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Rajesh Banee, trop porté sur la bouteille
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Rajesh Banee, trop porté sur la bouteille
«Zame mo ti pou fer enn zafer koumsa ek mo piti. » Rajesh Banee se passe la main dans les cheveux, dans l?espoir de faire bonne impression sur la photo. Puis il se demande s?il doit enlever ses boucles d?oreilles.
On vient à peine de le trouver sous la varangue d?une vieille boutique, rue Maingard, à Beau-Bassin mardi. Il n?est que 16 heures passées et pourtant Rajesh est passablement éméché.
Il ballotte en marchant, faisant de grands signes de la main en croisant les passants, tout en injuriant Stephan Tosse. Chemise ouverte sur la poitrine, Rajesh tient plus de l?éternel adolescent que du père de famille. Lorsqu?il parvient à la maison de Jack Mario Dimba, il nous somme d?écrire tout qu?il dit. Il parle alors avec un débit saccadé.
« Hein note, note la hein », lance-t-il en nous demandant si nous allons le payer pour ses déclarations. L?homme est visiblement dépassé par les événements. « Zame mo Rajini ti pou touy mo Anousha, li inosan li », lâche-t-il, reconnaissant que son épouse l?a abandonné à cause de sa propension pour la bouteille.
« Ou kone kifer linn kite moi ? Mo pas per pu dir. Mo fane samem. Mo enn delerium. Mo pas travay, mo enn somer. » Il semble ne pas s?en plaindre outre mesure. « Zordi mo fam ine kit moi, mo sagrin. Ayo lezot lagazet pe rod moi, zot ape telefonn moi. Be mo pa lakaz. Oune fini ? Ou kapav ale aster ! », ajoute-t-il en guise d?au revoir.
Il gesticule une dernière fois, pour montrer qu?il est encore furieux contre la police pour ne lui avoir pas permis de voir le visage de Stephan lors de ses funérailles à Mare-Gravier quelques heures plus tôt.
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