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Quinze : quand rentabilité rime avec éthique

1 octobre 2005, 20:00

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Serge Blanco, ancienne star de la planète ovale, a réussi sa reconversion en mariant business et respect de règles éthiques très strictes. Quinze, sa marque de sportwear haut de gamme, a choisi Maurice comme plate-forme pour l?hémisphère Sud. Marque inconnue de la majorité des Mauriciens, sauf des amateurs de sport, 15 brasse un chiffre d?affaires annuel de plus de ? 30 millions d?euros, grâce à un réseau de franchisés et des « clients » de choix. Ainsi, les équipes de France de football et de rugby portent des tenues de ville et complet-veston 15, de même que les animateurs sportifs de Canal +. Idem pour l?équipe de foot de l?Olympique de Marseille.

La marque est connue en Europe pour son strict respect des droits humains de la part de ses partenaires et sous-traitants. « Il ne faut surtout pas croire que l?on ne peut pas être rentable en choisissant de nous imposer des normes éthiques strictes », assure Jean-Jacques Lauby, P.-d.g. de 15.

L?histoire de la marque est avant tout celle d?une confiance et d?une amitié entre deux parfaits étrangers : Serge Blanco, jeune retraité du rugby, et Jean-Jacques Lauby, un jeune entrepreneur qui voulait se lancer dans le textile.

Les deux partagent les mêmes valeurs éthiques et sportives. « Serge Blanco a accepté de s?associer avec moi sans espérer de royalties. Notre contrat a été verbal pendant les quatre premières années. Il a refusé des offres de Nike et d?Adidas, où il aurait pu se faire un pont d?or », se souvient Lauby. Depuis, c?est la réussite totale : une cinquantaine de franchises en France, Espagne et Suisse, présence dans environ 250 magasins haut de gamme.

La marque traite avec des fabricants mauriciens depuis dix ans. « Nous sommes non seulement satisfaits de la qualité du savoir-faire mauricien, mais nous apprécions aussi le sens éthique de nos partenaires d?ici », précise Lauby, qui explique avoir « choisi de ne pas investir dans certains pays où cela nous serait revenu moins cher, parce que leurs entreprises ne partagent pas les mêmes valeurs que nous ».

Maurice, île duty-free et combat contre la contrefaçon : voici deux raisons qui ont poussé la griffe à choisir Maurice comme rampe de lancement de son action pour s?attaquer aux marchés sud-africain, australien et néo-zélandais. Ainsi, le duty-free permettra de vendre des polos et autres vêtements environ 30 % moins cher qu?en France et, en plus, « un bon mois avant la sortie d?un modèle en France ». Trois franchises mauriciennes de 15-Serge Blanco seront bientôt opérationnelles, grâce à un partenariat avec Design Labels Company, dirigée par Rakesh Gooljaury ? un entrepreneur mauricien qui s?est réorganisé après la saga Ralph Lauren.

La décision des autorités de combattre la contrefaçon est, selon Lauby, « salutaire ». « Personne ne voudrait venir investir ici si ses produits sont contrefaits. En tout cas, comme moi, de nombreuses entreprises plieront bagage si l?on contrefait nos produits. » Pour se protéger, 15 a décidé de s?en remettre à Fake Busters.

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