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Ralph Lauren : la contre-attaque s?organise chez les fabricants
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Ralph Lauren : la contre-attaque s?organise chez les fabricants
LA BATAILLE juridique entre l?Américain Ralph Lauren et les hommes d?affaires mauriciens se poursuit, aujourd?hui, en Cour suprême devant le juge Paul Lam Shang Leen. Ajay Beegoo, principal protagoniste mauricien, a juré, mercredi, un affidavit au nom de la partie locale.
Les points énoncés dans l?affidavit suscitent la controverse sur deux niveaux. D?abord, le document s?en prend au rôle joué par l?avocat des Américains, Me Sanjeev Ghurburrun. Auparavant, Ajay Beegoo a mis en doute la légitimité des Américains représentant les intérêts de Ralph Lauren à Maurice.
L?affaire a trait à la vente des produits estampillés Ralph Lauren dans des centaines de boutiques à travers le pays. Le détenteur de la marque, Polo-Lauren Company (PLC), a obtenu un ordre intérimaire interdisant la fabrication et la commercialisation des vêtements et accessoires avec le fameux logo. Le représentant américain soutient que ces produits sont des contrefaçons dans la mesure où les producteurs et les revendeurs ne détiennent pas de licence.
Un marché convoité
Ce secteur lucratif au chiffre d?affaires de Rs 2,4 milliards par an, emploie 11 000 personnes selon les hommes d?affaires mauriciens. Un marché que convoitent les Américains, mais qui, en même temps les décourage, en raison de l?ampleur de la vente des ?contrefaçons?.
La polémique qui ressort de l?affidavit concerne d?abord l?homme de loi des Américains, Me Sanjeev Ghurburrun. Selon Ajay Beegoo, sa compagnie, Captain Tasman Limited, avait retenu les services de l?avocat en septembre 1999 afin d?entamer le dialogue avec la maison mère, Polo-Lauren Company.
?Me Ghurburrun m?a confié que lors d?une réunion en notre nom avec un vice-président de PLC, ce dernier n?était même pas au courant de l?existence de Maurice et sa position géographique, et que son entreprise ne s?intéressait pas à ce qui se passait au pays.?
Au terme de son affidavit, Ajay Beegoo affirme que l?Américain David Robert Brown, initiateur de l?action légale, ne peut agir en tant que représentant de PLC. Il s?appuie sur les affirmations mêmes de l?Américain, selon lesquelles celui-ci est vice-président de l?International Trademarks de PLC International. Cette compagnie est le General Partner de Polo-Lauren Company.
De fait, estime-t-il, pour cette affaire, la compagnie mère n?est pas correctement représentée devant le juge en chambre. ?I put David Brown to the proof that he is duly empowered to bring this application to a Court or to a Judge sitting in Chambers in Mauritius on behalf of Polo-Lauren Company.?
Ajay Beegoo fait ressortir que la marque de fabrique Ralph Lauren, de même que le sigle représentant un joueur de polo, ne figure pas dans le Trade Register de l?Etat. ??The use of the said words and device is not protected.?
Des démêlés avec la justice
Au ministère du Commerce international, l?on indique que Polo-Lauren Company n?a fait enregistrer que les marques suivantes en son nom : Polo USA¸ Polo Sport (2), Polo (3) et RLX Polo Sport.
Un troisième volet de l?affidavit s?attaque à la crédibilité même de Polo-Lauren Company, rappelant ses démêlés allégués dans le passé. Il cite tour à tour des dommages que la maison mère a versés en 1994 à la maison de haute couture Yves Saint-Laurent pour ?unfair competition? et ses procès avec Pine Lakes International Country Club aux Etats-Unis, entre autres.
Dans cette affaire, la partie mauricienne a retenu les services des avocats Désiré Basset, Siddhartha Hawoldar, Nanraj Patten et Jay Sibartie, et de l?avoué L. Mootoosamy alors que les Américains sont représentés par Me André Robert, avoué.
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