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Ramgoolam conteste le directeur de l?Audit

28 avril 2005, 00:00

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Interpellé au sujet de l?affaire Singhania, Seewoosagur Ramgoolam ne va pas avec le dos de la cuillère. Il parle d?omissions et d?inexactitudes à propos du rapport du directeur de l?Audit, Kadress Pillay. Il lui reproche de n?avoir pas retenu des faits importants qui lui avaient été communiqués et de n?avoir pas mené son enquête avec la minutie requise. Le Parlement, par conséquent, n?est pas en présence de tous les faits, estime-t-il. Il considère inattaquables les personnalités mises en cause par lui. Des pierres précieuses ont disparu. Il y aura une enquête policière à partir de laquelle le DPP prendra la décision qui lui paraîtra la plus opportune. Il ne voit pourquoi pas son ministre des Finances et lui-même devraient démissionner en raison de conclusions aussi contestables.

Il lui reproche de se référer de façon incomplète au paragraphe 153 de la loi régissant la Douane. Après avoir fait état de l?obligation de vendre à l?encan les objets saisis par elle, il est aussi stipulé que le gouverneur général a le droit d?ordonner que certains objets saisis soient détruits ou encore mis à la disposition du service public. Les bijoux Singhania l?ayant été, le gouvernement est alors en droit, conclut Seewoosagur Ramgoolam, d?en disposer comme bon lui semble d?où sa décision de les confier à Rewcastle pour qu?il les vende à Londres afin d?en obtenir le meilleur prix. (Cette remarque ne semble pas tenir pas compte que ce paragraphe ordonne soit la vente à l?encan des objets saisis soit leur mise à la disposition du service public ou leur destruction. Autrement dit, si le service public n?a plus besoin des objets saisis et veut les vendre, la vente doit se faire à l?encan, en présence du public).

Il lui reproche encore de n?avoir pas tenu compte que certains bijoux étaient défectueux et qu?il leur manquait ici ou là des pierres précieuses. Il rappelle les procédures d?évaluation des objets saisis par la douane et la police. Il signale, par exemple, que les poteries furent estimées à Rs 500 000 par la douane mais furent vendues chez Christie?s pour seulement Rs 3 000. Il allègue que des experts de Garrard, les aquéreurs des bijoux à Londres, ont décrété que certaines pierres précieuses étaient des imitations. (Etant acheteurs, ils avaient intérêt à dénigrer la marchandise). Il souligne que les évaluations, faites à Maurice, furent approximatives, d?où la nécessité de faire appel à un expert international. Il reproche à Kadress Pillay de n?avoir pas mieux consulté les évaluateurs locaux ni le Solicitor General avant de rédiger son rapport. Ce dernier, par exemple, estime que la vente à Londres des bijoux saisis est parfaitement légale. Il réitère sa confiance et celle des membres de son gouvernement dans la probité de M. Rewcastle. Il fait ressortir que si le gouvernement n?avait pas accepté l?offre de MM. Garrard, il aurait eu à s?acquitter de frais d?évaluation s?élevant à £ 3 000.

La déclaration du Premier ministre suscite des réactions en chaîne en plein Parlement. Le Speaker, Sir Ramesh Jeewoolall, se permet de le rappeler à l?ordre et de lui faire remarquer qu?il ne lui est pas permis de s?attaquer à la personnalité du directeur de l?Audit. Ringadoo attire son attention sur le fait que directeur de l?Audit ne jouit pas d?immunité parlementaire. Sa remarque suscite de violents remous dans les rangs de l?opposition. On entend même des cris de ?au voleur ! ?

Anerood Jugnauth et Harish Boodhoo interpellent Ramgoolam. Il s?emporte, traite Boodhoo de « voleur » pour avoir osé lui demander de faire ce qu?il avait exigé de Badry et à Daby. Il doit se rétracter, sur l?ordre du Speaker. Jugnauth demande à Ramgoolam s?il compte produire la lettre du gouverneur général intérimaire permettant que les bijoux saisis soient mis à la disposition du service public. Ringadoo lui demande s?il a des doutes à ce sujet. Des voix dans l?opposition répondent affirmativement à sa question. Jugnauth demande alors le nom du gouverneur général. Ramgoolam : ?Je crois qu?il s?agissait de Sir Henry Garrioch ? Ringadoo fait ressortir que le gouvernement n?a pas l?habitude de rendre publique la correspondance entre le Réduit et l?Hôtel du Gouvernement. Ramgoolam estime qu?il n?y a pas lieu de nommer une commission d?enquête sur l?affaire Singhania. Boodhoo demande ce qu?il adviendra du directeur de l?Audit à présent que le gouvernement conteste la teneur de son rapport. Harold Walter s?écrie que le gouvernement licenciera le directeur de l?Audit. Les députés du MMM décident alors d?effectuer un walk-out en signe de protestation. Pour Bérenger, SSR et SVR ont tout bonnement essayé de justifier l?injustifiable.

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