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Quand l?inflation divise les partenaires sociaux
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Quand l?inflation divise les partenaires sociaux
L?inflation, l?affaire des économistes uniquement ? Pas si sûr. En tout cas, cette semaine, elle sera au c?ur des rencontres que les syndicats auront ce lundi avec Vasant Bunwaree, le ministre du Travail et des Relations industrielles, et au cours des débats au sein du National Pay Council (NPC), mercredi. Cela en vue de trouver une formule acceptable pour mieux compenser la perte du pouvoir d?achat qui résulte de l?inflation.
Cependant, rien ne présage que les choses iront pour le mieux au sein du NPC, organisme chargé non seulement de calculer la compensation salariale, mais également d?examiner tous les points susceptibles d?améliorer la condition des salariés.
« Une décision collégiale sera prise »
Deux écoles de pensée s?affrontent au sein du NPC concernant la lutte contre l?inflation, une situation socio-économique caractérisée par une perte du pouvoir d?achat de la monnaie (dans notre cas, notre roupie) et une augmentation généralisée et durable des prix.
Les syndicats, par la bouche de Toolsyraj Benydin et de Reaz Chuttoo, demeurent intransigeants. « Nous avons accepté de participer aux travaux du NPC parce que nous avons obtenu la garantie que les critères pour le calcul de la compensation salariale allaient être revus. Après notre rencontre avec le ministre, nous allons consulter nos membres. Une décision collégiale sera prise », soutient Toolsyraj Benydin.
Pour les syndicats, la compensation salariale, dont l?objectif est de soulager les salariés pour la perte du pouvoir d?achat encourue durant une période donnée, devrait être calculée exclusivement sur le taux de l?inflation, facteur à la source de l?érosion du pouvoir d?achat. Mais le gouvernement et le patronat ne sont pas sur la même longueur d?onde que les syndicats sur la question de compenser la perte du pouvoir d?achat. Ils sont certes d?accord avec le principe de compenser toute perte du pouvoir d?achat, mais à condition que l?entreprise ait la capacité réelle d?absorber ces nouveaux coûts et que la productivité le permette. Autrement dit, une compensation n?est pas un dû, mais elle se mérite. Dans ce contexte, la notion de productivité implique nécessairement des résultats au niveau de la production avec possibilité d?accroître les recettes des opérations sans augmenter les coûts de production.
Trouver un juste milieu
« L?institution du NPC en 2007 », souligne les dirigeants de la Mauritius Employers Federation dans un document sur le NPC, « marque une nouvelle ère pour ce qui est de la détermination de la compensation salariale annuelle. Le NPC propose un mécanisme structuré basé non seulement sur le taux d?inflation, mais aussi sur la capacité de l?entreprise à payer cette compensation, la productivité, la compétitivité ainsi que le niveau de l?emploi et du chômage. C?est une approche qui favorise un véritable tripartisme et le dialogue social. Elle a été favorablement accueillie par les employeurs. »
« Pas d?accord », proteste Reaz Chuttoo, autre dirigeant syndicat délégué au sein du NPC, qui veut pousser la logique de leur raisonnement le plus loin possible. « Pourquoi ne pas indexer automatiquement le quantum de la compensation sur le taux de l?inflation ? » Mais quelle est la portée de cette proposition ? Elle a le mérite, explique Reaz Chuttoo de permettre aux entrepreneurs d?anticiper les choses au niveau du calcul des coûts d?opération, celui dédié au paiement d?une compensation salariale. Puisqu?il est basé sur le taux d?inflation, il n?est pas difficile de faire des projections en se donnant quand même une certaine marge de man?uvre. Plus besoin alors de ces réunions interminables pour savoir s?il faut payer ou pas une compensation. Ce terrain d?entente retrouvé, on pourrait alors imaginer le NPC en train de se pencher sur d?autres sujets indispensables pour l?amélioration des conditions de travail des salariés.
Les syndicats proposent l?institution d?une plate-forme spécifique pour examiner les implications de la productivité dans le calcul des salaires. « Il est inadmissible qu?un comité aussi restreint que le NPC puisse traiter de la productivité au sein des milliers d?entreprises. Cela n?a pas de sens. La meilleure formule serait de confier cette responsabilité aux syndicats et aux responsables des entreprises. La répartition des recettes dues à la productivité fera alors l?objet de négociations collectives au niveau de chaque entreprise », déclare Reaz Chuttoo.
La publication imminente à l?intention des fonctionnaires du rapport du Pay Research Bureau fournira un argument de plus aux syndicats pour démontrer si oui ou non la capacité de payer une compensation est possible. Le rapport prévoit également une compensation totale pour les fonctionnaires pour les cinq dernières années. « Nous examinerons le montant de cette compensation et nous le comparerons avec le chiffre de compensation proposé par le patronat », indique Reaz Chuttoo.
Les deux écoles de pensée ont chacune leur mérite sur le meilleur moyen de combattre leur bête noire qu?est l?inflation. Il s?agit de trouver le juste milieu. Souhaitons que les partenaires sociaux auront atteint le niveau de maturité qui leur permettra d?y parvenir sans avoir à recourir à la médiation internationale comme cela a été le cas au moment du choix des représentants syndicaux au sein du NPC.
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