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Quinze candidats pour un poste
À hier après-midi, après la fermeture du délai pour le dépôt des candidatures auprès de la Haute cour constitutionnelle (HCC) de Madagascar, ils étaient une quinzaine en lice. Les principaux candidats sont le président sortant Marc Ravalomanana, Jean Lahiniriko, Norbert Lala Ratsira-honana, Roland Ratsiraka, de même que Herizo Razafimahaleo, Pety Rakoto-niaina, de Jules Randrianjoary, de Daniel Rajakoba et de Ny Hasina Andriaman-jato. L?ancien vice-Premier ministre Pierrot Rajaonarivelo pourrait également être de la course, si son dossier, déposé hier in extremis, est accepté.
Tous ces candidats affirment qu?ils veulent sauver le pays du gouffre de la misère dans lequel il s?est enfoncé. Le redressement de l?économie constitue le refrain commun. De Marc Ravalomanana à Ny Hasina Andria-manjato, en passant par Jean Lahiniriko, Norbert Lala Ratsirahonana, Roland Ratsiraka, Herizo Razafimahaleo, Pety Rakotoniaina, Jules Randrianjoary ou Daniel Rajakoba, tous les candidats font de la lutte contre la pauvreté l?une de leurs priorités.
Noble souhait ! Cependant, pour pouvoir les mettre en ?uvre, il faut accéder à la fonction de président de la République. Et quand on mesure l?ampleur des sacrifices qu?il faut consentir pour y arriver, chacun des prétendants à la magistrature suprême mériterait, ne serait-ce que pour leur dévouement, la médaille d?honneur. Certains dépensent leur fortune dans la campagne électorale, d?autres y abandonnent leur vie de famille. Beaucoup subissent la pression des menaces et des intimidations, qui pèsent, non seulement sur leur personne, mais aussi sur leurs proches.
« Je replonge dans l?enfer de la politique », reconnaît l?ancien vice-Premier ministre chargé des Affaires étrangères, Herizo Razafimahaleo, lorsqu?il parle de tout ce à quoi il doit renoncer : la paisible vie de famille qu?il a eue durant ses quatre années d?absence sur la scène politique, et la direction de ses entreprises.
Norbert Lala Ratsirahonana, ancien Premier-ministre et ancien chef d?État, lui aussi, dit « bien connaître les difficultés que cela créerait pour sa famille et ses proches ».
Les deux hommes mettent peut-être l?intérêt de la Nation au-dessus de toute autre préoccupation, mais ils sont surtout animés par la passion de la politique et de la chose publique. De tous les candidats jusqu?ici confirmés, les deux hommes sont les deux plus expérimentés de la chose politique.
Du mal à croire à autant de patriotisme
En quinze ans, Herizo Razafimahaleo en est à sa troisième candidature à une élection présidentielle, tandis que Norbert Lala Ratsirahonana en est à sa deuxième. En 2001, ce dernier a failli se présenter, mais pour des raisons stratégiques, il s?est désisté en faveur de Marc Ravalomanana. Loin de rester à l?ombre, il a été l?un des principaux artisans de la victoire de ce dernier.
Roland Ratsiraka et Pety Rakoto-niaina, respectivement maires de Toamasina et de Fianarantsoa, ont aussi des années de « militantisme » derrière eux. Tous deux ont déjà été députés, avant de diriger deux des plus importantes communes urbaines du pays, Toamasina et Fianarantsoa. Pour le maire de Toamasina, dans cette campagne électorale, son patronyme Ratsiraka peut « à la fois être un avantage comme un handicap? dépendant des régions », a-t-il expliqué à la presse mauricienne vendredi.
Une partie de l?opinion a pourtant du mal à croire à autant de patriotisme et de désintérêt. Rasoamanana, 58 ans, mère de famille, pense que « si les candidats vont beaucoup dépenser pour la campagne électorale, c?est parce qu?une fois élus, ils se feront rembourser en puisant dans les caisses de l?État ». Pour elle, « ils veulent arriver au pouvoir pour accéder facilement aux ressources et aux privilèges que cela implique ».
Au-delà du discours démagogique, certains candidats veulent pourtant bien reconnaître d?autres fins derrière leur candidature. « Je voudrais que les gens gardent un excellent souvenir de mon passage sur terre », reconnaît Pety Rakotoniaina, maire de Fianarantsoa. D?aucuns pensent qu?écarté par le pouvoir après l?avoir soutenu durant la crise, il chercherait à prendre sa revanche. Mais l?ancien président de la délégation spéciale de la province de Fianarantsoa et membre du comité de soutien de Marc Ravalomanana (KMMR) en 2001, nie nourrir de telles pensées.
L?ancien président de l?Assemblée nationale, destitué de ses fonctions en mai dernier, Jean Lahiniriko, réfute également toute velléité de vengeance. L?idée de participer à la course lui est pourtant venue lorsque, pour la première fois, les députés du parti présidentiel, le Tiako i Madagasikara (Tim), ont cherché à lui fausser compagnie en juillet 2005.
Lova Rabary-RAKOTONDRAVONY (Hebdo de Madagascar)
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