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Ramgoolam annonce « l?ère » chinoise

22 juillet 2007, 00:00

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Navin Ramgoolam est convaincu et optimiste sur l?avenir des relations économiques entre la Chine et Maurice. Pour le Premier ministre (PM), sa visite d?État du 10 au 16 juillet en Chine, et la campagne de promotion de l?investissement qui a suivi, ont eu un « succès indéniable ». Sur papier, le PM revient avec plusieurs résultats tangibles sous le bras. Que Rama Sithanen, son ministre des Finances, s?est chargé de détailler lors d?une conférence de presse conjointe hier.

« La politique d?approfondissement des relations (du pays) avec ses amis traditionnels, dont la Chine » paye donc. Pour preuve, cette dernière a accordé une ligne de crédit de Rs 3,5 milliards sur une période de trois ans, dont une partie sous forme de don et de prêt sans intérêt. Cette aide, que Ramgoolam « considère comme exceptionnelle » servira à financer des travaux d?infrastructures, dont notamment la construction du barrage de Bagatelle, de routes à Riche-Terre et un programme de décongestion de Port-Louis.

La phase cruciale est amorcée

Le PM ne s?est pas privé de relier les résultats obtenus à la politique menée par son père, sir Seewoosagur Ramgoolam (SSR), alors qu?il était Premier ministre. En rappelant que c?est la politique de Chine Unique prônée par SSR qui pousse aujourd?hui la Chine à se positionner comme un partenaire du développement économique du pays.

Les preuves de l?engagement de la Chine aux côtés de Maurice sont palpables. Ramgoolam explique ainsi que l?empire est décidé à faire de Maurice la porte d?entrée du made in China vers une partie de l?Afrique, notamment les marchés de la Southern Africa Development Community (SADC) et du Common Market for Eastern and Southern Africa (Comesa). Pour cela, des entreprises chinoises doivent s?implanter, produire ou faire transiter leurs produits dans notre port franc.

Avec l?implantation de la zone économique de Tianli, à Riche-Terre, la phase cruciale est amorçée. « Les travaux démarrent en octobre », confirme Sithanen qui explique que l?entreprise va bientôt tenir une conférence de presse pour commenter les retombées de la visite en Chine et en profiter pour expliquer concrètement les activités qui démarreront à Riche-Terre d?ici fin 2008.

Bien que Tianli apporte un flot d?investissement de Rs 17 milliards au pays sur une période de cinq ans, il faut attirer d?autres grands noms chinois. Ainsi Huawei, un des leaders mondiaux des télécoms, va installer son quartier général administratif et ressources humaines pour la région Afrique à Maurice. Le géant de l?électroménager Haier et Hi-sense songent aussi à s?installer à Maurice. « L?une de ces deux entreprises a déjà confirmé qu?elle souhaitait faire de Maurice un centre de distribution, d?entreposage et une plate-forme logistique pour la région Afrique », explique Sithanen.

La Chine va aussi encourager ses entreprises à utiliser Maurice comme plate-forme d?investissement en créant des joint-ventures avec des partenaires locaux, ou en utilisant l?île comme base d?opération de leur filiale, qui investiront ensuite dans la région SADC-Comesa. C?est pour appliquer cette politique que la China Development Bank ouvre ses bureaux locaux et aidera les entreprises chinoises à utiliser l?Equity Fund de 5 milliards de dollars mis à leur disposition par leur gouvernement pour investir en Afrique.

Avec l?Inde et l?Union européenne, Maurice a désormais un nouveau partenaire incontournable. Pour les pays qui cherchent à développer leur économie, tous les chemins, décidément, mènent à Beijing.

À L?HEURE DES QUESTIONS

« L?intérêt de Maurice passe avant tout »

Le bouclage des négociations sur la réforme sucre tarde. Une partie du secteur privé critique votre peu d?empressement à les boucler. À quand l?épilogue ?

J?ai présidé deux réunions avec eux. On avait conclu d?une troisième après mon retour de Chine. Je leur ai dit que je ne comprends pas pourquoi, pendant que nous discutons ensemble, d?autres « ti marsans » vont parler dans la presse. Nous condamnons cela. Car ils parlent sans aucune autorité et ne savent pas vraiment ce qui se passe durant nos réunions. Nous prendrons le temps qu?il faudra pour avoir un accord dans l?intérêt national et pas dans l?intérêt d?un groupe de personnes.

En prenant votre temps, le pays risque de perdre certaines aides de l?Union européenne. Cela ne vous inquiète-t-il pas ?

On vend le pays juste parce que nous avons besoin de ces aides ? Non. L?intérêt de Maurice passe avant tout.

Plusieurs organismes parapublics fonctionnent au ralenti à cause de problèmes dans leur conseil d?administration. La semaine dernière, votre conseiller s?en est pris à l?un de vos ministres. Allez-vous procéder à quelques rappels à l?ordre maintenant que vous êtes revenu au pays ?

Pour cette conférence de presse, nous voulons surtout mettre l?emphase sur la mission en Chine. Nous ne voulons pas dévier notre attention sur ces détails. L?important, c?est l?intérêt national et ce que nous faisons pour faire avancer le pays.

La cohérence au sein de nos institutions n?est donc pas un sujet d?intérêt national ?

L?intérêt national n?est pas comparable quand on pense à ce que l?on fait pour le progrès du pays, la transition économique et le développement.

Le projet Tianli entre dans sa phase d?exécution. Or, les problèmes, notamment avec les agriculteurs ne sont pas encore résolus. S?achemine-t-on vers une solution ?

C?est en voie de résolution. De toute manière, on doit tenir compte de l?intérêt national. Et ne pas laisser une ou deux personnes bloquer des projets qui concernent l?avenir de Maurice.

Avez-vous demandé à Tianli de s?engager à investir le gros des Rs 17 milliards dans les premières années de son implantation ?

Rama Sithanen : Dans l?accord signé entre le gouvernement et Tianli le montant d?investissement qui devra se concrétiser chaque année a été spécifié. Il y a eu des petits problèmes avec les planteurs? qui sont en voie de résolution. A mon avis nous recevrons des montants d?investissement assez stables sur les cinq années.

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