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Que fera le président ?
Un véritable bouleversement politique. C?est ce qu?a occasionné le départ du PMSD de l?alliance au pouvoir. C?est un petit parti certes, mais grâce à ses deux députés, il a les moyens d?influencer significativement la donne politique. Toutefois, pour des raisons qui relèvent de l?ethnopolitique, ou tout simplement de considérations tactiques, la situation est très complexe. L?attente d?une clarification risque d?être longue.
Si on se base sur les déclarations publiques de Maurice Allet et d?Ashock Jugnauth, le MMM peut rallier le soutien de 13 députés au Parlement. De ce fait, Paul Bérenger ?has become the leader in the Assembly of the opposition party having the greatest numerical strength in the Assembly?. Dans ces circonstances, l?article 73 (4) de la Constitution ne laisse pas vraiment de marge de man?uvre au président de la République. Cette disposition de la Loi suprême le place devant ses responsabi-lités : ?The president, acting in his own deliberate judgment, ?? doit décider s?il faut ou non révoquer Nando Bodha, l?actuel leader de l?opposition et le remplacer par Paul Bérenger.
Le MSM, qui tient à conserver le poste, a une interprétation différente de la loi. Son leader, Pravind Jugnauth, estime que le président ne peut destituer l?actuel leader de l?opposition sur la base d?une déclaration publique. Le MSM pense que le président n?est habilité à agir que si le PMSD l?informe officiellement de son soutien au MMM.
Si le président partage cette opinion de Pravind Jugnauth, il attendra donc une lettre de Maurice Allet avant d?enclencher les consultations pour déterminer qui est celui qui commande la majorité dans l?opposition. Dans ce cas, le pays se retrouvera face à une situation de blocage. Car, ni le PMSD, ni Ashock Jugnauth, et encore moins le MMM ne veulent prendre l?initiative de demander au président de déloger Nando Bodha.
Le PMSD ne veut pas brusquer les choses car il veut reconstituer l?alliance mauve-blanc-bleu de 2005. Or, il sait qu?il va compromettre ses chances de faire le pont entre les deux premiers partis de l?opposition s?il accélère la révocation de Nando Bodha. Donc, il s?abstiendra de tout coup de force.
Quant au MMM, il est embarrassé dans la conjoncture politique actuelle. Conscient du fait que le PTr a redémarré une campagne sur le thème du racisme, le MMM ne veut pas lui donner des munitions en acceptant d?emblée de reprendre le poste de leader de l?opposition avec l?appui, notamment, d?Eric Guimbeau. Ce parti ne veut pas, non plus, offusquer l?actuel leader de l?opposition de peur de creuser davantage le fossé avec le MSM.
Il reste Ashock Jugnauth. Mais, on le voit mal acculer le président dans les cordes et le forcer à trancher dans un litige où Pravind Jugnauth a des intérêts. Si le président n?agit pas de sa propre initiative, l?équation sera bien difficile à résoudre.
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