Publicité

Quatre nouveaux noms sur l?obélisque liénard

21 octobre 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Nous célébrons, ces jours-ci, le 175e anniversaire de la fondation de la Société Royale des Arts et des Sciences (SRAS), entre autres, par une intéressante exposition au Blue Penny Museum. Il y a 25 ans, ses membres célébraient, avec le même enthousiasme et la même foi, son 150e anniversaire, notamment par l?inauguration de la réserve naturelle du Mondrain et par l?inscription de quatre nouveaux noms sur la colonne Liénard au jardin des Pamplemousses. Ils sont ceux de James Duncan, John Horne, Jean Vinson et Octave Wiehé. Ils s?ajoutent à ceux qui, aux yeux de la SRAS, ont le plus utilement servi, à Maurice, l?étude et la propagation des sciences agricoles et de la nature. L?express fournit à ses lecteurs de plus amples informations concernant ces fidèles et dévoués scientistes.

Après la mort de Nicolas Céré, ses successeurs ne sont pas à la hauteur. Le beau Jardin du Roy souhaité par La Bourdonnais, planté par Pierre Poivre, pieusement entretenu par Nicolas Céré, devient graduellement une jungle. Des lianes asphyxient les essences indigènes les plus rares. Les rares jardiniers ?à l??uvre? se contentent, bien sûr, de balayer continuellement les allées. Lord Grey, alors secrétaire d?Etat aux Colonies, a l?intelligence requise pour demander à James Duncan de prendre charge de ce jardin botanique. Il connaît sa compétence puisque Duncan est responsable du parc de son château en Grande-Bretagne. Duncan se met à l??uvre et trois ans après l?heureux résultat ne se fait pas attendre : le jardin est sauvé !

Au prix de certains sacrifices cependant. Dont celui des canneliers et des girofliers. Et en avant, le jardin à l?anglaise avec de belles allées bordées de palmiers. L?esthétique gagne ce que perd la science. En 1863, Duncan publie le catalogue des plantes du jardin, avec mention des nouvelles plantes. François Liénard de la Mivoye offre alors l?obélisque devant honorer la mémoire des plus valeureux serviteurs des sciences de la Terre.

Débarque à Maurice, venant de Kew Garden, John Horne pour occuper le poste de chef jardinier du Jardin qu?il servira pendant 31 ans. Si Poivre et Céré créent Pamplemousses, Duncan et Horne le recréent et le rénovent. Horne a une intelligence pratique. Il ne cesse d?embellir les espaces négligés par ses devanciers. Vers 1877, des visiteurs de marque estiment que Pamplemousse peut rivaliser avec les jardins de Sydney et de Bangalore, considérés alors comme les plus beaux de l?hémisphère Sud. Horne se charge aussi des Bois et Forêts. Il crée le jardin botanique de Curepipe. Il prend même la défense des cocos fesses de Praslin, Seychelles, dont ?la disparition serait, selon lui, un outrage à la science et une disgrâce à la civilisation?.

L?entomologiste Jean Vinson a 16 ans quand son nom est universellement attaché à un papillon découvert par lui. Conservateur et directeur du Mauritius Institute, il le remanie et le modernise. Il décrit neuf genres et 66 espèces nouvelles de coléoptères et publie 61 mémoires. Reconnaissants, ses pairs dans le monde entier lui dédient six genres et 62 insectes nouvellement découverts.

Botaniste et phytopathologiste, Octave Wiehé compte, entre autres, à son actif la parution de la Revue agricole à partir de 1940, l?étude de la flore indigène avec Reginald Vaughan, la création de l?Ancient Monuments and National Reserves Board, le contrôle botanique de la prolifération néfaste de l?herbe ?condé?, le secrétariat de la commission d?enquête Gorvin sur l?industrie sucrière (1947), l?identification de la maladie de l?échaudure de la canne à sucre, la création du MSIRI (1953), la direction de l?université de Maurice de 1965 à 1974.

Que l?île Maurice leur soit éternellement reconnaissante.

Publicité