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Réunion avortée hier soir entre Bérenger et Reza Issack

10 mars 2008, 00:00

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Ils devaient se voir hier soir, mais une succession d?événements a fait que les choses se sont passées autrement. Le leader de l?opposition, Paul Bérenger, et le député travailliste, Reza Issack, avaient planifié une deuxième rencontre, après celle du 23 février dernier. Il était prévu que les deux hommes se voient chez un ami commun, Shyam Oodit, à Beau-Bassin à 20 heures.

Les raisons qui ont poussé le député de Port-Louis à annuler la réunion ne sont pas connues avec précision. Toutefois, il ressort, des recoupements d?information, qu?une intervention du Premier ministre (PM), Navin Ramgoolam, a été décisive. Alerté en début de soirée sur l?intention du député travailliste de rencontrer, pour la deuxième fois, le leader de l?opposition, le PM aurait agi promptement. Il aurait demandé à son vice-Premier ministre (VPM), Rashid Beebeejaun de dissuader son colistier du n°2 (Port-Louis Sud?Port-Louis Centre) d?aller de l?avant avec la rencontre.

Lorsque Rashid Beebeejaun est parvenu à avoir au bout du fil Reza Issack, il lui aurait dit qu?il était au courant de sa démarche et lui aurait demandé d?annuler le tête-à-tête avec Paul Bérenger. La raison invoquée étant que toute information à ce sujet sèmerait «une confusion» dans le pays à la veille des célébrations de l?Indépendance.

«Pas un opportuniste ni un jouisseur»

Selon une source généralement bien informée, Rashid Beebeejaun aurait également indiqué au député que le PM est disposé à le rencontrer après les festivités de l?Indépendance. Le député aurait alors décidé de prendre du recul et de ne pas précipiter les choses. Il appelle le leader de l?opposition peu avant 20 heures et demande de reporter la rencontre qui était prévue.

Un peu plus tard, Reza Issack reçoit un nouvel appel du VPM. Ce dernier lui aurait proposé une rencontre dans les plus brefs délais. Toutefois, interrogé vers 21 h 30 hier, Rashid Beebeejaun a affirmé qu?aucune rencontre n?est à l?agenda. Reza Issack, lui, était injoignable durant la soirée.

Une chose est sûre, au niveau du Parti travailliste, on n?apprécie guère les bonnes relations qui semblent lier en ce moment Paul Bérenger à Reza Issack.

Est-ce que l?ancien lord-maire de Port-Louis, Reza Issack, va faire le saut du Parti travailliste vers le MMM ? Interrogé durant la matinée sur un éventuel changement de camp, Reza Issack est resté ambigu. «Expect the unexpected. En politique, toutes les options restent ouvertes, mais je ne veux trahir personne.»

Il tient cependant à faire ressortir qu?il se sent parfaitement à l?aise au sein du Parti travailliste et qu?il est redevable envers le leader du parti, Navin Ramgoolam, et le vice-Premier ministre, Rashid Beebeejaun. Et de préciser qu?il n?est «pas un opportuniste ni un jouisseur».

La situation idéale, avance-t-il, serait que les mauves et les rouges acceptent de se mettre en alliance. «Le pays serait gagnant si une telle alliance voyait le jour. Actuellement, nous vivons trop dans une tension permanente. Il serait bon d?avoir une configuration où Paul Bérenger serait président de la République, Navin Ramgoolam Premier ministre et Rashid Beebeejaun vice-Premier ministre.»

«Nou bizin konn mat zot»

Il a fait part de cette idée au leader de l?opposition. Selon Reza Issack, c?est Paul Bérenger qui aurait montré un intérêt pour le rencontrer. Et toujours selon ses dires, le leader du MMM lui aurait proposé de quitter le Parti travailliste pour entrer au MMM. «Je lui ai dit que je suis dans un parti et que j?ai de la reconnaissance pour ce parti», déclare l?ancien lord-maire qui prend la précaution de dire qu?il n?est pas venu en éclaireur pour le compte du Parti travailliste et qu?il n?est pas mandaté pour jeter les bases pour une éventuelle alliance entre les deux partis.

Reste que du côté des rouges, la colère est vive. Lors d?une fête à Centre-de-Flacq hier, Navin Ramgoolam a fait référence à «celui qui quand il n?a pas ce qu?il veut ? être ministre ? change de camp». Certes, il ne nomme pas le député du n°2, mais c?est lui qui est vraisemblablement ciblé.

Il devait ajouter qu?«il y a des gens qui s?engagent en politique pour obtenir quelque chose en retour alors que les politiciens devraient être les serviteurs du peuple. Cette mentalité est en train de se développer. Certains n?ont pas réussi à accomplir grand-chose et veulent donc être nommés ministres. Et quand ils n?ont pas ce qu?ils veulent, ils commencent une rébellion dans le parti. Sa nou bizin konn mat zot».

Toujours sur sa lancée critique contre les «rebelles» au sein de la majorité, Navin Ramgoolam devait dire que «ce n?est pas possible que vous votiez pour quelqu?un lors des élections, nous, nous travaillons, nous trimons et quand ils n?obtiennent rien, ils changent de camp ! Et ils disent avoir un esprit indépendant ! Ler gete, lespri kabose sa, pa lespri independan !»

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