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Qui agresse nos enfants ?
Les bêtises et les maladresses sont presque toujours annonciatrices de violence. C?est ce que révèle une partie des résultats d?un sondage sur la façon dont les enfants perçoivent la violence perpétrée contre eux. Le bureau de l?Ombudsperson a interrogé à cet effet 240 gosses âgés entre 11 et 16 ans et venant de quatre types d?établissements scolaires*. Rendus publiques vendredi au Centre Charles Baudelaire, ces données serviront de base pour le développement d?une stratégie adaptée pour faire reculer la violence.
Pour 61 % des enfants, la violence signifie « être frappé brutalement ». 82 % des jeunes sondés disent avoir été victimes de la violence au moins une fois dans leur vie. Pour être précis, 75 % confient avoir connu la violence physique. Le châtiment est infligé par leur mère dans 39 % des cas ou leur père dans 32 % des cas.
Ils ont été frappés parce qu?ils ont désobéi (64 %), parce qu?ils sont rentrés à une heure tardive (4 %), parce qu?ils insistaient pour sortir avec des amis alors que les adultes étaient contre (2 %) et pour d?autres raisons non précisées (28 %).
« Comme tout le monde », souligne l?Ombudsperson pour les enfants, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, « je trouve que ces chiffres sont parlants. Je sais par expérience que cela correspond aux recherches faites au niveau mondial ». Le rapport a été soumis à l?Observatoire des droits de l?enfant de la région de l?océan Indien. Cette instance se basera sur ce document pour approfondir ses recherches sur la violence commise sur les enfants.
Ces chiffres démontrent malheureusement que de nombreux parents ont toujours recours à la violence pour raisonner leurs rejetons. Ce qui est inacceptable, affirme l?Ombudsperson pour les enfants. « Loin de moi l?idée qu?un enfant peut faire ce que bon lui semble. Je suis pour une sanction mais pas à travers la violence pour plusieurs raisons », explique Shirin Aumeeruddy-Cziffra.
Un enfant que l?on corrige grâce à des claques, poursuit-elle, s?imaginera qu?un problème se règle seulement à travers la violence. La violence est contre-productive, c?est-à-dire qu?elle ne corrige pas l?indiscipline mais l?exacerbe. Comme dit le vieux dicton, quand le chat n?est pas là, les souris dansent. La violence suscite la révolte sans oublier le traumatisme qu?elle peut causer. Mais le plus grave, c?est qu?en agressant physiquement un enfant on encourt le risque de le blesser, voire le tuer. Plusieurs cas ont défrayé la chronique récemment, notamment celui de la petite d?Anousha Banee.
« Nous ne voulons pas culpabiliser les parents. Il y a d?autres méthodes pour discipliner les enfants », souligne notre interlocutrice. D?ici la fin de l?année, le bureau de l?Ombudsperson pour les enfants, avec la collaboration d?experts et d?enseignants lancera un kit sur les méthodes alternatives de discipline.
Des phénomènes jusqu?ici ignorés
La famille doit instaurer des règles qui lorsqu?elles seront transgressées résulteront en des mesures disciplinaires raisonnables qui demandent un peu d?énergie.
« Par exemple, au lieu de frapper un enfant qui aura fait une bêtise, on le punit en lui demandant d?arracher les mauvaises herbes ou en lui faisant faire la vaisselle », suggère Shirin Aumeeruddy-Cziffra. L?amour doit être toujours présent, même dans les moments où l?on fait comprendre à l?enfant qu?il a dépassé les limites.
Ce n?est qu?un début des recherches sur la violence commise sur les enfants. Et déjà cette étude révèle des phénomènes jusqu?ici ignorés. Les adolescents ? 219 sur 240 ? se disent victimes de teendating, une forme de violence verbale et/ou physique qu?exerce un jeune sur son camarade ou sur sa petite-amie.
*Les enfants interrogés viennent de quatre types d?établissements scolaires dont un collège d?État, un collège privé, un collège pré-professionnel et un collège « non-mainstream » comme ceux tombant sous l?égide d?« Adoles-cents Non-Formal Education Network ».
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