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Rachat de bijoux : un business qui vaut son pesant d?or
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Rachat de bijoux : un business qui vaut son pesant d?or
«Ou bizin cash ? Nou là pour acheter tous ou bijoux (anciens ou nouveaux) en or 9, 18 et 22 carats (même bijoux ki finne cassés) pour ène meilleur prix.» Des annonces comme celles-ci sont publiées régulièrement depuis deux ans dans plusieurs hebdomadaires. Pas d?adresse d?un lieu où se présenter avec ses bijoux en poche. Rarement de nom. A la rigueur, un prénom et uniquement un numéro de téléphone.
Tout cela fait dire à Mosadeq Sahebdin, de l?Institut pour la protection des consommateurs (IPC), que ceux qui s?adressent à ces acheteurs «anonymes» courent des «risques importants». «Le vendeur ne sait pas s?il obtient la valeur exacte du bijou qu?il vend. Il n?obtient pas non plus de reçu et de plus il est probable qu?il s?agisse d?un réseau de receleur. Surtout que vendre des bijoux à des receleurs est pour le moins risqué», soutient ce défenseur des droits des consommateurs. Il conseille donc aux personnes souhaitant se défaire de leurs bijoux de les faire évaluer au préalable par l?Assay Office avant de les vendre à des bijoutiers. «Au moins, vous obtiendrez un reçu.»
Le rachat de bijoux n?a rien d?illégal. A condition toutefois d?être enregistré auprès de l?Assay Office. Car normalement, toute personne faisant le commerce de bijoux, que ce soit la vente ou l?achat, doit se faire enregistrer auprès de l?Assay Office. Si tel n?est pas le cas, l?Assay Office est en mesure d?engager des poursuites judiciaires contre cet individu.
S?il est vrai que sur les annonces, on peut y lire que la carte d?identité et une preuve d?adresse sont exigées, Mosadeq Sahebdin estime que cette exigence l?est peut-être officiellement mais qu?en réalité, ce n?est pas forcément le cas. Siddick Caunhye, directeur de Caunhye Bijoux Ltd., va plus loin. «Même si un bijoutier demande une photocopie de la carte d?identité du vendeur ainsi qu?une preuve d?adresse, il y a toujours un risque de se faire avoir.» C?est d?ailleurs la raison pour laquelle, lui, n?achète pas de bijoux sauf s?il connaît bien le vendeur. Selon de bijoutier, en jetant un coup d??il au bijou et un autre au vendeur, il peut déterminer, presque avec certitude, si le bijou appartient réellement au vendeur. En caricaturant quelque peu et même si l?habit ne fait pas le moine, l?on peut dire que si quelqu?un vêtu de vêtements en guenilles se présente à sa bijouterie pour vendre une bague sertie d?un diamant de deux carats, il saura que ce bijou qu?il veut revendre ne lui a en fait jamais appartenu.
<B>«Une bonne affaire»</B>
Puisque selon Siddick Caunhye, ce genre d?annonce ne peut qu?encourager le vol de bijoux, le bijoutier est d?avis que le gouvernement devrait légiférer. «Les autorités devraient soit autoriser l?Assay Office à acheter des bijoux et revendre l?or à des bijoutiers ou alors créer une institution parallèle à l?Assay Office pour le faire», propose-t-il. Les propriétaires souhaitant se séparer de leurs bijoux seraient alors certains d?en avoir pour leur? or. Car l?or, demeure une valeur sûre. Et plutôt que de prendre un emprunt, certaines personnes préfèrent se séparer de leurs bijoux. D?autant plus lorsque l?on vous offre Rs 650 pour le gramme d?or, et même plus, ce qui est, selon un bijoutier d?expérience, «une bonne affaire». Comment résister alors ? Surtout que, comme le disent si bien ces annonces, ces personnes qui ont recours à ce service ont besoin d?argent.
Mais si l?institution dont Siddick Caunhye suggère la création, procédait à l?affinage de l?or et le repurifiait, les bijoutiers pourraient alors acheter de l?or avec ce dernier. Comme ils le font actuellement auprès de la Banque de Maurice (BoM). La BoM qui leur vend actuellement le gramme d?or de 24 carats qui se vend en ce moment à Rs 870 et celui de 18 carats à Rs 652.
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