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Questions à Maoulana Charif , ministre du Commerce extérieur, en marge du 10e sommet du Comesa
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Questions à Maoulana Charif , ministre du Commerce extérieur, en marge du 10e sommet du Comesa
Les 2 et 3 juin dernier s'est tenu à Kigali au Rwanda le 10e Sommet des chefs d'état et de gouvernement des pays membres du Common Market for Eastern and Southern Africa (Comesa). Maoulana Charif, ministre du Commerce extérieur, de la Promotion industrielle et de l'Emploi, de retour aux Comores évoque les conséquences de l'engagement comorien “à intégrer la zone de libre échange dès le 1er janvier 2006.”
● Vous venez de représenter le chef de l'état au 10e sommet des chefs d'Etat et de gouvernement du Comesa qui s'est tenu à Kigali au Rwanda, les 2 et 3 juin dernier. Quels ont été cette fois-ci, les enjeux de ce sommet ?
Cette conférence vient de prendre la résolution de procéder au lancement de l’union douanière en décembre 2008. Il s'agit là de la deuxième étape du processus d'intégration puisque l’objectif final du Comesa tel que reflété par le traité, est de créer une communauté économique régionale pleinement intégrée et compétitive à l'échelle internationale. En termes plus clairs, une communauté dans laquelle les biens, les services, les capitaux et la main d'œuvre circuleraient librement à travers les frontières nationales.
● Concrètement, comment l’intégration des Comores à la zone de libre éc3hange va-t-elle se traduire ?
Cela signifie très exactement que toutes les marchandises en provenance des 11 pays, parmi les 18 états qui forment le Comesa, membres de la zone de libre échange, ne seront soumises à aucune tarification douanière au niveau de notre pays. Toutefois, il convient de préciser que ces marchandises doivent être impérativement fabriquées ou transformées à hauteur de 35 % de leurs valeurs dans ces pays membres de la zone de libre échange.
● En 2006, Les Comores intègrent la zone, mais, en retour, quels sont les résultats attendus ?
Nous devons attendre beaucoup de notre intégration à la zone de libre échange. Il faut noter, d'abord, que la mondialisation a rendu beaucoup plus complexe l'appréhension des questions de développement. Désormais, on ne peut plus considérer chaque pays comme une entité autonome auquel il suffit de donner les meilleures orientations en matière de développement. Ce n'est pas un hasard si le monde s'organise en espace économique ou en groupements régionaux. Nous devons nous dire que l'on ne peut pas aller à contre-courant de la marche du monde. Il convient de souligner aussi que la région du Comesa est l'une des plus riches du monde en termes de ressources naturelles. Elle constitue pour notre pays une opportunité, voire même une locomotive pour la prospérité économique.
● Mais le tissu économique comorien tarde à se former. L’adhésion à la zone peut-elle attirer les investisseurs ?
Sur le plan des investissements, cela permettra à beaucoup d'investisseurs étrangers, notamment des pays amis hors Comesa, de venir investir dans notre pays et de produire pour vendre dans une région, forte d'un marché de 380 millions d’habitants ; De par notre adhésion à la zone de libre échange, nous parviendrons à une maîtrise des coûts des importations en provenance de la région et cela va contribuer à l'allégement des charges des entreprises. Il doit ainsi en résulter une baisse significative des prix à la consommation.
● Qu'apportera notre entrée à la zone de libre échange, au niveau de nos opérateurs économiques par exemple ?
Les opérateurs économiques seront amenés à redoubler d'efforts pour être compétitifs, compte tenu de la concurrence qu'exerceront sur eux leurs homologues de la zone. Mais un des éléments moteurs qui milite pour notre adhésion a trait à la coopération avec les bailleurs de fonds. Aujourd'hui, tous les bailleurs de fonds soutiennent en priorité les programmes de développement régionaux tels que le Comesa. Notre devoir est de nous assurer d'une pleine prise en compte de nos intérêts par ces programmes de développement régionaux notamment en matière de développement des infrastructures. Le sommet des chefs d'états et de gouvernements du Comesa tenu à Kampala en 2004 a consacré une attention particulière à la concrétisation de la volonté commune de s'élargir et de la nécessité de s'unir pour devenir plus fort au niveau de l'OMC et plus entreprenants lors des négociations d’Accords de partenariats économiques.
Al WATWAN
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