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Questions à?
Comment passe-t-on de l?élevage de moutons au théâtre de rue et arts du cirque, avec ses numéros de trapèze, d?acrobates, de contorsionnistes, de clown et de cracheur de feu ?
Ce sont nos enfants, Boris et Suzy qui nous répétaient ? à Michel et moi ? qu?ils voulaient faire du cirque. Alors on les a inscrits à une petite école qui venait d?ouvrir dans notre village d?Oletta en Corse. Ils ont tellement aimé que lorsque l?école a fermé ses portes, nous avons décidé de prendre le relais. Michel et moi étions déjà attirés par le théâtre de rue. Les enfants voulaient plus. Même s?il a le vertige, Michel a choisi une formation aérienne au Centre national des arts du Cirque. Depuis six ou sept ans maintenant, nous vivons de cette passion. Pourquoi rester dans des schémas rigides quand nous pouvons transporter notre univers partout avec nous en vivant de notre art dans un bus aménagé.
L?absence de sécurité financière ne vous a-t-elle jamais découragée ?
Encore une fois, c?est un choix, celui de vivre au jour le jour. Le public change à chaque fois, c?est à nous de le conquérir. Nous ne voulons pas forcément que les gens applaudissent comme des fous. Nous avons envie de les perturber. Ce sont les perturbations affectives qui nous font évoluer. En tout cas, ce sont les chamboulements qui nous ont poussé à tracer un chemin qui ne ressemble pas forcémment à celui d?autres familles. D?ailleurs, les journalistes ont l?habitude de titrer, en parlant de nous, ?famille du cirque?. Mais c?est trop facile de nous réduire à cela. Nous proposons des prestations professionnelles.
D?où la référence à un classique, ?La Strada? de Fellini ?
Le nom Zampanos nous plaisait déjà avant qu?on voie le film. Et puis, on a voulu connaître l?origine du nom et on a découvert ce personnage de Zampanos, dur et macho et on s?est posé des questions. C?était aussi un défi, celui de porter haut un nom difficile.
Qu?en est-il de votre répertoire ? Tient-il du film, de la Corse, de vos propres envies ?
C?est vrai que 80 % des représentations sont jouées en Corse. Depuis deux mois et demi, nous faisons une tournée dans quatorze pays d?Afrique australe et d?Afrique de l?Est. Nous tournons avec deux spectacles en même temps : Respirer l?air que tu respires que nous avons joué ici samedi. C?est l?histoire de Justin et Cornaline qui mettent en place leur propre cirque. L?autre spectacle, plus élaboré, s?appelle Et la vie continue. On s?installe sur un tapis tiré par un cheval. Nous nous arrêtons sur une place pour le spectacle et puis le tout se met en branle jusqu?au village voisin, les gens nous suivent dans un cortège et la vie continue?
Propos recueillis par Aline GROËME
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