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Ramgoolam : ?Les réformes aideront le pays à sortir de ses difficultés?
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Ramgoolam : ?Les réformes aideront le pays à sortir de ses difficultés?
Navin Ramgoolam, Premier ministre, a exprimé hier sa conviction dans la justesse des réformes annoncées dans le budget 2006-2007. ?Ne pas engager les réformes aurait été catastrophique pour le pays. Ce sont des pays qui ont eu le courage d?engager des réformes qui ont réussi à sortir de leurs difficultés économiques?, dit-il.
C?est ce qui ressort du point de presse de Navin Ramgoolam, à l?issue d?un Conseil de ministres spécial hier à la Clarisse House, auquel assistaient Garreth FitzGerald, ancien chef de gouvernement d?Irlande, Ruth Richardson, ex-ministre des Finances de la Nouvelle-Zélande, Nicolas Eyzaguirre Guzman, ex-ministre des Finances du Chili, et Santiago Levy, ex-ministre des Finances du Mexique.
La visite de ces quatre personnalités politiques est une initiative de la Banque mondiale (BM). Les frais de leur déplacement ont aussi été payés par cette institution, qui veut montrer comment les pays qui ont appliqué des réformes ont réussi, alors que ceux qui n?ont pas engagé des réformes en ont payé les conséquences.
Le Premier ministre a qualifié cet échange de très enrichissant. Il dit y avoir appris beaucoup de choses et les autres ministres également. ?Les quatre dirigeants politiques ont partagé l?expérience qu?ils ont vécue directement de la mise en pratique des réformes à des moments cruciaux pour leur pays respectif?, a ainsi expliqué Navin Ramgoolam.
?Pour transformer le pays, a-t-il ajouté, il faut être déterminé à le faire. C?est l?exemple de ceux qui ont réussi leurs réformes. Nous avons eu un budget innovateur. Ne rien faire comme réforme n?est pas une option. Il faut voir les réformes dans leur globalité.?
Il a fait ressortir que le pays a à faire face au triple choc. ?La globalisation est une réalité. Nous avons à tenir sur nos propres jambes et à innover?, a ajouté Navin Ramgoolam.
D?ailleurs Nicolas Eyzaguirre Guzman, ex-ministre des Finances du Chili, estime que ce qui est plus douloureux, ce n?est pas les réformes, mais bien si on n?en fait pas. Au Chili, comme cela a d?ailleurs été appliqué à Maurice, il y a eu des ?tax exemptions?.
Santiago Levy, ex-grand argentier du Mexique, a pour sa part mis l?accent sur le ?targeting? de l?aide sociale pour mieux aider les défavorisés. Au Mexique, une bonne partie des ressources qui étaient canalisées vers les dépenses sociales n?étaient pas efficaces. Ces ressources n?aidaient pas vraiment ceux qui en avaient besoin. Pour cette raison il y a eu une réorientation des subsides par le gouvernement mexicain.
<B>?Mismanagement?
L?ex-ministre des Finaces de la Nouvelle-Zélande, Ruth Richardson, estime, elle, que c?est la pire des choses si les négociations salariales ne prennent pas en considération la productivité et la capacité des entreprises à payer.
?Ainsi, a ajouté Navin Ramgoolam, l?opposition parle de personnes retraitées. N?y a-t-il pas un ancien Premier ministre dans l?opposition ? Il faut être toujours prêt à apprendre des autres. Il ne faut pas être arrogant. Nous avons la chance de partager leur expérience car nous avons les mêmes problèmes qu?ils ont connus dans leur pays. Ils sont très bien payés pour des conférences qu?ils donnent dans plusieurs pays.?
Garreth FitzGerald, ancien Premier ministre, estime que l?Irlande a perdu dix ans pour n?avoir pas investi plus tôt dans le secteur de l?éducation. ?Or, à Maurice, nous avons eu la chance d?avoir l?éducation gratuite assez vite après l?accession du pays à l?indépendance même s?il y eu un certain nombre de personnes qui s?y opposaient?.
L?Irlande était le pays d?Europe le moins avancé dans le secteur de l?éducation mais il est un exportateur d?ordinateurs. Avec les investissements dans l?éducation, le Chili est devenu un des plus gros exportateurs de services dans la région d?Amérique latine.
Navin Ramgoolam s?en est ensuite pris à l?ancien gouvernement pour l?absence de réaction, qu?il a qualifié de ?mismanagement?, face au démantèlement de l?Accord multi-fibres qui s?annonçait déjà à cette époque.
