Publicité

Questions sans réponse

20 mai 2008, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Questions sans réponse

S?il est vrai que l?accès à l?information est un signe de vitalité pour une démocratie, alors elle est bien amorphe notre république. Car, ici, la culture du secret a remplacé le droit à l?information. Les députés, qui doivent se battre chaque mardi pour obtenir des réponses aux questions parlementaires, en sont témoins.

La rétention d?information a poussé le député Sam Lauthan à exprimer son exaspération lors de la séance parlementaire de la semaine dernière. Il demandait au Premier ministre la liste des conseillers du gouvernement ainsi que leurs salaires. «Je vais déposer la réponse», lui a dit sur un ton machinal le Premier ministre. Ce n?était pas la première fois que le député de l?opposition recherchait cette information et, à chaque fois, le Premier ministre lui a opposé la même fin de non-recevoir. «Puis-je faire appel au Premier ministre pour qu?il dépose vraiment la liste cette fois ?» implora Sam Lauthan. L?insistance du député a payé : la liste de 81 conseillers a finalement été rendue publique vendredi dernier.

Auparavant, le leader de l?opposition s?était évertué à tirer les vers du nez du ministre Jeetah par le biais d?une PNQ mais sans grand succès. Paul Bérenger voulait savoir s?il y aura deux types de riz ration en vente dans le pays ? l?un subventionné l?autre pas. Il voulait également savoir si le gouvernement fera appel à plusieurs fournisseurs au lieu d?un seul, pour garantir l?approvisionnement en riz. Au bout du temps imparti pour la séance de questions, il n?était pas plus avancé.

Si le gouvernement a souvent recours à des tactiques dilatoires pour ne pas répondre aux questions sur les actions des ministères, en revanche, il n?hésite pas à refuser carrément les demandes de renseignement sur les compagnies dans lesquelles l?Etat est le principal actionnaire. Se prévalant d?une argutie juridique, il ne répond jamais sur les agissements des nominés politiques qui dirigent des entreprises semi-publiques, même quand ceux-ci jonglent avec des milliards de roupies. Quelques rares fonctionnaires qui ont pris la liberté de parler à des journalistes ont été limogés sans façon même s?ils n?ont jamais mis en cause la sécurité de l?Etat ou divulgué des informations confidentielles.

Les autorités annoncent l?adoption, prochainement, d?un «Freedom of Information Act» censé offrir aux citoyens l?accès à toutes les informations officielles qui peuvent les intéresser. On a du mal à imaginer les dirigeants s?engageant à exercer un tel degré de transparence. Quand ils ne respectent pas le droit des parlementaires, ni celui de la presse, à obtenir des renseignements d?intérêt public, vont-ils se résoudre à mettre à la disposition des citoyens les documents administratifs que ceux-ci pourraient chercher à consulter ?

La circulation de l?information, c'est le meilleur moyen de mettre la pression sur les politiciens et les bureaucrates pour empêcher les abus et les dérapages. Qui donc peut avoir intérêt à vouloir tout faire en catimini ?

Publicité