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Dans la province de Jiangsu, en Chine
De la mer à l’eau douce, le pari du dessalement
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Dans la province de Jiangsu, en Chine
De la mer à l’eau douce, le pari du dessalement
■ À Dafeng, dans la ville de Yancheng, les installations de FHNED permettent de voir les différentes étapes du processus.
Face au stress hydrique, le dessalement fait partie des pistes envisagées à Maurice pour renforcer les ressources en eau. Dans la province du Jiangsu, dans l’est de la Chine, une visite chez Jiangsu Fenghai New Energy Seawater Desalination Development Co., Ltd. (FHNED) permet de voir concrètement comment l’eau de mer est transformée en eau douce et comment des sources d’énergie renouvelable peuvent être associées au processus.
À Dafeng, dans la ville de Yancheng, dans la province du Jiangsu, les installations de FHNED permettent de suivre les différentes étapes du dessalement. L’eau de mer est d’abord prélevée avant de passer par un système de prétraitement. Elle traverse ensuite différents dispositifs de filtration, dont l’ultrafiltration, avant d’être envoyée sous haute pression à travers des membranes d’osmose inverse.
Le principe est relativement simple : sous l’effet de la pression, l’eau traverse les membranes tandis que les sels et une partie des éléments dissous sont retenus. L’eau ainsi dessalée est récupérée puis stockée. Le procédé produit parallèlement une eau résiduelle beaucoup plus concentrée en sels, dont la gestion doit également être prise en compte.
À Jiangsu, FHNED présente un projet conçu pour atteindre une capacité de 10 000 m³ d’eau douce par jour. L’installation comprend la prise d’eau, le prétraitement, les équipements de dessalement, un dispositif d’embouteillage et un micro-réseau destiné à alimenter les différents équipements.
La disponibilité de l’électricité
Mais transformer l’eau de mer en eau douce demande de l’énergie. L’osmose inverse nécessite en effet de mettre l’eau sous pression pour la faire passer à travers les membranes. La disponibilité de l’électricité devient donc un élément important du fonctionnement d’une telle installation.
C’est à ce niveau que FHNED associe le dessalement aux énergies renouvelables. L’entreprise conçoit et fabrique des équipements complets de dessalement ainsi que les systèmes électriques destinés à les alimenter. Pour les installations de plus de 2 000 m³ par jour, les configurations présentées peuvent combiner éoliennes, panneaux photovoltaïques, batteries de stockage et générateurs diesel.
■ Les différentes configurations montrent que le dessalement peut être dimensionné selon les besoins.
Le principe repose sur un micro-réseau capable de gérer ces différentes sources d’électricité. Lorsque le vent ou le soleil permettent de produire de l’électricité, celle-ci peut alimenter les équipements de dessalement et, selon la configuration, une partie peut être stockée dans des batteries. Un générateur diesel peut également assurer un complément lorsque les autres sources ne suffisent pas.
FHNED indique avoir fourni ou déployé des équipements dans plusieurs pays, dont aux Maldives, au Brésil, à Oman et en Malaisie. L’entreprise présente également des installations dans différentes régions chinoises, en particulier à Hainan et sur des îles. Les systèmes sont adaptés à des besoins et à des capacités de production différents.
Le dessalement dans un conteneur
FHNED propose également des équipements conteneurisés, destinés à être transportés et installés sur différents sites. Selon les modèles présentés, ces unités peuvent produire plusieurs dizaines à plusieurs centaines de mètres cubes d’eau douce par jour.
Lors de la visite, Xu Weigo, directeur général adjoint et directeur technique de FHNED, indique qu’un ensemble conteneurisé peut coûter environ 2 millions de yuans et être capable d’approvisionner jusqu’à 3 000 personnes, selon sa configuration. Une fois installé, il doit être raccordé à une conduite permettant d’acheminer l’eau salée à traiter et à un réservoir pour stocker l’eau produite. Xu Weigo évoque également la possibilité d’utiliser ce type d’équipement dans des zones disposant de ressources en eau fortement salée, y compris, selon lui, dans des pays enclavés.
Les modèles présentés ne reposent toutefois pas tous sur la même configuration. Parmi les équipements conteneurisés présentés figure un système de dessalement alimenté principalement par l’énergie éolienne, d’une capacité de 100 m³ d’eau douce par jour. Il comprend une éolienne de 100 kW, une seconde éolienne de 30 kW montée sur une tour hydraulique, une batterie au lithiumfer-phosphate de 250 kWh et un générateur diesel de 58 kW. Pour le traitement, le système combine une ultrafiltration et deux étapes d’osmose inverse.
Dans la province insulaire de Hainan, dans le sud de la Chine, FHNED présente un autre projet conteneurisé d’une capacité de 100 m³ d’eau douce par jour. Sa configuration énergétique est différente : elle associe une éolienne de 100 kW, des équipements photovoltaïques de 100 kW et un système de stockage de 100 kW. Le traitement comprend trois étapes d’osmose inverse ainsi qu’une ligne d’embouteillage. Selon FHNED, cette installation a commencé à produire de l’eau en décembre 2016.
Ces deux exemples montrent que le dessalement peut être associé à différentes configurations énergétiques selon les sites. Dans un cas, l’éolien est associé au stockage et à un générateur diesel ; dans l’autre, l’éolien et le solaire sont combinés au stockage.
Derrière la capacité de production se pose toutefois une question centrale : celle de l’énergie nécessaire pour faire fonctionner le système. L’éolien, le solaire et les batteries peuvent contribuer à l’alimentation électrique, mais leur intégration dépend de la configuration de chaque installation.
Le coût des équipements, leur maintenance, la continuité de l’alimentation électrique et la gestion de l’eau résiduelle concentrée en sels restent également des éléments à prendre en compte.
Pour Maurice, où le stress hydrique pousse à examiner différentes pistes pour renforcer les ressources disponibles, l’expérience observée dans le Jiangsu permet surtout de comprendre concrètement ce qu’implique le dessalement : une chaîne de traitement pour séparer le sel de l’eau, des installations dimensionnées selon les besoins et une consommation énergétique qu’il faut pouvoir maîtriser.
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