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Qui arrêtera les redoutables Malgaches ?
Sur terre étrangère, elles sont redoutables. Imaginez ce qu?elles vaudront en évoluant à domicile. Les basketteuses malgaches sont les éternelles favorites pour la médaille d?or. D?ailleurs, en sept éditions des Jeux, aucune autre nation n?a pu goûter à ce plaisir. Cette hégémonie malgache ne leur a nullement ôté l?envie de dormir sur leurs lauriers. Au contraire, la sélection a été renforcée par deux expatriées, soit Maiwen Andrianilandy, qui évolue à Temple sur Lot, et Lalatiana Rajoelina, qui répète ses gammes à Armada.
Les filles étaient à l?entraînement hier matin. Le réveil est parfois difficile par cette température glaciale. Mais pas question de faire la grasse matinée, il y a un titre (ou plutôt plusieurs !) à défendre. L?entraîneur malgache, Hubert Manary se pointe sur le parquet du Palais des Sports. Sa voix est toujours perçante et il reste aussi exigeant envers son équipe.
Au programme de la séance, défense avec l?accent sur le rebond. Avec les travaux d?aménagement en vue de la compétition et l?installation du panneau des 24 secondes, c?est un entraînement revu sur moitié de terrain. Les tactiques se mettent en place. Les explications des encadreurs techniques pullulent. C?est à y perdre son latin. Mais les basketteuses, elles, suivent avec attention les consignes.
Les gabarits sont impressionnants. Tout comme leur vitesse d?exécution. On voit mal cette équipe perdre tant leur jeu est rodée et agressif.
Subitement l?entraîneur remarque notre présence. ?Mauricien, Mauricien?, demande-t-il. Nous répondons par l?affirmative.?Où sont vos cartes d?accréditation ?? Ah vous devez avoir vos cartes d?accréditation ! ?On nous avait fait le même coup en 2003?, lance-t-il en cherchant du regard ses protégées pour que celles-ci acquiescent. C?est ce qu?elles font d?ailleurs.?Je rigole?, précise-t-il. En fait, on le savait pour avoir connu ce personnage durant son passage dans le basket mauricien. A l?époque, il entraînait l?Union sportive de Beau-Bassin-Rose-Hill. Déjà à l?époque, les boutades étaient sa marque de fabrique et, de temps en temps, il en lance quelques unes.
Avant la fin de la séance, qui a duré quand même deux heures, il parle de son équipe et de la préparation. ?La sélection est à son troisième regroupement. Au premier et au deuxième, il y avait une vingtaine de joueuses et au troisième nous avons ramené la liste à quinze. Nous avons voulu allier la jeunesse à l?expérience. Nous avons fait plusieurs matchs amicaux face à des jeunes basketteurs de moins de 16 ans, moins 18 et moins 20?, souligne-t-il.
L?avantage d?Hubert c?est qu?il entraîne l?équipe de Sotrata, championne de Madagascar et championne de l?océan Indien. Le niveau du basket féminin dans les autres îles ne lui est pas inconnu pour avoir participé à plusieurs éditions de la Coupe des clubs champions de l?océan Indien.
Cependant, il avoue qu?il a eu vent que l?équipe réunionnaise comprendra des expats. ?Le danger viendra de cette équipe. Mais le fait de jouer chez nous est définitivement un gros avantage. Quant à perdre, on n?y pense même pas?, conclut-il.
Envisager le contraire, est certes, difficile à penser. Mais si tous les favoris gagnaient, à tout les coups, le sport ne serait pas ce qu?il est?
<B>Jason CHELLEN De Madagascar</B>
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