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Répercussions
Les consommateurs ont l?impression qu?ils perdent à tous les coups. Lorsque la roupie perd de la valeur, les articles prennent l?ascenseur immédiatement. Pourtant, lorsqu?elle suit la trajectoire inverse, les baisses de prix ne sont pas répercutées à temps ou alors pas du tout. La Chambre de commerce et d?industrie (CCIM) estime que cette perception n?est pas toujours fondée sur des faits et arguments objectifs. Elle récuse les allégations selon lesquelles le marché ne fonctionne pas convenablement et que les commerçants sont en train de réaliser des gains exceptionnels de taux de change sur le dos des consommateurs.
La bataille des prix que se livrent les grandes surfaces pratiquement tous les jours est l?illustration même du dynamisme du marché. Au niveau de l?importation, la CCIM rappelle qu?il y a plus de 10 000 opérateurs sur la place. Le marché serait, selon elle, trop éclaté pour que les importateurs puissent s?adonner à des pratiques de cartel.
Les sources d?approvisionnement se sont beaucoup diversifiées, et la gamme de produits s?est considérablement élargie grâce à une activité d?import énergique. Il incombe aux consommateurs de faire jouer la concurrence en dénichant les meilleurs prix.
Les gains sur le taux de change sont répercutés aux consommateurs là où c?est possible, dit la CCIM. L?appréciation de la monnaie a fait baisser les prix de plusieurs produits de consommation courante. Dans d?autres cas, elle a pu freiner les hausses. Toutefois, dans la majorité des produits alimentaires, l?inflation importée a été plus forte que l?appréciation de la roupie.
Le mouvement actuel du taux de change face à l?euro, au dollar, à la livre sterling et au rand en même temps est effectivement une situation inhabituelle pour les opérateurs. Ils arguent qu?il leur fallait du temps pour saisir les tendances qui se dessinaient avant d?ajuster les prix. La politique monétaire est beaucoup plus claire maintenant. La Banque de Maurice a déjà affirmé qu?elle ne va pas intervenir au niveau du marché de change pour agir sur la valeur de la monnaie.
La roupie forte va se maintenir pendant encore quelque temps. Certains opérateurs ont fait semblant de l?ignorer. Il faudra vivre avec. Ils ont profité d?une certaine crédulité des consommateurs qui n?ont pas suffisamment questionné les majorations continues des prix.
Tout ceci ramène le débat à la qualité du système de la concurrence. Le marché a toujours quelques imperfections majeures. L?avènement d?une «Competition Commission» compétente, indépendante et habile s?avère vitale.
Un chien de garde qui veille au grain est le seul rempart crédible dans un marché libéral. Des épiceries dans les villages éloignés profitent souvent de leur situation de quasi monopole dans la localité pour pratiquer des prix exorbitants. C?est du reste dans ces zones que les gens souffrent le plus de la vie chère. Si les forces du marché ne parviennent pas à amener les bienfaits de la compétition dans les régions éloignées du pays, une pourra bien le faire.
Il faut d?abord gagner la bataille de l?inflation dans les quartiers où elle fait le plus mal. Les commerçants malhonnêtes doivent réaliser qu?ils alimentent une inflation artificielle et contribuent à accentuer l?érosion du pouvoir d?achat de leurs clients.
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