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Quelques faits

9 juin 2007, 00:00

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par Nazim ESOOF

En ces temps pré-budgétaires, la mélancolie est grande. La population n?est pas réellement en attente. Elle se prépare continuellement au pire. Il faut aussi dire qu?elle ne reçoit aucun signal de l?Hôtel du gouvernement qui l?encouragerait à une autre posture, au point qu?une bonne partie de la population pourrait bien céder à l?hypocondrie. C?est qu?il y a un fossé entre les discours et les faits.

Les intentions sont certes bonnes. On ne doit pas vivre au-dessus de ses moyens. On ne peut non plus vivre à contre-courant d?une économie mondiale de plus en plus libérale. On ne peut enfin s?attendre à ce que les autres paient la note pour nous. La réalité est, elle, tout autre. Une grosse majorité de la population vit aujourd?hui en paria d?une économie de marché. Et elle a du mal à comprendre comment on peut exiger d?elle qu?elle agisse comme si elle vivait dans une société de marché. Le réalisme économique a ceci de bon qu?il commande une attitude rationnelle face à la vie. Mais comment expliquer que l?on doit payer comme dans des pays avancés tout en menant une vie de pays sous-développés ? Nos penseurs de l?économie auraient intérêt à nous expliquer cela. L?économie est supposée être au service du peuple et non l?inverse. Il ne s?agit pas ici de tenter de faire le procès d?une vision technicienne de l?économie, mais d?une tentative pour comprendre si les efforts d?une nation vont réellement servir à quelque chose.

Il s?agit aussi d?interroger cette grande facilité qu?ont les formations politiques de centre-gauche, voire de gauche, à pratiquer un libéralisme qui ne cesse de faire dire des messes à la gloire du marché. Alors que les exemples sont nombreux à démontrer que la croissance et le développement économique ne garantissent pas une lutte effective contre la pauvreté.

Le concept du progrès est en crise à travers le monde. Car il sert des objectifs qui ne sont plus clairs. On est, en effet, à une époque où c?est la remise en question systématique des acquis historiques qui est synonyme de réformisme. L?idée de la politique au service des hommes s?estompe. Triomphe, à la place, l?idée d?une politique qui pratique le ciblage. Sans doute est-ce la voie à prendre ? Mais elle génère tant d?inégalité et d?incompréhension qu?elle mérite, elle aussi, une remise en question.

Nous avons eu l?occasion de voir, cette semaine à la télévision, un ministre des Finances toujours sûr de son fait mais quelque peu fragilisé dans sa démarche. Car le temps passe. L?échéance fixée par le gouvernement pour la rituelle «récolte des fruits de la rigueur» approche de son terme.

Et il n?y a toujours aucun signe perceptible d?un quelconque mieux-être. Bien au contraire?

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