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Ramgoolam et Gopalsingh : le froid
Si ce n?est pas une crise entre deux institutions clés de l?Etat, cela y ressemble beaucoup. En effet, les relations entre le commissaire de police Ramanooj Gopalsingh et le Premier ministre, Navin Ramgoolam, sont glaciales. A tel point qu?à l?hôtel du gouvernement et aux Casernes centrales on parle de « crise » et de « relations extrêmement tendues ».
L?absence de Navin Ramgoolam à la parade des 425 recrues de la police au Gymkhana à Vacoas, jeudi, illustre ce froid. En effet, le protocole veut que le Premier ministre, également ministre de l?Intérieur, soit présent à cette cérémonie qui a lieu une fois l?an. Mais il a décliné l?invitation du commissaire de police. Il s?est fait remplacer par Raj Muddhoo, le secrétaire aux Affaires intérieures. Des hauts gradés de la police ont commenté l?absence du Premier ministre, estimant que «c?était une humiliation personnelle pour Ramanooj Gopalsingh».
Cette absence n?est pas innocente. Le Premier ministre aurait très mal digéré le recrutement, par le gouvernement MSM-MMM, de ces 425 policiers peu avant les élections de juillet 2005. Il avait même exprimé des réserves sur la légalité de cette embauche. Il l?avait comparée à celle des charges nurses peu avant les élections générales de 2005, par le ministère de la Santé.
<B>Sévère scritiques</B>
Après avoir consulté ses proches conseillers légaux, Navin Ramgoolam a appris que tout a été fait selon les règles, avec le feu vert de la Disciplined Forces Services Commission. Néanmoins, le Premier ministre a sévèrement critiqué Ramanooj Gopalsingh pour avoir «participé activement avec l?ancien régime » à de tels recrutements avant les élections.
Depuis cet épisode, les relations entre les deux hommes se sont détériorées, alors qu?elles étaient très cordiales à l?époque où Navin Ramgoolam devenait Premier ministre pour la première fois, en 2 000. D?ailleurs, après le limogeage de Raj Dayal, Navin Ramgoolam a nommé Ramanooj Gopalsingh à la tête de la police sans hésiter.
Un climat de méfiance s?est même installé entre les policiers à tous les niveaux. Jusqu?au point où ils ne veulent même plus se parler où échanger leur point de vue au téléphone par crainte «ki bann la pe ekout nou conversasion lor telefon ».
L?homme fort de la police, dont les pouvoirs sont définis par la Constitution, est fragilisé. Mais le faire partir dans l?intérêt du public est un long procédé. Le gouvernement sait que c?est une bataille presque perdue d?avance.
Ramanooj Gopalsingh avait déjà indiqué dans les colonnes de l?express il y a quelques mois : «On ne peut pas me faire partir comme un vulgaire voyou. Je n?ai rien volé et je n?ai rien à me reprocher.» Il répondait aux rumeurs persistantes qu?il allait démissionner.
D?autres événements depuis début 2006 démontrent que Ramanooj Gopalsingh n?est plus l?homme de la situation aux Casernes centrales. Ses conseils ne sont plus pris au sérieux à l?hôtel du gouvernement.
<B>Projet coûteux</B>
A un moment où le crime et les délits sont en hausse, le budget de la police sera revu à la baisse. Le commissaire de police ne pourra pas, comme il s?y attendait, recruter à nouveau environ 500 policiers lors de l?année financière 2006-2007. Un gel est en vigueur pour ce département qui tombe sous la responsabilité du bureau du Premier ministre. Ce qui n?arrange pas les affaires du commissaire de police face aux 700 départs prévus dans le courant de la nouvelle année financière (retraites, etc.)
Après avoir pris l?engagement officiel devant un parterre d?invités en Afrique du Sud que les jeux de la Southern African Regional Police Chiefs Organisation (SAARPCO) seront organisés à Maurice en 2007, voilà que le commissaire de police, président de cet organisme, doit revenir sur sa déclaration. Il vient tout juste d?être informé par le bureau du Premier ministre que Maurice ne pourra pas tenir un tel engagement pour des raisons économiques et financières. C?est un projet coûteux.
Il se chuchote que de plus en plus que le deputy commissioner of police Daneshwar Ramparsad serait l?homme fort de la situation. Il serait dans les bons papiers du Premier ministre.
Ramanooj Gopalsingh refuse de commenter l?affaire, pour ne pas aggraver une situation devenue très délicate pour lui et ses hommes. Sollicité après la cérémonie du Gymkhana, il a préféré se taire et se faufiler rapidement dans sa voiture qui a démarré en trombe.
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