Publicité
QUE VEULENT LES FEMMES ? <i>(1st partie)</i>
Par
Partager cet article
QUE VEULENT LES FEMMES ? <i>(1st partie)</i>
Que veulent les femmes ? C?est la question qu?on leur a posée à l?occasion de la Journée internationale de la femme qui sera célébrée le 8 mars. Que revendiquent-elles ? L?essentiel, rien de plus. C?est-à-dire de pouvoir s?épanouir et se réaliser sans être victimes de discrimination sexuelle. Certaines revendications reviennent comme un leitmotiv : les femmes veulent pouvoir s?insérer selon leurs choix et leurs compétences dans la vie professionnelle, elles veulent pouvoir gravir les échelons sans qu?on leur mette des bâtons dans les roues ou qu?on les traite de voleuses de job. Elles veulent vivre en sécurité, ne pas avoir à être constamment sur le qui-vive parce qu?on risque de les agresser?
La vie est semée d?embûches? les femmes ne prétendent pas y échapper, mais elles ne veulent pas affronter la vie avec un handicap de plus. Trop souvent, leurs ambitions sont bridées, on culpabilise celles qui ont des responsabilités importantes, trop de femmes sont battues, trop d?hommes font encore la loi au foyer.
Dans les témoignages que nous avons recueillis, certaines femmes réclament plus de droits et de libertés. D?autres ne veulent rien à voir à faire avec un sexisme ambiant. Dans tous les cas, elles ne veulent pas d?un renversement des rapports sociaux, que les hommes soient victimes des femmes. Au contraire, toutes les femmes prônent l?idée d?une réelle mixité sans rapport de force entre sexe « fort » ou « faible ».
« Ne pas avoir à être constamment sur la défensive »
Kumari Issur, « Senior Lecturer » au département des humanités de l'université de Maurice
Il y a encore beaucoup à faire pour que la cause de la femme avance. Elle a beau avoir des droits mais dans la réalité, elle est toujours traitée comme une subalterne. On lui fait comprendre, gentiment ou brutalement qu?elle est au deuxième rang.
Et si elle prend la parole pour protester contre une injustice, on la traite même de « tapère » et on trouve qu?elle manque de féminité.
Pour moi, le combat pour la parité est une question de justice démocratique et doit continuer à tous les niveaux et à tous les instants. Il ne doit pas s?arrêter sinon tout est à refaire. Les femmes doivent se défendre, attirer l?attention sur ce qui est juste et injuste. D?un autre côté, il faut rééduquer l?homme et la femme, leur réapprendre le sens du respect. Quand on regarde toutes les formes de violence que subit la femme ? verbale, conjugale, sexuelle ? c?est clair que la Mauricienne est une victime potentielle à tout moment. Il faut qu?elle aspire à être plus libre et à ne pas avoir à être constamment sur la défensive.
Quant à prôner la discrimination positive, je pense que ce n?est pas une mauvaise chose en soi, mais en même temps, ce n?est pas traiter le fond de la question. S?il n?y a pas suffisamment de femmes dans la politique, ce n?est pas parce qu?elles n?y ont pas leur place, c?est parce qu?elles ne veulent pas s?investir, de peur d?être attaquées dans leur intimité. C?est donc par là qu?il faut changer les choses.
Et puis trop souvent on demande aux femmes d?être des superwomen : d?être des professionnelles, d?occuper des postes à responsabilité tout en étant des femmes d?intérieur, épouses et mères parfaites.
À mon avis, la femme subit des pressions de toutes parts. Il lui faut plus d?espace de liberté. On aura fait un pas en avant le jour où tout ce qu?elle fera, elle le fait par choix et non pas parce que la société le lui impose.
« Ne pas être comme les hommes »
Monia Esher, « Senior Project Manager » à la Barclays Bank
Je dois avouer que je me sens loin de l?agressivité guerrière qu?on trouve dans les débats sexistes. Je trouve qu?il faudrait saluer tous les progrès qui ont déjà été accomplis. Aujourd?hui, la femme a l?accès à l?éducation, elle est économiquement plus indépendante. À la maison, l?homme a compris qu?il peut par exemple surveiller les enfants pendant qu?elle cuisine?
À force de se focaliser sur le gender issue, on risque d?entrer dans de faux débats. À mon avis, la femme qui se fait agresser dans la rue est le signe d?un problème social avant tout. Aujourd?hui, même les hommes sont agressés, mais on a tendance à attirer plus l?attention quand il s?agit d?une femme victime.
Je n?oublie pas pour autant qu?il y a d?autres femmes qui sont étouffées et qui n?arrivent pas à s?épanouir. Je suis persuadée que c?est à un niveau individuel que les femmes doivent trouver un équilibre dans leur vie. C?est chacun à son niveau, dans sa vie quotidienne, qui peut faire la différence. L?éducation peut aussi y contribuer. Il faut mettre plus d?accent sur le respect des autres et sur l?ouverture d?esprit.
En tout cas, je fais attention avec des termes comme l?égalité. Il ne faudrait pas qu?on confonde tout et qu?on veuille être comme les hommes. On doit maintenir nos différences. À titre d?exemple, une femme leader n?a pas besoin de suivre le modèle masculin pour être un bon chef. Elle doit trouver un chemin qui lui est propre.
« Ki li fam, ki li zom, tout pareil »
Faiza, marchand ambulant
Aujourd?hui il est important que la femme travaille. Fodé dé la main tapé pour fer son. Sinon on n?arrive pas à joindre les deux bouts. Je suis là depuis huit heures, je repartirai après 17 h 30. Bizin débout lor mo li pié ene zournée. Je dois parfois faire face à des vols, ne pas me laisser faire par des clients difficiles. Ki li fam, ki li zom, tou pareil zordi. Nou tous nou bizin débrouiller dans sa la vie là. J?aurais voulu faire un autre travail, recevoir une paie fixe chaque fin de mois mais je ne sais faire que ce travail de « marchand ».
Je pense que les hommes comme les femmes ne doivent pas se battre entre eux parce qu?on est tous dans le même panier. Il y a des hommes qui n?aiment pas aider à la maison parce qu?ils ne sont pas habitués à le faire. Il ne faut pas leur en vouloir pour ça.
Publicité
Publicité
Les plus récents