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Quand on a que l?amitié à s?offrir en partage ?

15 mai 2005, 00:00

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Arrivés au centre de Friends in Hope, nous tombons au beau milieu d?une séance avec les adhérents. Assis en cercle, ils nous invitent à prendre place et nous accueillent avec le sourire, heureux de voir de nouvelles têtes. « Nous sommes ici pour retrouver la stabilité », explique Jean (nom fictif), les yeux remplis d?espoir. C?est un grand jour pour lui, car il a trouvé du travail et s?apprête à quitter le centre, non sans assister à sa dernière séance avec les autres membres.

Jean est au centre depuis deux ans. Très actif au niveau des sorties, des jeux, de la chorale et de la danse, il confie : « Maintenant je suis prêt et je vais réussir à m?adapter, je ne vais pas quitter mon travail ; grâce au centre, j?ai réussi à avoir confiance en moi et à m?affirmer ».

L?ONG Friends in Hope existe depuis 1997. Elle a été créée à l?initiative de quelques parents qui, au début, se réunissaient pour discuter des moyens à adopter pour pouvoir venir en aide à leurs enfants, atteints de troubles mentaux. Situé à Bonne-Terre, à Vacoas, le centre a ouvert ses portes en 2000 et accueille tous les jours les adhérents. « Notre but est d?encadrer ces personnes qui souffrent, de leur permettre de rencontrer des gens, de se faire des amis et en même temps de leur apprendre à devenir autonomes afin de pouvoir faire face à la vie », explique Jocy Saint-Mart, la directrice du centre.

Il existe au centre des groupes de niveaux différents qui travaillent avec les animateurs et la psychologue Sabrina Puddoo. « Nous sommes aussi en contact avec les parents, car ils ne savent pas toujours comment gérer la maladie de leurs enfants, mais grâce à notre association, ils trouvent les conseils nécessaires pour pouvoir parer à toute éventualité », affirme Joyce Marie-Jeanne, la vice-présidente et trésorière du groupe.

Une experience inoubliable

Le programme d?animation est très bien structuré. Pendant la séance à laquelle nous avons pu assister, les adhérents travaillaient en s?inspirant de la pyramide d?Abraham Maslow, un économiste américain qui a catégorisé les besoins humains en partant du besoin de se nourrir jusqu?à celui de la reconnaissance sociale. « Nous réalisons que les personnes atteintes de maladies mentales ne se sentent pas toujours en sécurité, elles n?osent pas sortir. Nous travaillons alors en ayant des discussions pour les aider à surpasser ce besoin, pour que ces malades ne ressentent plus le manque de sécurité », explique l?un des animateurs.

Et comme c?est aussi important de voir des gens heureux, beaucoup de jeux sont organisés, ainsi que des séances de relaxation, de yoga, des ateliers de couture et d?artisanat pour développer leur créativité.

On leur propose également des sorties à la mer ou en campagne. La dernière en date a réuni les adhérents à Plaine-Champagne, où ils ont cueilli des goyaves de Chine. Une expérience inoubliable qui leur a laissé de très beaux souvenirs quand on constate l?enthousiasme qui les anime lorsqu?ils en parlent. Et pour ces malades, ce n?est pas évident. Dès que quelqu?un est atteint de maladie mentale, on pense qu?il est détraqué. « Les gens manifestent souvent leur peur ou leur dégoût envers ces malades, même par un simple regard ; ce qu?ils ne savent pas, c?est que ces derniers le sentent et que ça leur fait très mal. Ils ont l?impression d?être rejetés. Nous voulons justement essayer de faire changer le regard méprisant qu?on leur porte. Ils sont simplement malades, ce ne sont pas des monstres », explique Monica Maurel, la présidente de l?association.

Changer son regard sur la maladie mentale

Friends in Hope a lancé une campagne de sensibilisation « Sanz ou regard », avec le soutien de Maurice Publicité, de plusieurs entreprises de communication et des sponsors de l?association. Des affiches seront placardées au Caudan Waterfront, sur les abribus, les autobus, et les billboards. « Nous voulons, grâce à cette campagne, faire changer le regard sur les malades et vaincre les préjugés. Nous tenons aussi à exprimer notre reconnaissance à tous ceux qui nous permettent de réaliser cela », affirme Monica Maurel. Enfin, un nouveau centre verra bientôt le jour à Réduit, sur un terrain qui a été offert par l?état. Cet établissement sera plus grand et pourra accueillir plus de malades.

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