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Questions à? Audrey d?Hotman

13 février 2006, 20:00

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● Vous avez démissionné comme directrice du Centre de solidarité (CDS) pour prendre le même poste à Prévention, information et lutte contre le sida (Pils). Quel est votre bilan ?

Mon rôle consistait à appliquer des politiques, organiser des services et créer un lien entre le gouvernement et les personnes vulnérables. C?est ce que j?ai fait. Mais concrètement, le bilan est celui d?une équipe. Nous avons étoffé la formation des usagers de drogue pour qu?ils se responsabilisent en participant, notamment, à la protection de l?environnement et en faisant du bénévolat. A travers la médiatisation, nous avons réussi à changer la perception du public des usagers de drogue, car en sauvant un usager de drogue, c?est toute sa famille que nous sauvons. Nous avons organisé plusieurs opérations de levée de fonds. Le CDS est devenu le plus grand centre de réhabilitation de l?île avec quatre centres ayant une capacité d?accueil de 125 places.

Nous avons aussi officialisé notre unité de prévention devenue ?Noubase?. Nous avons réussi à faire ouvrir les yeux sur le sort des prostituées et à avoir un centre de réhabilitation pour elles. Notre personnel a reçu des formations les plus diverses. Nous avons notre propre manuel avec toutes les procédures de thérapie. Le CDS a ouvert ses portes aux stagiaires d?Europe et d?ailleurs. Le CDS ne peut plus grandir. Il doit maintenant se stabiliser et j?ai senti que le moment était venu pour moi de m?en aller. Mais je compte rester sur l?exécutif du CDS pour continuer à l?orienter et m?assurer que le travail se poursuit.

● Pourquoi aller chez Pils ?

Quand j?ai soumis ma démission, Dhiren Moher, président de Pils m?a appris que leur directrice avait émigré et m?a offert la place. Je prends mes fonctions au début de mars. Pils fait un travail formidable de plaidoyer auprès du public, du gouvernement, du régional et de l?international. Mais sa base doit être structurée. Je veux que cette Organisation non gouvernementale continue à être l?avocate des personnes vivant avec le VIH/sida et à s?occuper du flot d?usagers de drogue qui vont découvrir leur séropositivité. Il y a peu de choses prévues pour la stigmatisation qui suivra. Je suis inquiète pour leur quotidien. Je dois me former de façon plus pointue sur le VIH/sida pour apprendre ce qu?est vivre au jour le jour avec un séropositif.

● Que pensez-vous du ?HIV and Aids Preventive Measures Bill? qui est en préparation ?

Cette loi est essentielle et l?Attorney General, Rama Valayden, bouge. A part lui, personne au gouvernement ne semble avoir pris le problème du VIH/sida à bras le corps alors que ce mal affecte tous les ministères. Il y a, selon mes informations, d?excellentes dispositions comme la dépénalisation pour possession de seringues et la protection de l?employé qui découvre sa séropositivité. Mais d?autres dispositions me semblent aberrantes. Bien qu?il faille rassurer les gens qui ont peur du VIH/sida, il ne faut pas prendre de mesures radicales comme ne pas accorder la naturalisation aux étrangers séropositifs. Et si ceux-là étaient des investisseurs ? Une législation ne peut protéger des gens du VIH/sida. Elle ne leur donnera que l?illusion de le faire. Il faut accueillir les séropositifs.

Propos recueillis par M.-A.S

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