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Ramgoolam et le MMM disqualifiés

28 octobre 2004, 20:00

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Un lecteur de l’express déclare tout de go : Ramgoolam doit passer la main. La dévaluation confirme la faillite économique du Parti travailliste. Il ne possède ni politique de rechange ni vision de l’avenir. Maurice est condamnée à aller de dévaluation en dépréciation chronique. Ramgoolam n’a ni la volonté ni la compétence pour redresser l’économie. Il ne comprend pas les mécanismes élémentaires de l’économie ni pourquoi Ringadoo dévalue la roupie de 30%. Son incompétence économique ne remet nullement en cause les services qu’il a précédemment rendus à la nation dont celui de conduire le pays à l’indépendance sans recourir à la violence. Il conserve la première place dans l’histoire de Maurice et une stature internationale que nul n’est capable de lui enlever. Il est cependant déjà trop tard pour qu’il se retire avec gloire comme Premier ministre. Il peut encore s’en aller dans la dignité. Ses amis devraient lui conseiller de le faire. L’indécision chronique caractérisant le gouvernement travailliste constitue le meilleur agent électoral du MMM de Paul Bérenger. Elle lui offre le pouvoir sur un plateau en or massif. Seul un retrait dans la dignité peut éviter à Ramgoolam le déshonneur d’un départ humiliant ou forcé.

On pourrait conclure de ce courrier d’un lecteur que Ramgoolam, devant se retirer dans la dignité pour éviter déshonneur et humiliation, le pouvoir doit, comme une papaye mûre, tomber dans les bras du MMM. Point du tout, déclare avec détermination Guy Ollivry. Le pouvoir ne doit pas passer au MMM. Il bat, par conséquent, le rappel des Mauriciens de bonne volonté pour que cela ne se réalise pas. Il comprend qu’après les monumentales gabegies du Parti travailliste, les Mauriciens puissent penser qu’il n’y a pas d’autres solutions que de laisser l’extrême gauche arriver au pouvoir. Que ceux, qui veulent d’un changement économique dans l’ordre et dans la démocratie, se joignent à un grand rassemblement socialiste devant regrouper l’UDM, le PSM et l’IFB. Seul un socialisme démocratique peut barrer la route aux deux extrêmes que sont, à droite, le PTr-PMSD et, à gauche, le MMM.

On aurait évité la dévaluation de la roupie du 24 octobre 1979, si le PTr n’avait pas torpillé, en 1972, la motion de Maurice Lesage en faveur de la participation des employés à la gestion de leur entreprise. Vacoas Transport et Moka Flacq Transport n’auraient pas fermé leurs portes si leurs travailleurs étaient partie prenante de leur gestion financière. Le MMM doit être tenu pour premier responsable de la dévaluation de 30% de la roupie. Les grèves sauvages de ce parti et le demi-milliard que les Mauriciens doivent payer en surestaries (demurrage fees) sont la cause principale de cette diminution de 30% de leur pouvoir d’achat. Ils coûtent désormais Rs 650 millions. Or Ringadoo accepte de dévaluer la roupie de 30% pour obtenir seulement un prêt de Rs 730 millions du FMI. De plus, le gouvernement travailliste n’est même pas sûr d’obtenir la totalité de ce prêt. Ollivry conclut son appel : Que ceux, qui ne sont pas encore engagés dans la politique active de peur de se mouiller, le fassent à présent car demain il sera trop tard pour le faire.

Donnons à présent la parole à un vieil ami de Ramgoolam, père, l’ancien gouverneur général, Sir Raman Osman, 79 ans : L’île Maurice a besoin d’un grand courage si elle veut donner un sens positif à la dévaluation de sa monnaie. L’homme est sur terre pour travailler. Il faut stabiliser les salaires par négociations. L’employé ne peut avoir confiance dans son employeur si ce dernier s’autorise un train de vie luxueux. Le patron doit instaurer une participation honnête et sincère à ses employés. Pas question de ne dire qu’une partie de la vérité des chiffres. Pour justifier sa dévaluation, Ringadoo a cité des pays dans la mélasse comme l’île Maurice mais il s’est bien gardé de citer d’autres pays, aussi exemplaires que Singapour, Hong Kong, Taïwan. Il est inutile de prêcher la morale et le bon sens à des politiciens même s’ils comptent parmi vos meilleurs amis. Maurice aurait plutôt besoin d’un autocrate comme Lee Kwan Yew. Il faut diriger l’île Maurice avec un rotin bazar.

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