportunités. C’est, ajoute-t-elle, la raison d’être du National Women Development Centre inauguré hier.

Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki Moon, dont le message a été lu par son représentant à Maurice, Claudio Caldarone, explique qu’ “empowering women is not a goal in itself. C’est une condition pour construire une vie meilleure pour tout un chacun sur la planète”.

Le Premier ministre, réagissant à une citation reprise par la ministre de la Femme dans son discours, à savoir que les larmes des femmes sont comptées par Dieu, choisit l’humour : “Faites bien attention. Il semble que le Bon Dieu soit en train de compter chaque larme qui coule là-bas !”

Et une boutade aux femmes : “Vous formez 52 % de la population. Si vous joignez vos forces, savez-vous ki lamerdmen nou ramase ? Savez-vous combien de Nita Deerpalsing nous aurions eu au Parlement ?” Mais en attendant que les femmes se décident à prendre part aux élections, il faudra laisser ces choses-là aux hommes…

<B>Deepa BHOOKHUN</B>

FORUM-DÉBAT

<B>Postes à responsabilité : la femme sous contraintes </B>

■ Si la condition de la femme évolue, elle reste toutefois encore confrontée à différentes contraintes. Il en est ainsi tant pour la prise de postes à responsabilité que dans la vie courante. C’est l’avis partagé des femmes qui participaient à un forum-débat organisé, hier, à la Barclays Bank. Vishwanee Lingachetti, “Corporate and Regulatory Affairs Manager” de la British American Tobacco, estime que la femme a un potentiel mais qu’elle subit des restrictions dans son quotidien. Elle est d’avis que si elle avait été très ambitieuse et si, comme ses collègues masculins, elle avait su vendre ses réalisations, elle aurait sans doute gravi encore plus d’échelons dans la hiérarchie de sa compagnie. Le mot-clé pour la “chief executive” de la Mauritius Bankers Association, Aisha Timol, demeure l’adaptation. Elle a évoqué la conciliation entre le travail et la situation familiale, arguant que le soutien familial reste un atout pour s’en sortir. Brossant un tableau bien plus sombre, Urmilla Banymandub-Boolell, s’est, elle, appesantie sur la difficulté pour une femme de s’imposer et de se faire connaître dans le milieu judiciaire. L’avocate estime que la femme doit doubler ses efforts, son engagement et ses sacrifices pour trouver sa voie.

Aline Wong, entrepreneur, a raconté son expérience de femme épanouie. Elle a pu le faire, a-t-elle dit, parce qu’elle a choisi l’entrepreneuriat, pouvant ainsi concilier sereinement vie familiale et travail.

<B>Jane L.-O’NEILL</B>

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