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Racisme, violence et football quand le Calcio fait peur?

3 décembre 2005, 20:00

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Un Mauricien en voyage en Italie qui, de passage à Florence, chercherait à aller voir le choc du championnat de football prévu ce soir, entre la Fiorentina et la Juventus de Turin, risque d?être pris pour un fou? Car ne s?aventure pas qui veut dans un match sulfureux du Calcio !

En effet, si le match promet d?être passionnant sur le terrain, c?est ce qui risque de se passer côté tribune qui interpelle à plus d?un titre.

Les supporters de la Juventus et de la Fiorentina ne pas sont classés parmi les plus racistes du pays, mais, plusieurs de leurs associations de supporters sont réputés pour leur net penchant pour la violence et la baston, notamment lorsque les deux vieux ennemis héréditaires se croisent.

De passage à Turin en 1997, j?avais assisté à un match de championnat mémorable entre la Juve et la Fiorentina, tant sur le terrain (3-2) que dans les tribunes puisque les 8 000 Florentins qui avaient fait le déplacement s?étaient battus avec leurs vis-à-vis turinois ? les policiers récoltant eux aussi quelques projectiles au passage.

Ce jour-là, l?environnement du Stadio delle Alpi avait des allures de guerre civile, avec un périmètre de sécurité constitué le matin du match autour du stade, des hordes de carabinieri (police locale) sur place et des hélicoptères qui sillonnaient le ciel?

À quelques heures du sommet du championnat, ce soir, mettant aux prises une Juve impériale en tête du championnat et une Fiorentina en troisième position qui monte en puissance, la tension est à son comble. Les policiers sur les dents. Les Italiens sur les nerfs.

<B> Reflet de la société</B>

Pour la première fois depuis cinq ans, la Viola est de nouveau compétitive et peut battre la Juve, donc la rivalité entre les supporters s?en trouve exacerbée et les risques de débordements sont réels côté tribune.

Car, figurez-vous que le dernier match entre les deux protagonistes a failli se terminer très mal pas plus tard que? mercredi dernier ! Les équipes se quittaient sur le score de 2-2, en huitièmes de finale de la Coupe d?Italie mais les supporters de la Juve ont mis le feu aux poudres en provoquant des incidents qui ont retardé la fin du match de 40 minutes.

Souhaitons que tels heurts ne se répètent pas, même s?il ne faut pas oublier que la vie des tribunes et la violence qui s?en dégage ne sont que le reflet de notre société.

Les supporters les plus proches du fascisme sont communément regroupés au club de Vérone, à l?Inter Milan, à la Lazio de Rome et à l?AS Roma, entre autres. Force est de constater que l?héritage de Benito Mussolini fait hélas encore des émules en Italie, 60 ans après la Seconde Guerre mondiale?

Les insultes racistes proférées par les supporters de l?Inter Milan, le week-end dernier, à l?encontre de l?Ivoirien Marc Zoro (qui a quitté le terrain en larmes en guise de protestation, avant d?être retenu par Adriano), lors du match Messine-Inter (0-1) viennent renforcer l?image que la bêtise se répand de plus en plus chez certains supporters qui vouent un culte à l?extrêmisme.

Entre mettre son poing sur la figure ou imiter des cris de singe pour faire passer un message, ne vaudrait-il pas mieux régler tous les différends sur un terrain de jeu avant de punir et d?exclure les cas désespérés ? Les joueurs, que ces mêmes pseudos-supporters prennent pour des héros, ne pourraient-ils pas tenter de réconcilier les têtes brûlées et donner l?exemple lors d?un match ? Mais ceci est une autre histoire?

DES VOYOUS A L?OEUVRE

<B> Premier acte explosif mercredi dernier</B>

En 1/8es de finale de Coupe d?Italie, la Fiorentina et la Juventus ont fait match nul (2-2). Mais, à la 47e minute, plusieurs groupes de tifosi turinois ont tenté d?entrer en contact avec leurs vis-à-vis toscans, mais ont été, immédiatement, refoulés par les forces de police, qui ont fait usage de grenades lacrymogènes à l?intérieur même du stade pour ramener le calme. Les bagarres se sont poursuivies à l?extérieur du stade, obligeant les unités anti-émeutes à effectuer des charges pour disperser les « ultras » des deux formations. Plusieurs se sont également livrés à des actes de vandalisme, endommageant les toilettes, arrachant des sièges pour les lancer contre les policiers et dévalisant plusieurs kiosques de vente de boissons et sandwiches.

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