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Qui a tranché la gorge d?Ali Aungnoo, chez lui ?
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Qui a tranché la gorge d?Ali Aungnoo, chez lui ?
Tentative de suicide ou de meurtre ? C?est la question qui se pose après la découverte, hier, d?Ali Aungnoo, 59 ans, à son domicile à Plaine-Verte. C?est son fils qui l?aurait retrouvé, la gorge tranchée. Il a été transporté d?urgence à l?hôpital Jeetoo où son état reste critique. Des circonstances troublantes entourent cette découverte faite dans la matinée d?hier.
Il est 8 h 30 quand la mère d?Ali Aungnoo alerte son petit-fils. Elle lui dit avoir entendu Ali crier, et lui demande d?aller voir ce qu?il en est. C?est la version de Sheik Mehdi, 28 ans, le fils d?Ali. Ce jeune homme affirme avoir découvert son père dans les toilettes, la gorge tranchée. La mère d?Ali, elle, ne serait pas en mesure pour l?instant de parler aux enquêteurs.
Devant le spectacle sanglant qu?il découvre, Sheik Mehdi alerte immédiatement le Service d?aide médicale d?urgence, qui arrive promptement. Après un premier constat de l?état de la victime, celle-ci est transportée aux urgences de l?hôpital Jeetoo, à Port-Louis. Après une intervention chirurgicale, Ali Aungnoo se retrouve en salle des soins intensifs. Mais le personnel soignant juge son état inquiétant.
Les limiers de la Criminal Investigation Division (CID) de Port-Louis Nord, menés par l?assistant surintendant Reshard Deelawarally, ont interrogé hier Sheik Mehdi Aungnoo. Ce dernier aurait raconté sa version aux enquêteurs, en précisant qu?il n?a vu personne dans la cour. Sa grand-mère, 84 ans, et lui étaient les deux seuls présents hier matin au domicile des Aungnoo, à Plaine-Verte.
Toutefois, certains éléments troublants persistent dans cette affaire. Sheik Mehdi affirme avoir trouvé son père dans les toilettes. Mais on aurait retrouvé des traces de sang dans la chambre à coucher d?Ali, laissant penser qu?il y était après avoir reçu sa blessure.
«Mo ti krwar enn ti zafer»</B>
A la rue Lenepveu, à, Plaine-Verte, les voisins des Aungnoo ne peuvent expliquer ce qui s?est passé. Le frère d?Ali, un habitant de Grand-Baie, nous parlait hier de la victime. «Mo ti kwrar enn ti zafer», nous disait-il. Un proche l?a appelé vers midi pour l?informer que son frère a été blessé, sans cependant lui donner d?autres détails. «Kan monn vini, pa ti ena nanrie», poursuit-il.
Il nous explique qu?Ali, planton aux services des douanes dans le port, est un homme tranquille, sans histoire. L?épouse d?Ali l?a quitté il y a quelques années, et serait partie vivre aux Etats-Unis. Depuis, il partage sa maison avec son fils. La mère d?Ali et d?autres proches habitent, eux, la même cour. A propos de l?agression, il avoue ne pas comprendre. Pour lui, Ali et son fils Sheik Mehdi sont en bons termes.
Le jeune homme aurait, pour sa part, laissé entendre aux enquêteurs que son père aurait tenté de se suicider. Il aurait affirmé que depuis quelques jours, son père avait l?air moralement épuisé. Des sources indiquent qu?Ali se serait mis à boire depuis peu, sans doute pour oublier les soucis de son quotidien, dit-on.
Hier, le Scene of Crime Office était sur les lieux peu après la découverte sanglante. Des prélèvements ont été effectués dans la maison, aux fins d?analyses. La CID de Port-Louis Nord a la charge de cette affaire, sous la supervision du surintendant de police Roger Noël.
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