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Questions à?Arvin Boolell

4 juillet 2004, 20:00

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? Quelle est votre appréciation des initiatives diplomatiques pour protéger les acquis de notre sucre en Europe ?

Au Parti travailliste, nous souhaitons que la question du Protocole sucre soit au-dessus de la mêlée politique. A l?Assemblée nationale, nous avons fait montre de notre désir de partager nos idées afin de dégager la meilleure solution.

Il faut cependant se dire que le gouvernement n?a pas vraiment étudié le worst case scenario sur ce dossier. Sinon, il n?y aurait pas eu la nécessité de mettre sur pied un comité d?urgence. Il y avait, dans le temps, un rapport de la Mauritius Sugar Authority sur les opportunités et menaces touchant au Protocole. Le gouvernement aurait dû adopter une politique de continuité sur le plan du lobbying et continuer à se battre pour rendre les articles du Protocole sucre compatibles aux conditions de l?Organisation mondiale du commerce.

Il faut s?assurer d?une solidarité au sein des ACP (Afrique-Caraïbes-Pacifique). La campagne de lobbying doit viser en priorité la France, l?Allemagne, l?Irlande et la Pologne qui ont de grandes communautés de fermiers. Ce n?est que maintenant que les ACP réalisent qu?ils ont tout à perdre s?ils ne se regroupent pas sous un bloc solidaire.

? Avez-vous des doutes sur cette solidarité ?

L?initiative EBA (everything but arms) du commissaire européen au commerce Pascal Lamy en 2000 est venue apporter des éléments d?inquiétudes. Il n?y a pas eu de discussions avec les ACP. Le EBA prévoit un accès illimité, sans quotas et sans taxe, après 2008. Ainsi, le sucre produit par les pays moins avancés (PMA) risque de déplacer les exportations sucrières sous le Protocole. Les ACP qui ne sont pas des PMA vont être touchés.

La Commission européenne a la responsabilité de veiller aux dispositions de l?Accord de Cotonou qui portent clairement sur l?engagement de l?Union européenne par rapport aux garantis du Protocole sucre. Ce dernier a un statut légal et contient des garantis touchant aux quotas et aux prix et a une durée indéterminée. Mais les actions de la commission et l?initiative de Lamy ne vont pas dans ce sens.

Il est aussi un fait que le commissaire européen à l?Agriculture, Franz Fischler, et le commissaire Lamy ne voient pas la réforme de la politique agricole commune d?un même ?il.

? Qu?est ce Maurice peut faire pour éviter les dangers que contient le ?leaked document? de Fischler ?

Maurice a commis des faux pas sur la question. Lors des négociations en vue de mettre sur pied des EPA (Economic partnership agreement), nous avons laissé passer des clauses nuisibles au Protocole. C?est bien que le gouvernement ait réagi. Mais il lui fallait prévoir certaines choses.

Je crois sincèrement que le ministre de l?Agriculture aurait dû se faire accompagner des représentants des Caraïbes, des Pacifiques et de l?Afrique pour sa présente tournée diplomatique en Europe. Cela aurait donné plus de poids aux efforts de lobbying.

Il nous faut aussi exploiter tous les forums prévus dont la rencontre du G-90 à Maurice pour qu?il n?y ait pas de perturbation brutale du système. Ce n?est certes pas le moment d?envoyer des signaux concernant un éventuel retrait du Commonwealth. Notre adhésion à ce groupe sera utile pour soutenir nos actions diplomatiques. Il faut se dire qu?il y a eu des menaces, et ce, pour différentes raisons sur le Protocole sucre.

? Le gouvernement veut compléter la réforme sucrière?

On ne peut pas réduire l?industrie à la spéculation foncière. Il n?y a pas de secteur d?activités qui a pu réduire sa main-d??uvre comme l?industrie sucrière. L?industrie a pu obtenir un prix garanti pour la vente de l?électricité. Mais il y a d?autres mesures à prendre. L?Institut de recherches doit développer des types de cannes qui soient adaptables à plusieurs climats. En même temps, il faut réduire le cess que les sucriers doivent contribuer.

Propos recueillis par Akilesh ROOPUN

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