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Questions à Dr Oomar Uteem
● Quelle est la proportion de malades cardiaques mauriciens qui ont recours au ?stent? ?
En raison d?une forte prévalence des facteurs de risques cardiovasculaires, en l?occurrence le diabète sucre, l?excès de cholestérol, l?hypertension artérielle ou un patrimoine génétique défavorable, nos compatriotes paient un lourd tribut. Plus de 50 % meurent d?un problème cardiaque.
A côté des mesures préventives vitales mais largement insuffisantes, le médecin dispose d?un large éventail de médicaments performants. Il pourra, en dernier recours, avoir à réaliser une angiographie afin de vi-sualiser les artères obstruées du c?ur, envisager l?éventualité de déboucher l?artère avec un ballon et un stent ou référer le patient pour une chirurgie de pontage. Le stent est un petit ressort que l?on introduit dans l?artère bouchée afin de rétablir la circulation sanguine. Environ un millier de patients ont eu recours au stent l?an dernier.
● Il semblerait que le ?stent? disponible actuellement peut causer des problèmes de santé?
Un stent est destiné à traiter la maladie. Les premiers stents implantés dans le monde dans les années 80 ont permis de sauver des millions de vies. A Maurice, nous avons réalisé les premières angioplasties avec pose de stent dès 1996 et la plupart de ces malades sont toujours en vie et en bonne santé. Mais la médecine est tout sauf une science exacte.
Ce stent-nu aussi appelé bare metal stent peut, dans certains cas, se reboucher et recréer une obstruction. Le processus de in-stent stenosis survient chez environ 15 % à 30 % des patients, dépendant de plusieurs facteurs et nécessite alors une redilatation.
Le drug-eluding stent ou stent actif est une évolution majeure apparue il y a quelques années car il diminue le taux de re-sténose à 3 % ou 4 %. Par contre, son coût prohibitif qui est de trois à quatre fois le prix d?un stent normal en limite son utilisation.
● Est-ce que la déontologie médicale autorise un médecin à favoriser un produit médical particulier ?
Un médecin a le devoir de soigner au mieux de ses capacités son malade, en l?occurrence de lui prodiguer les meilleurs soins avec les meilleurs produits à condition que ces traitements soient disponibles mais surtout accessibles au patient.
Mais soyons réalistes. Le patient cardiaque à Maurice même avec un stent-nu est relativement très bien soigné à condition de l?informer des précautions et des risques ultérieurs. C?est ce qu?on appelle le consentement éclairé du malade.
Propos recueillis par Alain BARBÉ
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