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Questions à?Dade Appigadu

8 février 2004, 20:00

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Vous avez été très actif à l?établissement The Mount ?

C?est à l?âge de 13 ans que j?ai débuté à l?établissement de The Mount. Au fil des ans, je me suis vu confier le poste de responsable des sports. De plus, je représentais les travailleurs lors des discussions précédant la fermeture de la sucrerie.

Comment était le sport à The Mount ?

Cette sucrerie disposait de deux bonnes équipes de football et de volley-ball. Il y avait d?excellents joueurs qui évoluaient à The Mount, en l?occurrence Johny Edmond, Chandredeo Bhoyroo et Lallchand. Il y avait le club des artisans, où se réunissaient l?état-major de la sucrerie et les travailleurs. Il y avait une bonne ambiance parmi les travailleurs.

Tout cela est du passé ?

Malheureusement, toute bonne chose a une fin. C?est triste ce qui s?est passé. Ainsi va la vie.

Racontez-nous ce qui s?est passé lors de la fermeture ?

Je représentais les artisans, qui étaient au nombre de 207. La direction nous accordait une compensation équivalant à deux mois de salaires par année de service et un lopin de terre entre sept et quatorze perches, dépendant toujours du nombre d?années de service. Après des discussions et l?intervention du Premier ministre d?alors, Sir Anerood Jugnauth, on a obtenu deux mois et demi de salaires par année de service. D?ailleurs le gouvernement s?est servi de cela comme référence pour le Blue Print sur l?industrie sucrière.

Comment a été l?après-fermeture ?

Pénible pour les travailleurs. Beaucoup parmi nous n?ont pu trouver un emploi, surtout ceux âgés de 45 ans ou plus. Je connais de nombreux amis qui n?ont pu construire une maison, malgré l?obtention de leur lopin de terre. Certains ont dû vendre leurs parcelles de terre et se retrouvent aujourd?hui sans emploi, sans terre et sans logement.

A qui la faute ?

Certains des ex-employés sont responsables de la situation où ils se retrouvent. Mais les autorités ont intérêt à bien réfléchir avant de prendre une décision aussi grave.

Il faut qu?il y ait un accompagnement des retraités, une formation ou lancer des coopératives pour aider ces gens. La politique de Voluntary Retired Scheme (VRS) est un couteau à double tranchant. Aujourd?hui vous avez l?argent, mais cela a tendance à disparaître rapidement. Pour ceux qui sont proches de leur âge de retraite, c?est bien. Pas pour ceux qui ont moins de 50 ans, par exemple.

Donc, la fermeture de The Mount a été une mauvaise chose ?

Pour les travailleurs oui. Un emploi, même avec des salaires moyens, est beaucoup plus important que de recevoir une grosse somme d?argent.

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