Sur la question du sucre, il a dit que c?est le Parti travailliste qui sentait les problèmes venir dans ce secteur et que la centralisation des usines sucrières a été amorcée. ?Mais ce que nous ne pouvions pas savoir que cela allait arriver, c?est la flambée des prix des produits pétroliers?, avoue le Premier ministre.
QUESTIONS AU DR GARETT FITZGERALD, ANCIEN PREMIER MINISTRE DE LA RÉPUBLIQUE D?IRLANDE
<B>?L?éducation de la main-d?oeuvre demeure le probléme?
● <B>Dans quels domaines Maurice peut-elle s?inspirer du modèle irlandais ? </B>
La République d?Irlande, le Chili, la Nouvelle-Zélande et le Mexique ont tous connu les problèmes auxquels vous faites face en ce moment et ont des choses à vous apprendre.
Il y a 50 ans, la République d?Irlande avait un secteur industriel qui était peu efficace. La loi limitait l?investissement étranger dans les sociétés industrielles et cela n?aidait pas à la modernisation industrielle. Le pays a fini par réaliser l?effet nocif de ces limites sur l?investissement étranger.
Nous avons connu des problèmes liés à la fiscalité vers la fin des années 70. Le gouvernement qui avait précédé mon accession au pouvoir s?était engagé dans des dépenses massives et avait triplé le niveau de l?endettement public.
Il a fallu beaucoup de réformes pour changer la situation. La population n?était pas contente des décisions que nous avions prises.
Nous avions connu le problème de chômage et celui des finances publiques à deux moments différents, soit à intervalle de 25 ans. Dans le cas de Maurice, vous devez affronter ces deux grosses difficultés en même temps. Cela devient encore plus compliqué.
● <B>Qu?avez-vous fait pour restructurer le secteur industriel ? </B>
Il y a eu des décisions pour favoriser les capitaux étrangers au sein de l?industrie. Dans les années 70 et 80, nous avons perdu 50 000 emplois. Mais nous avons aussi pu créer 100 000 nouveaux jobs plus rémunérateurs dans de nouvelles industries telles la pharmaceutique, la fabrication du matériel informatique et les logiciels.
Nous avons des pertes d?emplois massives dans le textile-habillement et dans la fabrication des chaussures. Ce sont des industries qui ont par la suite émigré vers les pays du Tiers-Monde.
● <B>Y a-t-il eu une stratégie délibérée du gouvernement pour identifier ces nouvelles industries ? </B>
Il y a eu beaucoup de réflexion stratégique pour trouver et développer de nouvelles activités. Nous avions créé une agence en l?occurrence l?Industrial Development Authority (IDA) pour identifier de nouvelles industries. Cette agence a eu énormément de succès. Elle a démarré avec le secteur pharmaceutique et a, par la suite, explorer le créneau de la technologie informatique.
L?IDA a visité les plus grandes entreprises au monde et les a persuadés de venir s?installer en Irlande. Neuf des plus grosses pointures mondiales dans le secteur pharmaceutique avaient choisi de s?implanter dans le pays.
L?IDA a 14 installations à travers le monde qui sont constamment à la recherche des sociétés hi-tech. Ils vendent nos forces concurrentielles pour les attirer vers le pays.
● <B>Quelles sont justement ces forces ? </B>
Nous mettons en avant notre taux d?impôt léger et notre main-d??uvre éduquée. Notre système d?éducation est très élevé avec 60 % des jeunes qui ont une formation universitaire ou une formation dans des collèges techniques. 87 % de nos jeunes ont complété le cycle secondaire avec un diplôme en poche.
Il y a quarante ans, l?Irlande comptait seulement 7 % de jeunes qui avaient une formation tertiaire et 22 % détenaient un diplôme de cycle secondaire.
● <B>Maurice dispose-t-elle les compétences nécessaires pour développer des industries de haute technologie ? </B>
L?éducation de la main-d??uvre demeure le problème. Le niveau de l?éducation à Maurice est beaucoup moins élevé que dans d?autres pays qui ont le même niveau de développement que le vôtre. Dans ces pays, environ 30 % des jeunes ont une formation universitaire, tandis qu?à Maurice le taux est de 12 % seulement.
Il est très difficile d?attirer des industries hi-tech avec un niveau d?éducation pareille. Il va falloir très vite changer le système d?éducation à Maurice.
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