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Résidence d?artistes à pARTage
Depuis plus d?un mois, le collectif pARTage accueille à Maurice deux artistes étrangers, le temps d?une résidence.
Durant cette période, les deux artistes, Melanie Jackson de Londres et Mpindi Ronald Kibudde d?Ouganda, ont été invités à rencontrer les artistes mauriciens et les étudiants du département des Beaux Arts du Mahatma Gandhi Institute et à «s?inspirer de Maurice et produire quelque chose de cette inspiration » explique Krishna Luchoomun de pARTage.
C?est exactement ce qu?a fait l?artiste ougandais Mpindi Ronald Kibudde, sculpteur. Il a notamment travaillé le loss wax pour réaliser ses sculptures.
« C?est une réplique d?une sculpture déjà existante. Mais la pièce d?origine était cassée. Pour moi, Maurice représente l?unité, le rapprochement des cultures, très dur en Afrique. Alors j?ai eu l?idée de rapprocher les pièces cassées, de les rattacher les unes aux autres ».
Pour l?exposition, cet « artiste libre » a également préparé une autre pièce, plus imposante, inspirée de la phrase «le monde entier sur une île », Maurice.
Etant une grande pièce, l??uvre a aussi été longue à réaliser, ce qui a donné l?envie à Mpinddi d?exposer les différentes étapes de son travail pour expliquer au public le processus de création et cette discipline qu?est la sculpture.
L?artiste contemporaine Melanie Jackson, artiste londonienne et professeur au Wimbledon College of Art, a choisi un médium tout autre pour s?exprimer : la vidéo et l?animation.
Sa venue à Maurice tombe à pic car elle s?intéresse à l?histoire des Chagos et sa relation avec l?Angleterre. « J?ai remarqué que les Anglais ne savaient quasiment rien de Maurice ou des Chagos, alors qu?à l?inverse, les Mauriciens connaissent bien l?Angleterre ».
Inspirée par les grandes innovations et les installations technologiques, elle en est venue à s?intéresser aux infrastructures de la base de Diego Garcia. Durant ses recherches, elle a découvert le combat des Chagossiens.
L??uvre qu?elle réalise, s?intéresse à un lien entre ces deux mondes, à travers l?art en général et la broderie en particulier, pour représenter les modes de vie.
Aux écussons soignés des militaires et scientifiques, elle compare des broderies traditionnelles représentant des objets ou des scènes de vie. «En un mois, on a bien le temps de faire un travail, et d?en commencer d?autres. Ce que je présenterai est, donc, une sorte de work in progress. Je continuerai à travailler sur le projet chagossien, en Angleterre ».
Elle a toutefois bien profité de son séjour à Maurice pour rencontrer le plus de personnes possibles, des jeunes brodeuses, des artistes qui font des peintures murales.
Ce véritable échange n?a été possible que grâce à la résidence, qui permet aux artistes de s?imprégner, de découvrir, de comprendre. Cela a été possible grâce au soutien de la Triangle Arts et la Ford Foundation.
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